Aidante et sa mère âgée examinant ensemble un devis d'appareil auditif dans une cuisine lumineuse.

Remboursement 100% SantéPar Paul Polyakov|Mis à jour le 18 septembre 2026

Mutuelle appareil auditif : remboursement et reste à charge

Sommaire

Vous répétez trois fois la même phrase. Il vous répond que c’est vous qui articulez mal. Puis le devis arrive : 2 000 €. Voici exactement ce que rembourse la Sécu, ce que votre mutuelle ajoute pour un appareil auditif, et ce qui reste vraiment à payer.


Combien la mutuelle rembourse-t-elle vraiment un appareil auditif ?

En 30 secondes

La Sécurité sociale verse 240 € par oreille, toujours le même montant. Votre mutuelle intervient ensuite, et c’est elle qui fait toute la différence sur ce qu’il restera à payer.

L’Assurance Maladie rembourse 240 € par oreille, soit 60 % d’une base fixée à 400 €. La mutuelle complète ensuite : intégralement pour un appareil de classe 1, jusqu’à un forfait prévu au contrat pour un appareil à prix libre. Le total remboursé ne peut pas dépasser 1 700 € par oreille.

La Sécurité sociale

Ce qu’elle verse pour chaque oreille appareillée.

240 €

60 % d’une base de 400 €, quel que soit le prix de l’appareil.

Appareil 100 % Santé

Le prix maximum qu’un audioprothésiste peut facturer.

950 €

Par oreille, plafond réglementaire pour un adulte.

Plafond total

Le maximum que Sécu et mutuelle peuvent verser ensemble.

1 700 €

Par oreille et par période de 4 ans. Au-delà, plus personne ne paie à votre place.

Renouvellement

Le délai avant un nouveau remboursement.

4 ans

Décompté séparément pour chaque oreille : vérifiez les deux dates.

Qui paie quoi sur un appareil auditif, pour une oreille

Répartition du paiement d’un appareil auditif : 240 euros de la Sécurité sociale, la part mutuelle, puis le reste à charge. Sécurité sociale Mutuelle Ce qui reste à votre charge Appareil 100 % Santé : 950 € l’oreille 240 € 710 € 0 € à votre charge Appareil à prix libre : 1 500 € l’oreille 240 € 350 € 910 € à votre charge Exemple calculé avec une mutuelle qui verse un forfait de 350 € par oreille.
Sur un appareil à prix libre, la Sécurité sociale verse toujours 240 € : c’est le forfait de votre mutuelle qui décide de ce qu’il vous restera à payer.

Ce que la Sécurité sociale prend en charge

La part de la Sécu est la seule qui ne bouge jamais. Elle rembourse 60 % d’une base de 400 € par oreille pour une personne de 20 ans et plus. Cela fait 240 € versés par oreille, soit 480 € pour les deux oreilles.

Ce montant ne dépend pas du prix affiché sur le devis. Que l’appareil coûte 950 € ou 2 200 €, la Sécu verse la même chose. C’est le premier point que beaucoup de familles découvrent trop tard.

Trois conditions doivent être remplies. Il faut une ordonnance, établie par un médecin ORL ou, pour un premier appareillage après 6 ans, par un médecin généraliste formé à cet examen. Il faut un appareil délivré par un audioprothésiste, le professionnel diplômé qui règle et vend les appareils. Il faut enfin respecter le délai de 4 ans depuis le précédent équipement.

Ce que la mutuelle ajoute par-dessus

C’est ici que tout se joue. Votre complémentaire santé intervient après la Sécu, et son intervention dépend entièrement de deux choses : la classe de l’appareil choisi, et la ligne « aides auditives » de votre contrat.

Pour un appareil de classe 1, la règle qui s’impose à presque toutes les mutuelles les oblige à couvrir l’intégralité du reste. Votre parent ne paie rien.

Pour un appareil à prix libre, la mutuelle applique son forfait. Ce forfait peut valoir 200 €, 350 € ou 1 000 € par oreille. La différence entre le prix du devis et la somme reçue, c’est votre reste à charge, ce qu’il vous reste à payer une fois la Sécu et la mutuelle passées.

Un plafond s’impose à tout le monde. Sécu et mutuelle confondues, il est impossible de recevoir plus de 1 700 € par oreille sur une période de 4 ans. Aucune garantie, même vendue très cher, ne dépasse ce montant.

Combien coûte un appareil auditif aujourd’hui

Les prix se lisent toujours par oreille. C’est une source de malentendu permanente : un devis annoncé « à 1 500 € » se transforme souvent en 3 000 € quand les deux oreilles sont équipées.

Un appareil de classe 1 est plafonné à 950 € par oreille. L’audioprothésiste n’a pas le droit de facturer davantage sur cette gamme.

Un appareil à prix libre se situe le plus souvent entre 1 100 € et 2 000 € par oreille. Le prix est fixé librement par le professionnel, et il inclut l’appareil, les réglages et le suivi.

100 % Santé ou appareil à prix libre : lequel choisir pour votre parent ?

En 30 secondes

Pour une perte d’audition liée à l’âge, un appareil 100 % Santé corrige aussi bien qu’un appareil à prix libre. La différence porte sur les options de confort, pas sur la qualité de l’écoute au quotidien.

Vous avez peut-être entendu cette phrase chez l’audioprothésiste, ou chez un voisin : « les appareils gratuits, c’est du bas de gamme, ça siffle ». Elle est fausse, et elle coûte cher aux familles. Voici ce qui change vraiment.

Appareil 100 % Santé ou appareil à prix libre : ce qui change vraiment

Ce qui change Appareils 100 % Santé Appareils à prix libre Ce que ça implique pour vous
PrixPlafonné à 950 € l’oreilleFixé librement par l’audioprothésisteLe seul poste où l’écart est réel
Reste à payer0 € avec une mutuelleDépend du forfait de votre contratÀ calculer avant de signer
Part de la Sécu240 € l’oreille240 € l’oreille Identique : le prix ne change rien
Essai avant achat30 jours minimum30 jours minimum Identique : votre parent peut rendre l’appareil
Garantie4 ans4 ans Identique : « gratuit » ne veut pas dire fragile
Suivi et réglagesComprisCompris Identique : aucun supplément à prévoir
Options de confortRéglages de baseConnexion au téléphone, réduction du bruit avancéeLe vrai arbitrage : utile en vie sociale active, superflu sinon
Sur sept points de comparaison, cinq sont strictement identiques : l’écart porte sur le prix et les options de confort, jamais sur la qualité de la correction de base.

Quelle différence entre un appareil de classe 1 et de classe 2 ?

La classe 1 regroupe les appareils du 100 % Santé, cette réforme qui garantit des équipements intégralement remboursés, sans un euro à payer. Leur prix est plafonné et leur reste à charge est nul.

La classe 2 regroupe les appareils à prix libre, fixé par l’audioprothésiste. Ce sont eux que l’on vous présente en premier dans la plupart des cabinets.

Les deux classes partagent les mêmes obligations de base. Même durée de garantie, même période d’essai, même suivi inclus. Les appareils de classe 1 sont vendus par les mêmes fabricants, avec les mêmes technologies numériques et le même nombre minimal de canaux de réglage.

Ce qui distingue réellement la classe 2, ce sont les fonctions de confort. La connexion directe au téléphone ou au téléviseur. La réduction du bruit ambiant renforcée dans un restaurant bruyant. La discrétion d’un boîtier plus petit.

Dans quels cas le 100 % Santé suffit vraiment

Disons-le franchement, parce que personne d’autre n’a intérêt à l’écrire. Dans la majorité des situations que vivent nos lecteurs, l’offre 100 % Santé couvre le besoin réel.

C’est le cas quand la perte d’audition de votre parent est liée à l’âge, qu’elle est légère à modérée, et qu’elle a été confirmée par un ORL. C’est le cas quand la vie quotidienne se déroule surtout à la maison, en famille, devant la télévision, au téléphone avec les petits-enfants.

C’est également le cas quand le budget est tendu et qu’un reste à charge de 1 800 € ferait renoncer à l’appareillage. Un appareil de classe 1 porté tous les jours vaut infiniment mieux qu’un appareil haut de gamme jamais acheté.

Dans quels cas payer plus se justifie

Le prix libre a de vraies indications. Elles existent, et les ignorer serait aussi malhonnête que de les surestimer.

Une perte d’audition sévère ou très asymétrique demande parfois une puissance de correction que la classe 1 atteint difficilement. Un parent encore très actif, qui déjeune au restaurant, va au théâtre ou participe à des réunions associatives, tirera un bénéfice réel de la réduction de bruit avancée.

Une main qui tremble, une arthrose des doigts, une vue faible peuvent justifier un boîtier rechargeable plutôt qu’à piles. C’est un argument de confort quotidien, pas un argument de performance auditive.

Compris dans l’offre 100 % Santé

  • L’appareil, sans un euro à payer
  • 30 jours d’essai avant de décider
  • 4 ans de garantie
  • Les réglages et le suivi
  • Le remplacement en cas de panne couverte

À votre charge si vous choisissez le prix libre

  • La différence entre le prix et ce que verse votre mutuelle
  • Les options de confort : connexion au téléphone, réduction du bruit avancée
  • Les accessoires non remboursés
  • Un second appareil avant 4 ans, si le premier est perdu

Quel reste à charge pour un appareil de classe 2 ?

Le calcul tient en une soustraction. Prenez le prix du devis, retirez 240 €, retirez le forfait de votre mutuelle. Ce qui reste, vous le payez.

Sur un appareil à 1 500 € avec un forfait de 350 €, le reste à charge atteint 910 € par oreille. Avec un forfait de 1 000 €, il tombe à 260 €. Avec une garantie très élevée, il peut être nul.

Refaites toujours ce calcul pour les deux oreilles. C’est la somme qui compte au moment de payer.

Comment lire un contrat de mutuelle et repérer le bon forfait auditif ?

En 30 secondes

Une ligne de contrat se lit de deux façons : en euros par oreille, c’est direct, ou en pourcentage, qu’il faut multiplier par 400 €. Dans les deux cas, le total ne dépassera jamais 1 700 € par oreille.

Cherchez dans votre tableau de garanties la ligne intitulée « aides auditives », « audioprothèses » ou « appareillage auditif ». Elle tient en quelques mots, et ces quelques mots valent parfois 1 500 €.

Forfait par oreille ou pourcentage : comment traduire la ligne de votre contrat

Deux écritures coexistent, et elles ne se lisent pas de la même manière.

Le forfait en euros par oreille est la formulation la plus claire. « Forfait 350 € par oreille » veut dire que votre mutuelle versera 350 €, quel que soit le prix de l’appareil. Rien à calculer.

Le pourcentage demande une traduction. Les lettres « BR » qui suivent le chiffre signifient « base de remboursement ». Pour un appareil auditif, cette base vaut 400 € par oreille. Un contrat à 300 % couvre donc jusqu’à 1 200 € au total, part de la Sécu comprise.

C’est le piège le plus fréquent. Le pourcentage annoncé inclut presque toujours les 240 € déjà versés par la Sécurité sociale. Votre mutuelle ajoute la différence, pas la totalité.

Ce que veut dire la ligne « aides auditives » de votre contrat

Ce qui est écrit sur le contrat Ce que ça veut dire Sur un appareil à 1 500 € l’oreille
« 100 % BR »Votre mutuelle complète jusqu’à 400 € au totalElle ajoute 160 €. Il vous reste 1 100 €.
« 400 % BR »Votre mutuelle complète jusqu’à 1 600 € au totalTout est couvert. Il vous reste 0 €.
« Forfait 350 € par oreille »Un montant fixe, quel que soit le prixElle ajoute 350 €. Il vous reste 910 €.
« Forfait 1 000 € par oreille »Un montant fixe, nettement plus généreuxElle ajoute 1 000 €. Il vous reste 260 €.
« Classe 1 prise en charge intégralement »Le minimum imposé à presque toutes les mutuellesRien de plus sur un appareil à prix libre.
Un forfait en euros se lit directement ; un pourcentage se multiplie par 400 €, dont 240 € sont déjà versés par la Sécurité sociale.

Le plafond de 1 700 € que même la meilleure mutuelle ne peut pas dépasser

Retenez ce chiffre avant de souscrire une garantie renforcée. Payer une cotisation plus élevée pour un contrat affichant 600 % ne servira à rien au-delà de 1 700 €.

Faites le test : comparez le surcoût annuel de la garantie renforcée, multiplié par 4 ans, avec le gain réel sur le reste à charge. Le calcul est souvent défavorable.

Existe-t-il une meilleure mutuelle pour les appareils auditifs ?

Non, pas dans l’absolu. Et nous ne publierons jamais de classement, parce que nous ne vendons aucun contrat.

La réponse honnête dépend de deux éléments. Si votre parent s’oriente vers un appareil de classe 1, toute mutuelle responsable couvre déjà l’intégralité : payer plus cher n’apporte rien. S’il s’oriente vers le prix libre, comparez uniquement le forfait en euros par oreille, sans vous laisser distraire par les pourcentages.

Attention aussi au rapport entre cotisation et gain. Une garantie auditive haut de gamme se paie toute l’année, tous les ans, pour un appareil renouvelé une fois tous les 4 ans.

Mutuelle senior : ce qui change après 60 ans

Les contrats seniors mettent l’accent sur trois postes : l’optique, le dentaire et l’audition. Les forfaits auditifs y sont généralement plus élevés que sur un contrat familial classique.

Les cotisations augmentent en revanche avec l’âge. Un même niveau de garantie coûte souvent deux fois plus cher à 75 ans qu’à 55 ans.

Une précision utile : le niveau de garantie auditive ne peut pas descendre sous le minimum réglementaire, qui couvre intégralement la classe 1. Même le contrat le plus modeste protège ce socle.

Y a-t-il un délai de carence quand on change de mutuelle ?

Oui, c’est fréquent. Beaucoup de contrats individuels appliquent un délai d’attente de 3 à 6 mois sur les postes coûteux, dont l’audition. Pendant cette période, vous cotisez sans être couvert sur ce poste.

Ce délai n’est pas obligatoire et varie d’un assureur à l’autre. Demandez-le par écrit avant de signer, et faites préciser s’il s’applique aussi aux appareils de classe 1.

Le piège des 4 ans : vérifiez la date du précédent appareil avant de changer de contrat

Le délai de renouvellement se compte séparément pour chaque oreille. Si votre parent a été appareillé de l’oreille droite il y a 3 ans et de la gauche il y a 5 ans, seule la gauche ouvre droit à un remboursement.

Cette date conditionne tout. Un nouvel appareil posé avant les 4 ans révolus n’est remboursé ni par la Sécu, ni par la mutuelle.

Avant toute démarche, retrouvez les deux factures ou appelez l’audioprothésiste précédent. Cinq minutes de recherche évitent parfois plusieurs milliers d’euros d’erreur.

Quelles aides s’ajoutent quand le reste à charge reste trop lourd ?

En 30 secondes

Cinq aides peuvent se cumuler après la mutuelle : la complémentaire santé solidaire, la caisse de retraite, la retraite complémentaire, la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) et le CCAS. Elles se demandent en parallèle, devis en main.

Vous redoutez peut-être d’avancer 2 000 € et d’attendre des mois. C’est une crainte légitime, et elle se contourne : sauf pour la complémentaire santé solidaire, ces aides s’instruisent avant l’achat, sur présentation du devis.

Aucune de ces aides n’est automatique. Aucune ne se déclenche si vous ne la demandez pas. C’est le point que la plupart des familles ignorent.

La complémentaire santé solidaire

Si les revenus de votre parent sont modestes, elle remplace la mutuelle. L’audioprothésiste doit alors proposer un appareil dans la limite des prix fixés pour ce dispositif : rien à avancer, rien à payer.

À qui : la CPAM

Le fonds d’action sociale de la caisse de retraite

Carsat, MSA (Mutualité Sociale Agricole) ou régime spécial : chaque caisse dispose d’un fonds pour les dépenses de santé lourdes. Montant fixé au cas par cas, selon les ressources et le reste à charge réel.

Pièces : devis, avis d’imposition

La retraite complémentaire

Agirc-Arrco dispose d’un dispositif d’aide aux situations difficiles, distinct de la caisse de base. Les deux demandes peuvent se faire en parallèle, sans s’annuler.

À qui : action sociale Agirc-Arrco

L’aide financière individuelle de la CPAM

La caisse d’assurance maladie peut prendre en charge une partie du reste à charge sur dossier. Elle est attribuée au cas par cas : aucun barème n’est publié.

Pièces : devis, justificatifs de ressources

Le CCAS de la commune

Le centre communal d’action sociale est le dernier recours, souvent le plus rapide. Il aide sur présentation du devis et d’un justificatif de ressources, sans barème national.

À qui : la mairie

Avec la complémentaire santé solidaire, l’appareil est-il vraiment gratuit ?

Oui, à une condition précise. Si votre parent bénéficie de la complémentaire santé solidaire, cette mutuelle gratuite ou très peu chère réservée aux petits revenus, l’audioprothésiste doit lui proposer un appareil dans la limite des prix fixés pour ce dispositif.

S’il accepte cette proposition, il n’avance rien et ne paie rien. Le professionnel est directement réglé.

S’il choisit malgré tout un appareil à prix libre, la protection disparaît. Le reste à charge redevient intégralement le sien. Ce point mérite d’être rappelé calmement en rendez-vous, parce qu’il n’est pas toujours expliqué.

Demander une aide à la caisse de retraite (Carsat, Agirc-Arrco, MSA)

Chaque caisse de retraite dispose d’un fonds d’action sociale, alimenté pour aider ses retraités face à des dépenses de santé lourdes. L’appareillage auditif en fait partie.

La demande se fait auprès de la caisse qui verse la pension de base : Carsat pour le régime général, MSA pour le monde agricole, caisse spécifique pour les régimes particuliers. La retraite complémentaire Agirc-Arrco instruit un dossier distinct.

Les deux demandes sont indépendantes. Déposer l’une n’interdit pas l’autre.

Prévoyez systématiquement le devis de l’audioprothésiste, le dernier avis d’imposition, un justificatif de pension et un relevé d’identité bancaire. Ces montants sont fixés au cas par cas, selon les ressources et le reste à charge réel : aucun barème public n’existe, et personne ne peut vous annoncer une somme à l’avance.

L’aide financière individuelle de la CPAM et le CCAS

La CPAM dispose d’un budget d’action sanitaire et sociale, mobilisable quand une dépense de santé compromet l’équilibre d’un foyer. La demande se dépose auprès du service social de la caisse, souvent via une assistante sociale.

Le CCAS de la commune, lui, est fréquemment le plus rapide. Une commission examine le dossier, parfois en quelques semaines. Prenez rendez-vous directement en mairie.

Là encore, aucun de ces deux dispositifs ne publie de barème. On vous donnera un délai d’instruction, jamais un montant garanti.

Peut-on avoir un appareil auditif sans mutuelle ?

Sans complémentaire santé, la Sécurité sociale verse ses 240 € par oreille et s’arrête là. Sur un appareil de classe 1 à 950 €, il reste donc 710 € à payer par oreille.

Deux voies existent malgré tout. La première est la complémentaire santé solidaire, si les revenus sont modestes : c’est de très loin la meilleure solution, et beaucoup de retraités y ont droit sans le savoir. La seconde est l’empilement des aides décrites plus haut, à instruire avant l’achat.

Évitez l’expression « appareil auditif gratuit sans mutuelle ». Elle est trompeuse : ce qui est gratuit, c’est l’appareil de classe 1 avec une couverture complémentaire, ou avec la complémentaire santé solidaire.

Que faire quand le devis est signé et que le reste à charge tombe ?

En 30 secondes

Un devis ne vous engage pas définitivement : la période d’essai de 30 jours reste votre marge de manœuvre. Et si l’offre 100 % Santé ne figure pas sur le document, le devis est incomplet.

Une situation revient sans cesse dans les échanges entre familles : un devis à 2 000 €, une mutuelle qui en couvre 590, et personne ne sait où trouver le reste. Le réflexe est de se dire que c’est trop tard. Ce n’est pas le cas.

Lire ligne à ligne le devis normalisé

Le devis normalisé est un document obligatoire, au format identique partout en France. Il doit obligatoirement afficher une offre 100 % Santé, à côté de l’appareil proposé.

C’est une obligation professionnelle, pas une faveur commerciale. L’audioprothésiste doit systématiquement proposer au moins un appareil de classe 1 sur le devis.

Si cette ligne n’y figure pas, le document est incomplet. Vous pouvez demander un devis corrigé, comparer les deux propositions à froid, et décider ensuite. C’est un levier de renégociation, pas une fatalité.

Les 30 jours d’essai : votre marge de manœuvre réelle

Avant tout achat, l’audioprothésiste doit proposer une période d’essai d’au moins 30 jours, appareils portés à domicile, dans la vraie vie.

Utilisez-la pleinement. Faites porter l’appareil au téléphone, devant la télévision, au repas de famille, dans la rue. C’est le seul moyen de savoir si la gêne est corrigée.

Profitez-en aussi pour essayer les deux gammes. Rien n’interdit de demander à tester un appareil de classe 1 après avoir essayé un modèle à prix libre. Beaucoup de familles découvrent à ce moment-là que la différence perçue ne justifie pas 1 800 €.

Audioprothésiste réglant l'appareil auditif d'un homme âgé souriant, dans un cabinet clair et chaleureux.
Le réglage et le suivi sont compris dans le prix, quel que soit l’appareil choisi.

Piles, accessoires, réparations : ce qui est pris en charge ensuite

Les piles sont remboursées, à hauteur de 3 à 10 paquets par an selon le modèle d’appareil, au même taux de 60 % que l’équipement lui-même. La mutuelle complète généralement le reste.

Les appareils rechargeables n’ouvrent pas droit à ce remboursement, puisqu’ils ne consomment pas de piles. C’est un paramètre à intégrer dans la comparaison des coûts sur 4 ans.

Les réparations relèvent de la garantie de 4 ans pendant toute sa durée. Les accessoires de confort, eux, restent presque toujours à votre charge.

Comment accompagner un parent qui refuse de s’appareiller ?

En 30 secondes

Le refus n’est presque jamais de l’entêtement. C’est un mécanisme de défense face à une perte que l’on n’a pas envie de reconnaître. Trois arguments concrets font basculer la décision plus sûrement que l’insistance.

Fils adulte et son père âgé discutant calmement sur un banc de jardin, lumière douce de fin d'après-midi.
La décision se construit sur plusieurs conversations, rarement sur une seule.

Si vous lisez ces lignes après une énième discussion qui a mal tourné, sachez que vous n’êtes pas seul dans cette situation. Une phrase revient souvent entre aidants : « à mon âge, ça ne vaut plus le coup de dépenser ça ». Elle parle d’argent, mais elle dit autre chose.

Pourquoi le refus est un mécanisme normal, pas un caprice

Reconnaître qu’on entend mal, c’est reconnaître qu’on vieillit. Le déni qui suit est un mécanisme de défense psychologique profondément humain, pas une mauvaise volonté dirigée contre vous.

L’appareil est aussi vécu comme un objet visible, un signal envoyé aux autres. Beaucoup de personnes âgées acceptent des lunettes sans difficulté et refusent un appareil auditif, parce que l’un se porte depuis l’enfance et l’autre marque l’âge.

Votre fatigue est normale, elle aussi. Répéter dix fois par jour épuise, et finir par hausser le ton n’a rien d’un échec moral. Vous avez le droit de reposer le sujet plus tard, plutôt que de le gagner de force ce soir.

Mal entendre isole, et l’isolement pèse sur le moral et la mémoire

Quand comprendre demande un effort constant, on finit par s’éloigner. On décline l’invitation à table, on abrège les conversations téléphoniques, on renonce au club du mardi.

Ce repli est le vrai danger. Moins de conversations, c’est moins de stimulation, et l’isolement pèse sur le moral comme sur la mémoire. C’est un enchaînement bien documenté chez les personnes âgées, et il s’installe lentement, sans que personne ne le voie venir.

L’argument qui porte n’est donc pas « tu es sourd ». C’est « tu te retires des repas de famille, et ça nous manque ».

Ce qui fait basculer la décision : trois arguments qui marchent

Le premier est l’essai. « Tu l’essaies 30 jours, et si ça ne te plaît pas, tu le rends. » L’engagement paraît réversible, et il l’est réellement.

Le deuxième est l’argent. « Ça ne nous coûte rien : la Sécu verse 240 € par oreille et ta mutuelle couvre le reste. » Beaucoup de parents refusent d’abord pour ne pas peser financièrement sur leurs enfants.

Le troisième est le concret. Pas « tu n’entends plus rien », mais « tu montes la télé si fort que je ne peux plus lire à côté ». Une gêne précise se discute ; un jugement général se refuse.

Un dernier conseil : proposez de venir au rendez-vous ORL avec lui, sans prendre la parole à sa place. Votre présence rassure, et vous entendrez les chiffres du devis en même temps que lui.

FAQ – Mutuelle appareil auditif

Combien la mutuelle rembourse-t-elle pour un appareil auditif ?

Cela dépend de la classe de l’appareil. Pour un appareil de classe 1, votre mutuelle couvre l’intégralité du reste après les 240 € de la Sécurité sociale : rien à payer. Pour un appareil à prix libre, elle verse le forfait prévu au contrat, entre 200 € et 1 000 € par oreille selon la garantie.

Quelle mutuelle rembourse le mieux les appareils auditifs ?

Aucune ne se distingue dans l’absolu, et nous ne publions pas de classement. Comparez uniquement le forfait en euros par oreille sur la ligne « aides auditives ». Et rappelez-vous que Sécu et mutuelle réunies ne verseront jamais plus de 1 700 € par oreille sur 4 ans, quelle que soit la cotisation payée.

Comment bénéficier du 100 % Santé pour un appareil auditif ?

Il faut une ordonnance, une mutuelle responsable, et choisir un appareil de classe 1 sur le devis. L’audioprothésiste a l’obligation de vous en proposer un. Le reste à charge est alors nul, avec 30 jours d’essai, 4 ans de garantie et le suivi compris dans le prix.

Faut-il une ordonnance pour un appareil auditif ?

Oui, elle est obligatoire pour tout remboursement. Elle est établie par un médecin ORL. Pour un premier appareillage après 6 ans, un médecin généraliste formé à cet examen peut aussi la délivrer. Sans ordonnance, ni la Sécurité sociale ni la mutuelle n’interviennent.

Au bout de combien de temps peut-on renouveler un appareil auditif ?

Le délai est de 4 ans minimum, décompté séparément pour chaque oreille. Si votre parent a été appareillé à des dates différentes à droite et à gauche, vérifiez les deux factures. Un renouvellement anticipé n’est remboursé ni par la Sécu, ni par la mutuelle.

Les piles d’appareil auditif sont-elles remboursées ?

Oui, à hauteur de 3 à 10 paquets par an selon le modèle, remboursés à 60 % par la Sécurité sociale. La mutuelle complète le plus souvent le reste. Les appareils rechargeables n’ouvrent pas ce droit, puisqu’ils ne consomment pas de piles.

Quel remboursement pour un appareil auditif avec la complémentaire santé solidaire ?

L’audioprothésiste doit proposer un appareil dans la limite des prix fixés pour ce dispositif. Si votre parent accepte cette proposition, il n’avance rien et ne paie rien. S’il choisit un appareil à prix libre, la protection disparaît et le reste à charge redevient entièrement le sien.

Y a-t-il un délai de carence sur les appareils auditifs quand on change de mutuelle ?

Souvent, oui. Beaucoup de contrats individuels appliquent une attente de 3 à 6 mois sur les postes coûteux, dont l’audition. Ce délai n’est pas obligatoire et varie selon l’assureur. Demandez-le par écrit avant de signer, et faites préciser s’il vise aussi la classe 1.

Existe-t-il des aides pour financer un appareil auditif quand on est retraité ?

Oui, cinq pistes. La complémentaire santé solidaire si les revenus sont modestes, le fonds d’action sociale de la caisse de retraite, l’action sociale Agirc-Arrco, l’aide financière individuelle de la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) et le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale). Elles se demandent en parallèle, devis en main, et leurs montants sont fixés au cas par cas.

Faut-il appareiller les deux oreilles ou une seule pour limiter le reste à charge ?

La décision revient au médecin ORL, pas au budget. Équiper une seule oreille quand les deux sont atteintes dégrade la localisation des sons et la compréhension dans le bruit. Si le coût bloque, l’arbitrage utile porte sur la classe de l’appareil, pas sur le nombre d’oreilles équipées.

SOURCES6 références
  1. Assurance Maladie (ameli.fr) — Remboursement des aides auditives : bases, taux, prix limites, renouvellement, essai et garantie — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/soins-protheses-dentaires-optique-audition/protheses-auditives
  2. Complémentaire santé solidaire — Prise en charge des aides auditives sans avance de frais — https://www.complementaire-sante-solidaire.gouv.fr/node/216
  3. Légifrance — Décret n° 2019-21 du 11 janvier 2019 (plafond de prise en charge des aides auditives) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037995163
  4. Légifrance — Arrêté du 14 novembre 2018 (classement des aides auditives en classe I et classe II) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037615111
  5. Légifrance — Arrêté du 27 décembre 2018 (tarification sociale applicable aux aides auditives) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037880126
  6. Ministère de la Santé — 100 % Santé, volet audiologie : contenu de l'offre et obligations professionnelles — https://sante.gouv.fr/systeme-de-sante/100pourcent-sante/espace-professionnels/les-nouvelles-mesures-audiologie/aides-auditives

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