Sommaire
Deux lois encadrent aujourd’hui la prise en charge d’un parent âgé : la loi ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement) de 2015 et la loi Bien vieillir de 2024. Entre les deux textes, dix ans, des dizaines d’articles, et beaucoup de questions pour vous, aidant familial : APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), ASH (Aide Sociale à l’Hébergement), petits-enfants exonérés, droit de visite quotidien, animaux en EHPAD. Ce guide compare les deux textes et traduit, point par point, ce qui change pour vous et votre parent, en s’appuyant sur Légifrance, vie-publique.fr et notre guide complet sur l’EHPAD.
Nombre total d’articles dans la loi du 8 avril 2024, répartis en 4 titres : prévention et lutte contre l’isolement ; bientraitance et droits fondamentaux des personnes vulnérables ; autonomie des majeurs protégés ; habitat, qualité des prestations et soutien aux professionnels.
40 articles
Plusieurs sont déjà applicables : art. 23 exonération petits-enfants ASH (Aide Sociale à l’Hébergement), art. 11 droit de visite, art. 26 animaux en EHPAD.
Délai entre la loi ASV (28 décembre 2015) et la loi Bien vieillir (8 avril 2024), durée d’attente de la nouvelle loi grand âge promise.
10 ans
La loi de programmation pluriannuelle pour le grand âge, attendue depuis 2018, reste à voter en 2026.
Nombre de mesures concrètes de la loi Bien vieillir 2024 directement utiles à l’aidant familial et à son parent âgé.
6 mesures
Visite quotidienne, animaux EHPAD, exonération petits-enfants ASH, personne de confiance, registre canicule, carte pro aide à domicile.
Qu’est-ce que la loi Bien vieillir 2024 ? Vue d’ensemble pour aidant
La loi Bien vieillir est la loi du 8 avril 2024. Elle compte 40 articles en 4 titres : prévention de la perte d’autonomie et lutte contre l’isolement ; bientraitance, lutte contre les maltraitances et droits fondamentaux des personnes accueillies ; autonomie des majeurs protégés ; habitat, qualité des prestations et soutien aux professionnels.
La loi Bien vieillir, nom abrégé de la loi de 2024 sur les droits des résidents EHPAD, est la loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie. Elle a été promulguée le 8 avril 2024 et publiée au Journal officiel le 9 avril 2024. Pour la première fois depuis la loi ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement) de 2015, le législateur français a voté un texte global sur le grand âge.
Cette loi compte 40 articles répartis en 4 titres : prévention de la perte d’autonomie et lutte contre l’isolement social (titre Ier), bientraitance, lutte contre les maltraitances et droits fondamentaux des personnes accueillies (titre II), autonomie des adultes vulnérables et principe de subsidiarité (titre III), conditions d’habitat, qualité des prestations et soutien aux professionnels (titre IV). Plusieurs articles sont déjà applicables aujourd’hui, d’autres attendent encore leur décret d’application.
Le contexte : la loi grand âge attendue depuis 10 ans
La loi grand âge a été annoncée pour la première fois en 2018 par le gouvernement français, puis reportée à plusieurs reprises. La loi Bien vieillir de 2024 n’est pas la grande loi de programmation pluriannuelle attendue, c’est un texte plus modeste, qualifié de “loi d’étape” par plusieurs observateurs. La FHF (Fédération hospitalière de France) et le Sénat continuent de réclamer un cadre financier pluriannuel pour le grand âge.
Ce contexte explique pourquoi la loi Bien vieillir n’augmente ni les plafonds APA, ni la prise en charge globale du reste à charge en EHPAD : elle se concentre sur des droits ciblés plutôt que sur un grand chantier financier.
Les 4 titres de la loi Bien vieillir en bref
Le résumé de la loi Bien vieillir se structure ainsi : titre I (pilotage de la prévention de la perte d’autonomie, création du SPDA et lutte contre l’isolement), titre II (bientraitance, lutte contre les maltraitances et droits fondamentaux des personnes accueillies), titre III (autonomie des adultes vulnérables et principe de subsidiarité, protection juridique des majeurs), titre IV (conditions d’habitat, qualité des prestations et soutien aux professionnels, dont la carte professionnelle des aides à domicile). Les mesures les plus connues relèvent du titre II pour le droit de visite et la dispense d’obligation alimentaire, et du titre IV pour l’accueil des animaux et la carte professionnelle.
Loi ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement) vs Bien vieillir : tableau comparatif synoptique en 1 coup d’œil
ASV = anticiper la perte d’autonomie depuis 2015 (APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), droit au répit, conférence des financeurs). Bien vieillir = renforcer les droits dans l’EHPAD depuis 2024 (visite quotidienne, animaux, exonération petits-enfants ASH (Aide Sociale à l’Hébergement)).
La principale différence entre la loi ASV et la loi Bien vieillir tient à leur philosophie : la loi de 2015 cherche à prévenir la perte d’autonomie en amont (à domicile), tandis que la loi de 2024 renforce les droits des résidents une fois entrés en établissement. Les deux textes se complètent plutôt qu’ils ne se contredisent, la loi de 2024 ne remplace pas celle de 2015.
Loi ASV 2015 vs Loi Bien vieillir 2024, comparatif synoptique 6 thèmes clés pour aidants familiaux, état du droit 2026
| Thème | Avant 2015 | Loi ASV 2015 (Adaptation de la Société au Vieillissement) |
Loi Bien vieillir 2024 |
|---|---|---|---|
| Plafond APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) à domicile | Non revalorisé depuis 2002 | Revalorisé (4 niveaux GIR (Groupe Iso-Ressources)) | Non modifié (en attente loi grand âge) |
| Droit au répit aidant | Inexistant | 583,52 €/an APA aidant | Maintenu, accès facilité via SPDA |
| Petits-enfants et ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) | Tenus par obligation alimentaire | Maintenu | Exonérés (art. 23, applicable depuis le 10 avril 2024) |
| Visite EHPAD | Soumise au règlement intérieur | Pas de cadre légal | Garantie quotidienne par la loi (art. 11) |
| Animaux en EHPAD | Refus possible sans motivation | Pas de cadre légal | Droit d’accueil précisé par arrêté du 3 mars 2025 (entré en vigueur le 5 mars 2025) (art. 26) |
| Guichet unique départemental | Aucun | Conférence des financeurs | SPDA déployé depuis 2025 |
Lecture du tableau : la loi ASV a posé les fondations préventives et financières (APA revalorisée, droit au répit, conférence des financeurs). La loi Bien vieillir a complété ces fondations par des droits opposables dans l’EHPAD (visite, animaux, personne de confiance) et par une simplification administrative (SPDA). Pour le panorama complet des aides, consulter aides sociales personne âgée.
Loi ASV 2015 : ce qu’elle a vraiment changé pour les personnes âgées
La loi ASV est entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2016. Elle compte 101 articles en 4 titres et a réformé l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), créé la conférence des financeurs et instauré un droit au répit pour aidants.
La loi ASV, pour adaptation de la société au vieillissement, est la loi du 28 décembre 2015. Elle a été le premier texte global français consacré au grand âge depuis la création de l’APA en 2001. Avec 101 articles et 4 titres, la loi ASV a posé les fondations de la politique du grand âge française pour la décennie suivante.
Réforme de l’APA à domicile : plafonds revalorisés et droit au répit
Le principal apport de la loi ASV côté finances : la revalorisation des plafonds APA à domicile, gelés depuis 2002. Les 4 niveaux GIR (1 à 4) ont vu leurs plafonds remontés, permettant à votre parent en perte d’autonomie de bénéficier de plus d’heures d’aide humaine. Pour le détail des plafonds APA et de la procédure de demande, voir 5 aides financières EHPAD.
Conférence des financeurs : la création d’un guichet départemental de prévention
La loi ASV a créé la conférence des financeurs dans chaque département. Cette instance, coprésidée par le conseil départemental et l’ARS (Agence Régionale de Santé), coordonne les financements des actions de prévention de la perte d’autonomie : aides techniques (téléassistance, barres d’appui), actions collectives (ateliers mémoire), forfaits autonomie en résidence autonomie. C’est l’embryon du futur SPDA voté en 2024.
Droit au répit pour aidants familiaux : 583,52 €/an pour souffler
La loi ASV a instauré le droit au répit : un aidant familial qui assure une présence ou une aide indispensable peut bénéficier d’une aide allant jusqu’à 583,52 €/an financée via l’APA. Cette aide finance un accueil temporaire en EHPAD, un accueil de jour ou un relais à domicile pendant que vous prenez du repos. Cette mesure a été maintenue par la loi Bien vieillir et son accès a été facilité via le SPDA.
Loi Bien vieillir 2024 : les 6 mesures concrètes pour vous et votre parent
La loi Bien vieillir apporte 6 mesures concrètes pour les aidants familiaux et les résidents : droit de visite quotidien, animaux en EHPAD, exonération petits-enfants ASH, personne de confiance, registre canicule renforcé, carte professionnelle aide à domicile.
Voici les 6 mesures concrètes de la loi Bien vieillir qui changent vraiment quelque chose pour vous et votre parent au quotidien. Chacune est sourcée à un article précis de la loi du 8 avril 2024.
Droit de visite quotidien (art. 11)
La loi garantit le droit de visite quotidien pour votre parent. Tout refus de l’EHPAD doit être motivé par écrit et fondé sur des raisons sanitaires impérieuses ou de sécurité publique.
Animaux en EHPAD (art. 26)
Précisé par l’arrêté du 3 mars 2025 (en vigueur depuis le 5 mars 2025) : animaux domestiques dont le résident peut assurer les besoins, sous conditions (certificat vétérinaire, capacité du résident à s’en occuper, accord du Conseil de la vie sociale, décision finale du directeur).
Personne de confiance désignable
Désignation possible dès l’entrée en EHPAD. Distincte de la personne à prévenir : elle peut vous représenter dans les décisions médicales si votre parent ne peut plus exprimer sa volonté.
Lutte contre l’isolement
Registre départemental des personnes vulnérables renforcé (canicule + isolement). Le SPDA centralise désormais les signalements et l’accès aux dispositifs de soutien aux aidants.
Au-delà de ces 4 droits structurants, deux autres mesures complètent la loi Bien vieillir : l’exonération définitive des petits-enfants pour l’ASH (article 23, traité section suivante) et la carte professionnelle aide à domicile (article 19), qui valorise et stabilise les intervenants au domicile de votre parent.
Calendrier d’application 2015 → 2026 : quand chaque mesure entre en vigueur
5 jalons clés : 1ᵉʳ janvier 2016 (entrée en vigueur loi ASV), 9 avril 2024 (publication au JO de la loi Bien vieillir), 10 avril 2024 (exonération petits-enfants ASH (Aide Sociale à l’Hébergement)), 1ᵉʳ janvier 2025 (déploiement SPDA), 5 mars 2025 (entrée en vigueur de l’arrêté animaux EHPAD du 3 mars 2025), 2026 et au-delà (loi de programmation pluriannuelle attendue).
Le calendrier d’application des deux lois s’étale sur plus de dix ans. Certaines mesures entrent en vigueur immédiatement à la promulgation, d’autres attendent un décret ou un arrêté d’application, c’est notamment le cas des animaux en EHPAD, qui ont attendu près d’un an l’arrêté du 3 mars 2025, entré en vigueur le 5 mars 2025, pour devenir pleinement opérationnels.
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Loi ASV entrée en vigueur
Réforme de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) à domicile (revalorisation des plafonds), création de la conférence des financeurs de la prévention, droit au répit pour les aidants familiaux (583,52 €/an via APA aidant). La loi du 28 décembre 2015 dite ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement) entre en application.
1ᵉʳ janvier 2016 -
Publication au Journal officiel de la loi Bien vieillir
La loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l’autonomie est publiée au Journal officiel. 40 articles répartis en 4 titres : prévention et isolement ; bientraitance et droits fondamentaux ; autonomie des majeurs protégés ; habitat, prestations et professionnels.
9 avril 2024 -
Déploiement du SPDA
Le Service public départemental de l’autonomie (SPDA), créé par l’article 2 de la loi Bien vieillir, commence son déploiement progressif dans les départements. L’exonération des petits-enfants pour l’ASH, elle, est déjà applicable depuis le 10 avril 2024 (article 23 de la loi, modifiant la loi).
1ᵉʳ janvier 2025 -
Arrêté d’application animaux en EHPAD
L’arrêté du 3 mars 2025, entré en vigueur le 5 mars 2025, précise les conditions d’accueil des animaux de compagnie dans les EHPAD : animaux de compagnie hors catégories exclues par l’article L211-12 du code rural, certificat vétérinaire de moins de 3 mois, capacité du résident à s’occuper de l’animal, absence d’avis contraire du Conseil de la vie sociale et règles d’hygiène et de sécurité fixées par le directeur d’établissement.
5 mars 2025 -
Loi de programmation pluriannuelle attendue
La loi de programmation pluriannuelle pour le grand âge, promise depuis 2018, reste à voter à l’heure de publication de ce guide. Elle conditionne notamment la revalorisation structurelle des plafonds APA et le financement pérenne du SPDA. Plusieurs analyses (FHF, Sénat) rappellent l’attente de ce texte décisif.
2026 et au-delà
Selon plusieurs analyses (FHF, Sénat, associations d’élus), la loi Bien vieillir 2024 reste un texte qualifié de “modeste” au regard des enjeux annoncés depuis 10 ans, la vraie réforme du grand âge attendrait toujours sa loi de programmation pluriannuelle.
Article 23 Bien vieillir : exonération des petits-enfants pour l’ASH (résumé chirurgical)
L’article 23 de la loi du 8 avril 2024 modifie l’article L132-6 du Code de l’action sociale et des familles. Les petits-enfants et arrière-petits-enfants sont définitivement exonérés de l’obligation alimentaire lorsqu’ils sont sollicités au titre de l’ASH d’un grand-parent, pour toute demande instruite depuis le 10 avril 2024.
Le détail des conditions, des cas particuliers (gendres, ex-conjoints, donataires) et des cas-types chiffrés est traité dans obligation alimentaire EHPAD. Pour la procédure complète de demande ASH, voir la procédure complète de demande ASH.
Service public départemental de l’autonomie (SPDA) : le guichet unique enfin en route
Le SPDA est un guichet unique départemental qui regroupe APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), ASH (Aide Sociale à l’Hébergement), MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), soutien aux aidants et prévention de la perte d’autonomie. Déploiement progressif depuis 2025.
Le SPDA est l’une des innovations majeures de la loi Bien vieillir au titre Ier. Selon la CNSA, le déploiement du SPDA est progressif depuis 2025, vérifiez auprès de votre conseil départemental si le guichet unique est déjà opérationnel chez vous, car tous les départements n’avancent pas au même rythme.
SPDA : qu’est-ce que c’est concrètement ?
Le Service public départemental de l’autonomie est un guichet unique départemental qui regroupe APA, ASH, MDPH, soutien aux aidants et prévention de la perte d’autonomie. L’objectif est simple : un seul point d’entrée pour toutes les démarches liées au grand âge et au handicap, afin d’éviter aux familles de courir d’un service à l’autre. Pour l’aidant 50-65 que vous êtes, ça signifie un interlocuteur unique pour le dossier APA de votre parent, sa demande d’ASH le moment venu et l’orientation vers les dispositifs de répit.
Comment trouver le SPDA de votre département ?
À l’heure de publication, le SPDA n’est pas encore opérationnel partout. La cartographie nationale est tenue à jour par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie). Pour savoir si votre département a déjà déployé son SPDA, le réflexe le plus efficace reste de téléphoner directement à votre conseil départemental ou de consulter le site officiel de votre département (rubrique “personnes âgées” ou “autonomie”). Le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de la commune de votre parent peut aussi vous orienter.
Vos droits de résident en EHPAD : visite quotidienne et animaux de compagnie
Trois droits nouveaux gravés dans la loi Bien vieillir : droit de visite quotidien garanti (article 11), animaux de compagnie autorisés sous conditions (article 26 + arrêté du 3 mars 2025), personne de confiance désignable dès l’entrée.
Trois droits nouveaux gravés dans la loi Bien vieillir transforment concrètement le quotidien de votre proche en EHPAD et le vôtre. Ces droits sont opposables à la direction de l’établissement et doivent figurer dans le règlement intérieur et le contrat de séjour.
Droit de visite quotidien sans condition d’horaire (article 11)
L’article 11 de la loi 2024-317 garantit le droit de visite quotidien en établissement de santé et médico-social. Selon la synthèse vie-publique de la loi : “le droit de visite quotidien est garanti et ne peut être limité que pour des raisons sanitaires impérieuses ou de sécurité publique”. Le droit de visite quotidien n’est pas seulement une recommandation des bonnes pratiques EHPAD, c’est désormais un droit gravé dans la loi.
Si l’EHPAD vous oppose un refus ou un horaire imposé, ce refus n’est légal que pour des raisons sanitaires ou de sécurité, et il doit être motivé par écrit. C’est un changement majeur par rapport à l’avant-2024, où chaque établissement pouvait fixer ses propres règles dans son règlement intérieur sans véritable contrôle.
Animaux de compagnie : ce que dit l’arrêté du 3 mars 2025 (en vigueur depuis le 5 mars 2025)
L’article 26 de la loi 2024-317 instaure un droit d’accueillir un animal de compagnie en EHPAD. Cet article a été précisé par l’arrêté du 3 mars 2025 (publié au JO le 4 mars 2025, entré en vigueur le 5 mars 2025) qui fixe les modalités concrètes :
- Animaux concernés : les animaux de compagnie, à l’exclusion de ceux mentionnés à l’article L211-12 du code rural (chiens de 1re et 2e catégorie, espèces non domestiques), l’arrêté ne dresse pas de liste d’espèces autorisées
- Certificat vétérinaire de moins de 3 mois obligatoire (identification, vaccinations, attestation de non-dangerosité)
- Capacité du résident à assurer les besoins quotidiens de l’animal et à en supporter les frais
- Absence d’avis contraire du Conseil de la vie sociale (CVS (Conseil de Vie Sociale)), l’accord exprès du CVS n’est pas exigé
- Règles d’hygiène, de sécurité et de tranquillité fixées par le directeur, qui peut restreindre l’accès de l’animal à certains espaces
La décision peut donc être refusée, mais doit alors être motivée. C’est un cadre clair là où, avant 2024, chaque EHPAD décidait sans obligation de justification.
Personne de confiance désignable dès l’entrée
La désignation d’une personne de confiance est désormais inscrite comme un droit dès l’entrée en EHPAD, en application de l’article L1111-6 du Code de la santé publique. Cette désignation est distincte de la personne à prévenir : la personne de confiance peut représenter votre parent dans les décisions médicales s’il ne peut plus exprimer sa volonté.
Concrètement : votre mère ou votre père peut vous désigner comme personne de confiance dès la signature du contrat de séjour. C’est un acte écrit, révocable à tout moment, qui vous donne un statut juridique clair pour échanger avec le médecin coordonnateur ou les équipes soignantes.
Lutte contre la maltraitance : signaler en sécurité (loi BV titre II)
Le titre II de la loi Bien vieillir renforce la lutte contre la maltraitance en EHPAD : numéro 3977 national gratuit, protection juridique du signalant, registre départemental renforcé.
Le titre II de la loi Bien vieillir renforce la lutte contre la maltraitance des personnes âgées en établissement comme à domicile. La loi instaure plusieurs garanties pour vous, aidant familial qui pourriez avoir à signaler une situation difficile concernant votre parent.
Qui peut signaler une maltraitance ?
Le signalement peut être fait par toute personne qui constate ou suspecte une maltraitance : la famille, les professionnels de l’établissement, les voisins, le résident lui-même. Le statut juridique du signalant est protégé par la loi Bien vieillir (articles 11-16 du titre II), vous ne pouvez pas être inquiété pour avoir signalé de bonne foi.
Comment signaler concrètement ? (3977 + ARS + procureur)
Trois canaux existent en France pour signaler une maltraitance d’une personne âgée :
- Le 3977, numéro national gratuit de signalement maltraitance personnes âgées et adultes vulnérables (du lundi au vendredi)
- La cellule maltraitance de l’ARS (Agence régionale de santé) de votre région
- Le procureur de la République du tribunal judiciaire compétent en cas de faits pénaux (violences, vols, abus de faiblesse)
Si vous redoutez que le signalement ait des conséquences pour votre proche, ce sentiment est largement partagé, la loi de 2024 prévoit justement une protection du signalant et un cadre pour assurer la continuité des soins pendant la procédure.
Registre départemental des personnes vulnérables (canicule + isolement)
La loi Bien vieillir renforce le registre départemental des personnes vulnérables tenu en mairie, initialement conçu pour la canicule (suite à 2003) et désormais étendu à la lutte contre l’isolement. Inscrire votre parent sur ce registre déclenche un suivi renforcé en cas de canicule, de grand froid ou de signalement d’isolement. Le SPDA centralise progressivement ces signalements.
Aidants familiaux : ce que ces 2 lois ont changé pour vous
Trois droits aidants gravés dans les deux lois : droit au répit ASV (583,52 €/an APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie)), accès facilité via le SPDA Bien vieillir, reconnaissance professionnelle des aides à domicile (carte pro, article 19).
Ces deux lois ne se limitent pas à votre parent : elles vous reconnaissent aussi, aidant familial. Voici ce qui a changé pour vous dans la loi ASV de 2015 et dans la loi Bien vieillir de 2024, et ce que vous pouvez concrètement mobiliser dès aujourd’hui.
Loi ASV 2015, droit au répit (583,52 € APA aidants en 2026)
La loi ASV a instauré le droit au répit : si vous assurez une présence ou une aide indispensable à votre parent en perte d’autonomie, vous pouvez bénéficier d’une aide allant jusqu’à 583,52 €/an financée via l’APA pour financer un accueil temporaire en EHPAD, un accueil de jour ou un relais à domicile pendant que vous vous reposez. Cette aide est demandée auprès du conseil départemental dans le cadre du dossier APA de votre parent.
Loi Bien vieillir 2024, accès facilité aux droits via le SPDA
La loi Bien vieillir ne crée pas de nouvelle aide directe pour vous, mais elle simplifie radicalement l’accès : le SPDA centralise l’information sur le droit au répit, l’APA aidant, les associations de soutien, l’accueil de jour. Un seul interlocuteur, au lieu de cinq services à appeler. Pour aller plus loin, voir aides financières EHPAD.
Carte professionnelle aide à domicile : pourquoi ça change votre quotidien d’aidant
L’article 19 de la loi 2024-317 crée une carte professionnelle pour les aides à domicile. Cette reconnaissance vise à valoriser le métier (donc à attirer plus de candidats), à sécuriser les visites au domicile de votre parent (identification claire des intervenants) et à stabiliser les équipes (moins de turn-over). Pour vous, aidant 50-65 ans, ça signifie potentiellement moins d’intervenants différents qui défilent, et donc moins de réorganisation à gérer chaque mois.
Ce qui ne change PAS malgré ces 2 lois (analyse critique)
Quatre limites concrètes : plafonds APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) simplement indexés, sans refonte depuis 2015, reste à charge EHPAD maintenu, disparités territoriales persistantes, loi grand âge toujours non votée.
Aucune des deux lois, ni la loi ASV, ni la loi Bien vieillir, n’a réglé les questions de fond sur le financement du grand âge en France. Voici les 4 limites concrètes à connaître pour ne pas se faire d’illusion sur ce que ces textes apportent réellement.
FAQ – Loi ASV et Bien vieillir
Que dit la loi Bien vieillir en quelques mots ?
La loi Bien vieillir est la loi du 8 avril 2024. Elle compte 40 articles répartis en 4 titres : prévention de la perte d’autonomie et lutte contre l’isolement (avec création du SPDA), bientraitance et droits fondamentaux des personnes accueillies (visite quotidienne, personne de confiance, lutte contre la maltraitance et numéro 3977), autonomie des adultes vulnérables, puis habitat et soutien aux professionnels (animaux en établissement, carte professionnelle aide à domicile). Elle a été promulguée le 8 avril 2024 et publiée au Journal officiel le 9 avril 2024.
Quelle est la différence entre la loi ASV et la loi Bien vieillir ?
La loi ASV cherche à anticiper la perte d’autonomie en amont : revalorisation de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) à domicile, création de la conférence des financeurs, droit au répit pour aidants (583,52 €/an). La loi Bien vieillir renforce les droits des résidents une fois entrés en EHPAD : droit de visite quotidien (art. 11), animaux (art. 26), exonération petits-enfants ASH (art. 23). Les deux textes se complètent.
Quand la loi Bien vieillir entre-t-elle en vigueur ?
La loi Bien vieillir a été promulguée le 8 avril 2024 et publiée au Journal officiel le 9 avril 2024. Plusieurs articles sont déjà applicables : l’article 23 (exonération petits-enfants ASH) s’applique aux demandes ASH instruites depuis le 10 avril 2024 ; l’article 11 (droit de visite quotidien) est immédiatement opposable ; l’article 26 (animaux EHPAD) a été précisé par l’arrêté du 3 mars 2025. D’autres dispositions attendent encore leurs décrets d’application.
Que change la loi Bien vieillir pour les résidents en EHPAD ?
La loi Bien vieillir apporte trois droits nouveaux pour les résidents EHPAD : le droit de visite quotidien garanti par l’article 11 (refus uniquement pour raisons sanitaires impérieuses ou de sécurité publique, motivé par écrit) ; le droit d’accueillir un animal de compagnie précisé par l’arrêté du 3 mars 2025 (sous conditions sanitaires, sauf avis contraire du Conseil de la vie sociale) ; la désignation d’une personne de confiance dès l’entrée (article L1111-6 du Code de la santé publique).
Qui est exonéré de l’obligation alimentaire avec la loi Bien vieillir ?
Les petits-enfants et arrière-petits-enfants sont définitivement exonérés de l’obligation alimentaire pour l’ASH par l’article 23 de la loi du 8 avril 2024. Cette exonération s’applique aux demandes ASH instruites depuis le 10 avril 2024 et a modifié l’la loi. Les enfants, le conjoint marié, les gendres et belles-filles restent obligés alimentaires. Le détail complet est dans notre guide sur l’obligation alimentaire.
Qu’est-ce que le service public départemental de l’autonomie (SPDA) ?
Le SPDA est un guichet unique départemental créé par la loi Bien vieillir (titre Ier). Il regroupe APA, ASH, MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), soutien aux aidants et prévention de la perte d’autonomie en un seul interlocuteur. Le déploiement est progressif depuis 2025, tous les départements n’avancent pas au même rythme. Pour savoir si votre département a déjà déployé son SPDA, contactez votre conseil départemental ou consultez la cartographie tenue à jour par la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie).
Peut-on vraiment amener son chien ou son chat en EHPAD depuis 2024 ?
Oui, l’article 26 de la loi 2024-317 instaure un droit d’accueillir un animal de compagnie en EHPAD, précisé par l’arrêté du 3 mars 2025. L’arrêté ne dresse pas de liste d’espèces autorisées : il exclut les animaux mentionnés à l’article L211-12 du code rural. Conditions : certificat vétérinaire de moins de 3 mois, capacité du résident à s’en occuper, absence d’avis contraire du Conseil de la vie sociale (CVS (Conseil de Vie Sociale)) et respect des règles d’hygiène et de sécurité fixées par le directeur d’établissement. Un refus reste possible mais doit être motivé. C’est un cadre clair là où chaque EHPAD décidait sans obligation de justification avant 2024.
Comment la loi ASV a-t-elle réformé l’APA ?
La loi ASV a revalorisé les plafonds APA à domicile, gelés depuis 2002. Les 4 niveaux GIR (1 à 4) ont vu leurs plafonds remontés, permettant à votre parent en perte d’autonomie de bénéficier de plus d’heures d’aide humaine. La loi a aussi instauré le droit au répit pour aidants : jusqu’à 583,52 €/an financés via l’APA pour financer un accueil temporaire pendant que vous vous reposez. Pour le détail des plafonds et de la procédure, voir 5 aides financières EHPAD.
SOURCES16 références
- Légifrance, LOI n° 2015-1776 du 28 décembre 2015 relative à l'adaptation de la société au vieillissement (loi ASV) — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000031700731
- Légifrance, LOI n° 2024-317 du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l'autonomie — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049385823
- Légifrance, Article 9 loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 (modifie L132-6 CASF, exonération petits-enfants ASH) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000049385893
- Légifrance, Article 11 loi n° 2024-317 (droit de visite quotidien en établissement) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000049385899
- Légifrance, Article 26 loi n° 2024-317 (animaux de compagnie en EHPAD) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFTEXT000049385823
- Légifrance, Arrêté du 5 mars 2025 portant définition des conditions d'accueil dans les ESSMS des animaux de compagnie des personnes accueillies — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051286470
- Légifrance, Article L132-6 du Code de l'action sociale et des familles (modifié par loi Bien Vieillir 2024) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049391874/2026-05-15
- Vie-publique.fr, Loi du 8 avril 2024 Bien vieillir grand âge et autonomie EHPAD (synthèse DILA) — https://www.vie-publique.fr/loi/291928-loi-du-8-avril-2024-bien-vieillir-grand-age-et-autonomie-ehpad
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- Service-public.gouv.fr, Loi Bien Vieillir : suppression de l'obligation alimentaire des petits-enfants pour l'ASH (A17349) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17349
- Service-public.gouv.fr, Loi Bien Vieillir : droit de visite quotidien garanti en EHPAD (A17336) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17336
- Service-public.gouv.fr, Allocation personnalisée d'autonomie APA (F10009) — https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F10009
- Service-public.gouv.fr, Numéro 3977 : signalement maltraitance personnes âgées et adultes vulnérables (F861) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F861
- CNSA, Service public départemental de l'autonomie (SPDA) : déploiement et missions — https://www.cnsa.fr/informations-thematiques/service-public-departemental-de-lautonomie
- FHF, Loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du Bien vieillir : principales mesures — https://www.fhf.fr/sites/default/files/2024-04/Loi%20bien%20vieillir%20du%208%20avril%202024%20-%20principales%20mesures.pdf



