Mains d'un aidant familial soutenant celles d'un proche âgé, geste de réconfort lors de l'évaluation GIR et des démarches AGGIR

EHPAD & logement médicaliséPar Paul Polyakov|Mis à jour le 21 juin 2026

GIR et grille AGGIR : évaluer le niveau de dépendance

Sommaire

Vous attendez l’évaluation GIR (Groupe Iso-Ressources) de votre mère ou de votre père. Deux questions reviennent : que va-t-il se passer concrètement ? Et combien ça va coûter chaque mois en EHPAD ? Ce guide vous donne les deux réponses, chiffres 2026 à l’appui : grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources), 6 niveaux, plafonds APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), ticket modérateur, GMP (GIR Moyen Pondéré), recours en cas de classement trop bas.


Qu’est-ce que la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources) et à quoi sert-elle ?

En 30 secondes

La grille AGGIR est l’outil officiel qui mesure le niveau d’autonomie d’une personne âgée. Elle produit un classement appelé GIR (Groupe Iso-Ressources), un chiffre de 1 (totalement dépendant) à 6 (totalement autonome). Ce chiffre décide si votre proche touche l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) (l’aide mensuelle versée par le département) et combien. Pas d’évaluation AGGIR = pas d’aide.

Deux mots à ne pas confondre. La grille AGGIR, c’est l’outil, la grille d’évaluation que remplit le professionnel. Le GIR, c’est le résultat, le niveau de 1 à 6 attribué à votre proche à la fin.

Concrètement : un évaluateur passe environ une heure avec votre proche et observe 17 gestes du quotidien (se laver, manger, marcher, se repérer). Il note chaque geste A (le fait seul), B (le fait à moitié ou avec aide) ou C (ne le fait pas). Un logiciel officiel calcule ensuite le GIR.

Ce GIR a deux effets concrets sur votre vie d’aidant. Premier effet : il ouvre ou non le droit à l’APA, réservée aux GIR 1 à 4. Deuxième effet : il fixe le tarif “dépendance” facturé par l’EHPAD chaque mois (une des trois lignes de la facture). Pour avoir la vue d’ensemble, APA, ASH (Aide Sociale à l’Hébergement), APL (Aide Personnalisée au Logement), réduction d’impôt, consultez notre guide aides financières EHPAD.


Quels sont les 6 niveaux de GIR (Groupe Iso-Ressources) et que change chacun ?

En 30 secondes

GIR 1 = perte d’autonomie totale. GIR 6 = autonomie complète. Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA. Plus le GIR est faible (proche de 1), plus la dépendance est lourde, et plus l’aide financière est élevée.

Matrice des 6 niveaux GIR : dépendance, éligibilité APA et orientation EHPAD ou domicile Les 6 niveaux GIR de la grille AGGIR GIR 1 = dépendance totale · GIR 6 = autonomie complète · Seuls GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA Niveau Capacités préservées Capacités perdues Profil-type APA (plafond du plan d’aide à domicile) Orientation GIR 1 Très lourd Quelques réflexes conservés Tous gestes du quotidien, mémoire et orientation Confiné au lit/fauteuil, état végétatif ou grabataire Oui, 2 080 €/mois EHPAD GIR 2 Lourd Déplacements possibles OU facultés mentales Toilette, habillage, alimentation, orientation Elle oublie le gaz, a chuté ; Alzheimer avancé Oui, 1 682 €/mois EHPAD GIR 3 Modéré-lourd Orientation et mémoire souvent préservées Toilette, habillage, lever/coucher seul Il marche mais a besoin d’aide pour la toilette Oui, 1 216 €/mois EHPAD/Domicile GIR 4 Modéré Toilette, lever/coucher, déplacements intérieurs Transferts seul, aide cuisine/ménage Elle se lève mais ne peut cuisiner ni faire les courses Oui, 812 €/mois Domicile prioritaire GIR 5 Légère perte Autonomie courante préservée Aide ponctuelle pour ménage ou bain Vit seul(e), aide à domicile 1-2 h/semaine 0 € aide CARSAT possible Domicile GIR 6 Autonome Tous les actes du quotidien Aucune (autonomie complète) Senior valide, aucune aide médicale 0 € aide CARSAT possible Domicile

Les 6 niveaux GIR de la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources)

GIR 1 = dépendance totale · GIR 6 = autonomie complète · Seuls GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA

GIR 1Très lourd
Capacités préservées
Quelques réflexes conservés
Capacités perdues
Tous gestes du quotidien, mémoire et orientation
Profil-type
Confiné au lit/fauteuil, état végétatif ou grabataire
APA (plafond plan d’aide à domicile)
Oui, 2 080 €/mois
Orientation
EHPAD
GIR 2Lourd
Capacités préservées
Déplacements possibles OU facultés mentales
Capacités perdues
Toilette, habillage, alimentation, orientation
Profil-type
Elle oublie le gaz, a chuté ; Alzheimer avancé
APA (plafond plan d’aide à domicile)
Oui, 1 682 €/mois
Orientation
EHPAD
GIR 3Modéré-lourd
Capacités préservées
Orientation et mémoire souvent préservées
Capacités perdues
Toilette, habillage, lever/coucher seul
Profil-type
Il marche mais a besoin d’aide pour la toilette
APA (plafond plan d’aide à domicile)
Oui, 1 216 €/mois
Orientation
EHPAD ou Domicile
GIR 4Modéré
Capacités préservées
Toilette, lever/coucher, déplacements intérieurs
Capacités perdues
Transferts seul, aide cuisine/ménage
Profil-type
Elle se lève mais ne peut cuisiner ni faire les courses
APA (plafond plan d’aide à domicile)
Oui, 812 €/mois
Orientation
Domicile prioritaire
GIR 5Légère perte
Capacités préservées
Autonomie courante préservée
Capacités perdues
Aide ponctuelle pour ménage ou bain
Profil-type
Vit seul(e), aide à domicile 1-2 h/semaine
APA (plafond plan d’aide à domicile)
0 €, aide CARSAT possible
Orientation
Domicile
GIR 6Autonome
Capacités préservées
Tous les actes du quotidien
Capacités perdues
Aucune, autonomie complète
Profil-type
Senior valide, aucune aide médicale
APA (plafond plan d’aide à domicile)
0 €, aide CARSAT possible
Orientation
Domicile
Schéma : les 6 niveaux GIR de la grille AGGIR classés par degré de dépendance, avec l’éligibilité à l’APA et l’orientation recommandée pour chaque niveau. Les montants indiqués sont les plafonds du plan d’aide APA à domicile 2026 ; en établissement, l’APA n’est pas plafonnée par GIR.

Comme le montre la matrice ci-dessus, GIR 1 et GIR 2 partagent la même orientation EHPAD mais diffèrent par la nature de la dépendance. GIR 3 et GIR 4 peuvent se maintenir à domicile avec des aides structurées. GIR 5 et GIR 6 n’ouvrent droit à aucune APA versée par le conseil départemental.

GIR 1 et GIR 2 : dépendance lourde

Le GIR 1 correspond à la perte d’autonomie la plus sévère. Votre proche est confiné au lit ou au fauteuil. Il a besoin d’aide pour tous les gestes du quotidien : se nourrir, aller aux toilettes, communiquer. L’orientation EHPAD est systématique.

Le GIR 2 recouvre deux profils distincts. Soit votre proche se déplace encore mais a des troubles importants de la mémoire (Alzheimer avancé, il s’oublie sur le gaz, elle ne peut plus rester seule). Soit ses facultés mentales sont préservées, mais il est confiné au lit ou au fauteuil. Dans les deux cas, il faut quelqu’un en permanence.

GIR 3 et GIR 4 : dépendance modérée

Le GIR 3 concerne des personnes qui ont des difficultés pour la toilette et l’habillage, mais dont la mémoire est souvent préservée. Elles peuvent encore marcher et se repérer dans le temps.

Le GIR 4 est fréquent chez des personnes qui se lèvent seules mais ne peuvent plus cuisiner ni faire les courses. Elles ont besoin d’aide pour certaines tâches, mais restent souvent à domicile avec des auxiliaires de vie.

GIR 5 et GIR 6 : autonomie préservée

Votre proche en GIR 5 ou 6 reste largement autonome et n’a pas droit à l’APA versée par le département. Mais d’autres aides existent : sa caisse de retraite (CARSAT pour les anciens salariés, AGIRC-ARRCO pour les complémentaires) peut financer des heures d’aide ménagère, du portage de repas ou de la téléassistance. Pour situer ces deux niveaux : les plafonds du plan d’aide APA à domicile des niveaux juste au-dessus sont de 1 216 €/mois pour un GIR 3 et 812 €/mois pour un GIR 4 (811,52 € exactement, barèmes 2026). En établissement, l’APA ne connaît pas de plafond par GIR.


Comment l’évaluation est-elle réalisée ? Les 17 variables AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources)

Couple senior assis sur le canapé du salon en train d'examiner ensemble des documents, ambiance d'évaluation à domicile pour la grille AGGIR
La visite d’évaluation de la grille AGGIR se déroule au domicile, documents en main, en présence de l’aidant.
En 30 secondes

L’évaluateur observe votre proche pendant environ 1 heure sur 17 gestes du quotidien. Pour chaque geste, il met une note : A (le fait seul), B (le fait à moitié ou avec aide), C (ne le fait pas du tout). Sur ces 17 gestes, seuls 10 comptent dans le calcul du GIR (Groupe Iso-Ressources). Les 7 autres servent juste à compléter le portrait pour adapter le plan d’aide.

L’évaluation génère souvent de l’angoisse. Deux peurs reviennent : que votre proche “fasse bonne figure” et soit noté trop bien (donc moins d’aide), ou au contraire qu’il soit étiqueté plus dépendant qu’il ne l’est. Cette anxiété est normale, l’enjeu financier est réel. Trois droits importants : vous pouvez être présent à la visite, demander des explications sur chaque geste évalué, et contester le résultat si vous le trouvez injuste.

Les 10 gestes qui décident vraiment du GIR

Ces 10 gestes pèsent dans le calcul du GIR. Pour chacun, une note C (ne fait pas) fait nettement chuter le score, donc augmenter le GIR vers une dépendance plus lourde.

  1. Se repérer dans le temps et l’espace, sait-il où il est, quel jour on est, qui vous êtes ?
  2. S’orienter dans son logement, reconnaît-il sa propre maison, retrouve-t-il sa chambre, se perd-il dans les couloirs ?
  3. Faire la toilette du haut du corps, peut-il se laver seul le visage, les mains, le torse ?
  4. Faire la toilette du bas du corps, peut-il se laver seul les jambes, les pieds, les parties intimes ?
  5. S’habiller seul, enfile-t-il son pantalon, boutonne-t-il sa chemise, met-il ses chaussures ?
  6. Manger seul, peut-il porter sa fourchette à sa bouche, couper sa viande, boire à son verre ?
  7. Aller aux toilettes, se retient-il, va-t-il aux toilettes seul, ou porte-t-il des protections ?
  8. Se lever, s’asseoir, passer du lit au fauteuil, les professionnels appellent ça “les transferts”
  9. Marcher dans son logement, peut-il aller seul d’une pièce à l’autre, sans aide humaine ?
  10. Appeler à l’aide à distance, sait-il décrocher le téléphone, sonner, prévenir quelqu’un en cas de problème ?

Ce qu’il faut retenir sur la notation. A = votre proche le fait seul, complètement, de façon habituelle. B = il le fait à moitié, ou il a besoin d’aide pour finir. C = il ne le fait pas du tout.

Attention, contre-intuitif : un proche qui marche encore très bien mais qui est noté C sur “se repérer” et “aller aux toilettes” peut être classé GIR 2 ou même GIR 1. Pourquoi ? Parce que ces deux gestes pèsent énormément. La perte d’orientation et la perte de contrôle des besoins comptent plus que la capacité à marcher.

Les 7 autres gestes : un complément, pas un calcul

Ces 7 gestes ne modifient pas directement le GIR. Mais l’évaluateur les note quand même, pour mieux décrire la vie quotidienne de votre proche et adapter son plan d’aide.

Il s’agit de : prendre ses médicaments seul, faire la cuisine, faire le ménage et le linge, prendre les transports, faire ses courses, gérer ses papiers administratifs, gérer son budget. Si votre proche n’arrive plus à faire aucune de ces tâches seul, signalez-le à l’évaluateur, c’est un faisceau d’indices qui renforce l’analyse.


Qui évalue le GIR (Groupe Iso-Ressources) : à domicile vs en EHPAD

En 30 secondes

À domicile : une équipe envoyée par le département (souvent un infirmier et un gérontologue) vient chez votre proche, observe ses gestes du quotidien et propose un GIR. En EHPAD : c’est le médecin coordonnateur de l’établissement qui évalue votre proche à l’entrée, puis chaque année. Dans les deux cas, vous pouvez contester le classement si vous estimez que votre proche a été sous-évalué.

Qui évalue le GIR, comparatif domicile / EHPADChiffres et délais 2026

Critère À domicile En EHPAD
Qui se déplace Une équipe du département : souvent un infirmier coordonnateur ou un gérontologue Le médecin coordonnateur de l’EHPAD
Quand l’évaluation a lieu Quand vous déposez la demande APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), visite planifiée chez votre proche À l’entrée en EHPAD, puis 1 fois par an minimum
Combien de temps Entre 1 h et 1 h 30 en moyenne 30 min à 1 h, intégré au bilan médical d’admission
Qui décide du GIR (Groupe Iso-Ressources) final Le président du conseil départemental, sur la base du rapport de l’équipe Le médecin coordonnateur, validé par le département
Quand vous recevez la décision 2 mois maximum après le dépôt de la demande APA Variable, généralement quelques semaines après l’admission
Le GIR évalué à domicile peut être révisé par le médecin coordonnateur dans les premiers mois en EHPAD, le premier classement est rarement définitif.

Point important à anticiper : si votre proche entre en EHPAD avec un GIR évalué à domicile (par exemple GIR 4), le médecin coordonnateur peut le réévaluer dans les premiers mois et arriver à un GIR différent (souvent plus lourd, car l’entrée en EHPAD coïncide avec une dégradation). Cette nouvelle évaluation change le tarif dépendance facturé et le montant d’APA versé.

Attention, contre-intuitif : ne préparez pas votre proche à “bien faire” le jour de la visite. L’évaluateur doit voir la réalité quotidienne, pas la meilleure version. S’il fait semblant d’arriver à se laver seul ce jour-là alors qu’il n’y arrive plus en temps normal, il sera sous-évalué, et vous toucherez moins d’APA.

Vous avez le droit d’être présent pendant l’évaluation. Et c’est souvent utile : votre proche ne dira pas spontanément qu’il s’est levé 3 fois la nuit dernière, qu’il oublie le gaz allumé, ou qu’il a chuté la semaine dernière. Vous êtes là pour le dire à sa place quand il oublie ou minimise.


GIR (Groupe Iso-Ressources) 2 et GIR 3 en EHPAD : profils-types et capacités

Deux femmes seniors se tapent dans la main avec complicité et joie en EHPAD, vie sociale active et lien préservé entre résidents GIR 2 et GIR 3
En EHPAD, un résident classé GIR 2 ou GIR 3 conserve une vie sociale active malgré la perte d’autonomie.
En 30 secondes

GIR 2 et GIR 3 sont les deux profils les plus fréquents en EHPAD. La différence en une phrase : un GIR 2 ne peut plus rester seul (à cause de la mémoire ou de l’immobilité), un GIR 3 reste cohérent mais a besoin d’aide tous les jours pour la toilette et l’habillage.

Le profil-type d’un GIR 2

Imaginez votre mère. Elle se lève seule le matin et marche encore jusqu’à la cuisine. Mais elle oublie qu’elle a mis la casserole sur le feu. Elle a chuté deux fois ce mois-ci. Elle ne reconnaît plus la moitié des cousins quand ils viennent dîner. Verdict du département : GIR 2.

Le GIR 2 recouvre en réalité deux situations très différentes :

  • Cas 1, l’esprit qui s’efface, le corps qui marche : Alzheimer avancé ou démence, votre proche se déplace encore mais ne peut plus se garder seul (risque de fugue, d’incendie, de chute).
  • Cas 2, l’inverse, le corps qui lâche, l’esprit clair : votre proche reste lucide mais ne peut plus quitter son lit ou son fauteuil sans aide. Il a besoin de quelqu’un pour la toilette, l’habillage, les transferts.

Dans les deux cas, le constat est le même : votre proche ne peut plus vivre seul à la maison.

Le profil-type d’un GIR 3

Imaginez votre père. Il marche, il sait quel jour on est, il reconnaît tout le monde. Sa mémoire fonctionne correctement. Mais il ne peut plus se laver seul, ni boutonner sa chemise, ni parfois se lever de son fauteuil sans aide. Son problème est physique, pas mental.

Le GIR 3 concerne souvent :

  • les personnes qui ont eu un AVC (Accident Vasculaire Cérébral) et qui en gardent des séquelles motrices ;
  • les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à un stade modéré ;
  • les personnes avec des douleurs articulaires sévères qui rendent la toilette et l’habillage impossibles seules.

Comment trancher entre GIR 2 et GIR 3 dans la vraie vie

Quatre questions concrètes pour vous repérer :

  1. Sait-il quel jour on est et où il est ? GIR 3 oui, GIR 2 souvent non.
  2. Peut-il appeler à l’aide au téléphone ? GIR 3 oui, GIR 2 souvent non.
  3. Mange-t-il seul si vous lui préparez le repas ? GIR 3 oui, GIR 2 pas toujours (il oublie, ou n’arrive pas à se servir).
  4. Peut-il rester seul 2 heures sans risque ? GIR 3 oui, GIR 2 non.

Pour repérer les premiers signes avant l’évaluation officielle, consultez notre guide sur la perte d’autonomie.

La question décisive si vous hésitez : votre proche peut-il rester seul 2 heures sans risque (sans se brûler, sans tomber sans pouvoir appeler, sans sortir de chez lui sans savoir revenir) ? Si non, c’est généralement GIR 2. Si oui mais qu’il faut quelqu’un tous les jours pour la toilette, c’est généralement GIR 3.


Prix EHPAD pour un GIR 2 : tarif dépendance et ticket modérateur

En 30 secondes

La facture d’un EHPAD se découpe en 3 lignes : hébergement (logement + repas), dépendance (aide quotidienne), soins (médical). Seule la ligne « dépendance » change selon le GIR. L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) versée par le département prend en charge la plus grosse part de cette ligne. Votre proche paie une quote-part fixe appelée ticket modérateur, qui reste la même quel que soit son GIR.

Le prix EHPAD pour un GIR 2 se décompose en 3 grandes lignes sur la facture. Ligne hébergement : la chambre, les repas, le ménage, les animations, environ 2 200 €/mois en ordre de grandeur (la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) publie pour 2024 un prix de référence de 2 164 €/mois en chambre seule habilitée à l’aide sociale et de 3 128 €/mois en chambre non habilitée). C’est la ligne la plus lourde, et elle est identique pour tous les résidents quel que soit leur GIR. Ligne soins : les infirmiers, médicaments, médecin coordonnateur, entièrement payés par l’Assurance Maladie, vous ne voyez même pas cette ligne sur votre facture. Ligne dépendance : l’aide à la toilette, à l’habillage, aux repas, c’est elle qui dépend directement du GIR.

Ce guide se concentre sur la ligne dépendance. Pour la vue d’ensemble des 3 lignes et savoir comment chacune se négocie, consultez notre guide Comprendre les 3 tarifs EHPAD.

Voici le mécanisme contre-intuitif à comprendre une bonne fois pour toutes. Votre proche paie toujours la même quote-part fixe sur la ligne dépendance, environ 185 €/mois, peu importe son GIR. C’est le ticket modérateur. L’APA du département paie tout le reste. Conséquence : plus votre proche est dépendant (GIR plus lourd), plus l’APA est généreuse, mais votre quote-part ne bouge pas. Quelqu’un en GIR 1 ne paie pas plus de ticket modérateur que quelqu’un en GIR 4.

Les 3 tarifs distincts d’un EHPAD

Avant de comprendre ce que votre proche paiera vraiment, il faut savoir que l’EHPAD facture 3 tarifs séparés. Aucun ne se confond avec un autre :

  1. 1

    Tarif hébergement (~2 200 €/mois)

    Couvre la chambre, les repas, le ménage, la blanchisserie, les animations. Payé par votre proche (ou par l’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement) si revenus modestes). Indépendant du GIR.

  2. 2

    Tarif dépendance (185 à 689 €/mois selon GIR, moyennes nationales 2024)

    Couvre l’aide à la toilette, à l’habillage, aux repas, aux déplacements. L’APA en couvre la majorité ; votre proche ne paie que le ticket modérateur fixe (~185 €/mois).

  3. 3

    Tarif soins (0 € pour votre proche)

    Couvre les infirmiers, médicaments, médecin coordonnateur. Intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie. Votre proche ne paie rien sur cette part.

Comment se calcule la part dépendance que votre proche paye vraiment

La mécanique est contre-intuitive mais simple une fois posée. Suivez les 3 étapes pour un exemple GIR 2 :

  1. Étape 1, L’EHPAD facture le tarif dépendance « plein » selon le GIR

    Pour un GIR 1-2 : 22,65 €/jour en moyenne nationale 2024, soit environ 689 €/mois (davantage dans les établissements au tarif dépendance élevé). Pour un GIR 3-4 : environ 14,36 €/jour. Pour un GIR 5-6 : environ 6,11 €/jour. Ce tarif n’est pas négociable : il est fixé chaque année par le département pour chaque EHPAD. Il apparaît sur la facture, mais ce n’est pas ce que vous paierez.

  2. Étape 2, L’APA du département vient absorber la quasi-totalité

    Le département verse l’APA directement à l’EHPAD (jamais à votre proche). Pour un GIR 2, cette APA couvre l’écart entre le tarif dépendance GIR 1-2 de l’établissement et le tarif GIR 5-6, soit environ 503 €/mois aux moyennes nationales 2024. Attention : il n’existe pas de plafond d’APA par GIR en établissement, les 1 682,30 €/mois souvent cités sont le plafond du plan d’aide APA à domicile. Le montant exact dépend des revenus de votre proche : plus ils sont bas, plus l’APA est élevée. Au-delà de ~2 846 €/mois de revenus, votre proche commence à payer une part en plus.

  3. Étape 3, Ce qui reste à payer : le ticket modérateur (fixe)

    Peu importe que votre proche soit en GIR 1, 2, 3 ou 4, il paie toujours la même somme sur la ligne dépendance : environ 185 €/mois (cela correspond au tarif appliqué pour un GIR 5-6). C’est le ticket modérateur. Plus le GIR est lourd, plus l’APA est généreuse, mais votre quote-part personnelle, elle, ne bouge jamais.

Prix EHPAD selon le GIR, facture mensuelle estimation 2026
Estimation sur base EHPAD moyen, varie selon le département et les revenus

Poste GIR 6 (autonome)
(Groupe Iso-Ressources)
GIR 4 GIR 2 GIR 1
Tarif hébergement ~2 200 € ~2 200 € ~2 200 € ~2 200 €
Tarif dépendance plein (journalier moyen national 2024) ≈ 6,11 €/jour ≈ 14,36 €/jour (GIR 3-4) ≈ 22,65 €/jour (GIR 1-2) ≈ 22,65 €/jour (GIR 1-2)
APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) versée à l’EHPAD (aucun plafond par GIR en établissement) Non éligible écart entre tarif GIR 3-4 et tarif GIR 5-6 écart entre tarif GIR 1-2 et tarif GIR 5-6 écart entre tarif GIR 1-2 et tarif GIR 5-6
Ticket modérateur (part résident) Tarif GIR 5-6 = référence ≈ 6,11 €/jour ≈ 6,11 €/jour ≈ 6,11 €/jour
Total dépendance résident/mois ≈ 185 € ≈ 185 € ≈ 185 € ≈ 185 €
Reste à charge mensuel total (minimum) ~2 385 € ~2 385 € ~2 385 € ~2 385 €
Tableau indicatif, les montants réels varient selon le département, les revenus du résident et l’EHPAD choisi. Le tarif hébergement de ~2 200 € est un ordre de grandeur indicatif, et non une moyenne publiée : la CNSA retient pour 2024 deux prix de référence, 2 164 €/mois en chambre seule habilitée à l’aide sociale et 3 128 €/mois en chambre non habilitée. Les tarifs dépendance journaliers moyens (6,11 € GIR 5-6 ; 14,36 € GIR 3-4 ; 22,65 € GIR 1-2) sont les moyennes nationales CNSA, Repères statistiques n°27 (avril 2026, données 2024). En établissement, l’APA n’est pas plafonnée par GIR : elle couvre l’écart entre le tarif dépendance correspondant au GIR du résident et le tarif dépendance GIR 5-6. Les plafonds par GIR (2 080,33 € à 811,52 €) concernent le plan d’aide APA à domicile 2026.

Exemple concret pour un GIR 2 : votre mère, un mois-type

Votre mère est classée GIR 2. L’EHPAD affiche un tarif hébergement de 2 200 €/mois. Elle touche l’APA à hauteur de son tarif dépendance réel, diminué du ticket modérateur. Voici la facture réelle, ligne par ligne.

Comment l’APA absorbe l’écart concrètement. Imaginons que l’EHPAD facture le tarif dépendance plein pour un GIR 2, soit ~22,65 €/jour (environ 689 €/mois). L’APA prend en charge tout ce qui dépasse votre quote-part fixe de ~185 €/mois, soit ~503 €/mois absorbés par le département. Ce mécanisme ne connaît pas de plafond par GIR en établissement : le montant de 1 682,30 €/mois parfois cité pour un GIR 2 est le plafond du plan d’aide APA à domicile (barème 2026), qui ne s’applique pas en EHPAD.

À ne pas confondre : l’APA couvre uniquement la ligne dépendance, jamais l’hébergement. Les 2 200 €/mois de chambre et repas restent toujours à payer par votre proche (sauf si éligible à l’ASH ou l’APL). Important aussi : l’APA n’est jamais versée à votre proche sur son compte. Elle est virée directement à l’EHPAD, qui la déduit de la facture.

Le montant exact de l’APA dépend aussi des revenus de votre proche. Plus ses revenus sont élevés, plus le département considère qu’il peut payer une part lui-même, et plus l’APA versée diminue. À l’inverse, pour des revenus modestes, l’APA couvre presque toute la ligne dépendance, votre proche ne paie que les 185 €/mois de ticket modérateur.

Voici les 3 cas selon les revenus mensuels de votre proche (barèmes 2026) :

  1. Revenus jusqu’à 2 846,77 €/mois, cas le plus fréquent

    Votre proche paie uniquement le ticket modérateur sur la ligne dépendance, soit ~185 €/mois. Le département prend tout le reste à sa charge. C’est le cas pour la grande majorité des résidents français.

    Configuration classique pour revenus modestes ou moyens
  2. Revenus entre 2 846,77 € et 4 379,64 €/mois, zone progressive

    Votre proche paie le ticket modérateur + une part croissante de l’écart entre le tarif dépendance plein et ce ticket. Cette part augmente progressivement de 0 % à 80 % au fur et à mesure que les revenus grimpent dans la fourchette. Le calcul exact est fait par le département.

    Calcul personnalisé fait par le département
  3. Revenus supérieurs à 4 379,64 €/mois, plafond atteint

    Votre proche paie 80 % de l’écart entre le tarif dépendance plein et le ticket modérateur. L’APA ne couvre plus que les 20 % restants. C’est la participation maximale prévue par la loi.

    Participation maximale légale

Pour calculer le montant exact de l’APA selon ses revenus, consultez notre page Détail des montants APA par GIR (barèmes 2026). Pour tout comprendre sur les démarches : Démarches APA : conditions, dossier, délais.


Le GIR (Groupe Iso-Ressources) Moyen Pondéré (GMP) : ce que ça change pour vous

En 30 secondes

Le GMP, GIR Moyen Pondéré, c’est un seul chiffre qui résume le niveau moyen de dépendance des résidents d’un EHPAD. Un GMP élevé (800+) = l’EHPAD accueille beaucoup de personnes très dépendantes. Un GMP bas (600-) = des résidents plus autonomes. Pourquoi ça vous concerne : un GMP élevé signifie plus de personnel soignant, mais aussi un tarif dépendance plus cher avant APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie). Vous pouvez demander le GMP avant de signer.

Quand vous comparez deux EHPAD, leur tarif dépendance affiché peut différer fortement, par exemple 22 €/jour dans l’un, 25 €/jour dans l’autre. Une bonne partie de cet écart s’explique par leur GMP respectif.

Comment l’EHPAD calcule son GMP. Il prend le GIR de chacun de ses résidents, multiplie par un coefficient officiel (plus le GIR est lourd, plus le coefficient est élevé), additionne le tout, et divise par le nombre de résidents. Voici les coefficients officiels que tous les EHPAD utilisent :

Le poids de chaque GIR dans le calcul du GMPCoefficients officiels CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie)

Niveau GIRPoids dans le calculCe que ça veut dire
GIR (Groupe Iso-Ressources) 11000 pointsDépendance totale
GIR 2840 pointsDépendance lourde
GIR 3660 pointsDépendance modérée
GIR 4420 pointsAide partielle
GIR 5250 pointsQuasi-autonomie
GIR 670 pointsAutonomie complète
Plus le GMP de l’EHPAD est élevé, plus ses résidents sont en moyenne dépendants, et plus le tarif dépendance fixé par le département est élevé pour couvrir le coût en personnel.

Comment lire un GMP en pratique :

  • GMP autour de 700 : l’EHPAD accueille surtout des résidents en GIR 2 et GIR 3, un mix classique.
  • GMP autour de 850 : l’EHPAD accueille majoritairement des GIR 1 et GIR 2, des résidents très dépendants. Souvent un signe d’unité Alzheimer ou de structure médicalisée.
  • L’écart de tarif dépendance entre un EHPAD à GMP 700 et un EHPAD à GMP 850 tourne autour de 1 à 2 €/jour facturés en plus dans le second, soit 30 à 60 €/mois de différence avant APA.

Ce que ça change concrètement pour votre proche en GIR 2 : un EHPAD avec un GMP élevé (800-850) a un personnel plus nombreux et formé aux dépendances lourdes. C’est plutôt un bon signe de qualité de prise en charge pour un GIR 2, bien plus parlant que le seul tarif affiché. Mais sachez que le tarif dépendance y sera aussi plus élevé avant l’APA. Bonne nouvelle : votre quote-part (le ticket modérateur) reste la même, c’est l’APA qui absorbe la différence.


Comment contester ou faire réévaluer le GIR (Groupe Iso-Ressources)

En 30 secondes

Si vous trouvez le GIR attribué trop faible (par exemple GIR 4 alors qu’il vous semble GIR 2), vous avez 2 mois à partir de la date du courrier pour demander une révision. La démarche s’appelle un recours gracieux : c’est une lettre adressée au président du conseil départemental. C’est gratuit. Agissez vite : chaque mois perdu = APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) perdue pour votre proche.

Un GIR trop bas a deux conséquences immédiates et chiffrées : votre proche touche moins d’APA chaque mois (plusieurs centaines d’euros d’écart entre deux niveaux), et votre reste à charge augmente d’autant. Voici les 5 étapes concrètes pour faire réviser la décision.

  1. Jour 0, Vous recevez la lettre du département

    Le département vous envoie un courrier officiel précisant le GIR attribué et la date à laquelle la décision est notifiée. Notez cette date : c’est elle qui déclenche le compte à rebours des 2 mois pour contester.

    Conservez impérativement ce courrier, il vous servira de preuve
  2. Jour 0 à 60, Vous écrivez au président du département

    Vous envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception au président du conseil départemental. Dedans : vous expliquez pourquoi le GIR vous semble injuste (donner des exemples concrets : « ma mère ne se souvient plus du prénom de mon père », « il a chuté 3 fois en 2 mois »). Pièce jointe obligatoire : un certificat médical détaillé du médecin traitant. C’est la pièce qui pèse le plus lourd dans le réexamen du dossier.

    Délai maximum : 2 mois après la date du premier courrier
  3. Jour 30 à 90, Une nouvelle équipe peut venir réévaluer

    Le département peut envoyer une équipe différente pour refaire l’évaluation à domicile. Cette deuxième visite suit exactement la même procédure que la première (17 gestes, durée 1 h-1 h 30) et peut aboutir à un GIR différent.

    Délai d’examen du dossier : environ 1 mois
  4. Jour 60 à 90, Vous recevez la nouvelle décision

    Le département vous écrit pour confirmer le GIR initial ou attribuer un nouveau GIR. Bonne nouvelle si révisé à la hausse : votre proche perçoit l’APA correspondante à partir de cette nouvelle décision (pas de rétroactivité sur les mois passés).

    Nouvelle notification officielle reçue par courrier
  5. Si le département confirme le refus, Vous pouvez aller en justice

    Si la nouvelle décision ne vous satisfait pas, vous pouvez saisir le tribunal administratif de votre département dans les 2 mois qui suivent. C’est une démarche plus longue (6 à 12 mois) mais souvent efficace pour les sous-évaluations flagrantes. La procédure est gratuite si votre proche bénéficie de l’aide juridictionnelle.

    2 mois après la nouvelle décision pour saisir le tribunal

Faire réévaluer le GIR après l’entrée en EHPAD

Le GIR n’est pas gravé dans le marbre. Le médecin coordonnateur de l’EHPAD doit le réévaluer au minimum 1 fois par an, et il peut le faire à tout moment si l’état de santé change.

Si votre proche entre en EHPAD en GIR 4 et que son état se dégrade vite, chutes à répétition, mémoire qui flanche fortement, perte d’appétit, n’attendez pas la révision annuelle. Écrivez au directeur de l’EHPAD ET au médecin coordonnateur pour signaler le changement. Une réévaluation en cours d’année peut être déclenchée.

Bonne nouvelle sur la facture : si votre proche passe de GIR 4 à GIR 2, le tarif dépendance facturé par l’EHPAD augmente, mais l’APA absorbe cette augmentation, votre quote-part (le ticket modérateur de ~185 €/mois) ne change pas. C’est le mécanisme qu’il faut retenir : vous payez toujours le même socle (tarif GIR 5-6), le département paie le reste.

Si vous sentez que le GIR de votre proche n’évolue pas malgré une dégradation visible, demandez un rendez-vous avec le médecin coordonnateur. Apportez deux choses : un relevé écrit des difficultés que vous observez au quotidien (chutes, oublis, refus de manger), et un courrier de son médecin traitant. Les démarches avancent beaucoup plus vite quand vous arrivez avec de l’écrit.


FAQ – GIR et grille AGGIR

Comment est calculé le GIR ?

Un évaluateur passe environ 1 heure avec votre proche. Il observe 17 gestes du quotidien (se laver, manger, marcher, se repérer) et met une note pour chacun : A (fait seul), B (fait à moitié ou avec aide), C (ne fait pas). Sur ces 17 gestes, seuls 10 comptent réellement dans le calcul (les plus décisifs : se repérer, faire sa toilette, manger, se déplacer). Un logiciel officiel additionne les notes et sort un chiffre entre 1 et 6 : c’est le GIR.

Quel est le tarif dépendance pour un GIR 2 en EHPAD ?

Le tarif dépendance plein pour un GIR 2 tourne autour de 22,65 €/jour en moyenne nationale (soit ~689 €/mois), mais varie selon l’EHPAD et le département. Bonne nouvelle : votre proche ne paie pas ce montant. Le département verse l’APA directement à l’EHPAD : elle couvre l’écart entre le tarif dépendance GIR 1-2 et le tarif GIR 5-6, sans plafond par GIR en établissement (les 1 682,30 €/mois parfois cités sont le plafond du plan d’aide APA à domicile). Votre proche paie seulement la part fixe appelée ticket modérateur, environ 185 €/mois. Si ses revenus dépassent 2 846 €/mois, sa quote-part augmente progressivement.

Quel est le prix EHPAD pour un GIR 2 par mois ?

Comptez environ 2 385 €/mois minimum restant à payer pour un GIR 2 en EHPAD moyen. Ce total se décompose en : ~2 200 € de tarif hébergement (chambre + repas + ménage, jamais couvert par l’APA) + ~185 € de ticket modérateur sur la dépendance (la part fixe après APA). L’APA absorbe le reste du tarif dépendance. Selon les revenus de votre proche, vous pouvez aussi obtenir l’APL et/ou l’ASH qui réduisent encore la facture.

Quelle est la différence entre GIR 1 et GIR 2 ?

GIR 1 : votre proche est confiné au lit ou au fauteuil ET a perdu la majorité de ses facultés mentales. Il ne peut plus rien faire seul. GIR 2 : soit il marche encore mais a des troubles sévères de la mémoire (Alzheimer avancé, par exemple), soit il est immobilisé au lit/fauteuil mais lucide. À retenir : les deux exigent une présence permanente et une orientation EHPAD. Le GIR 1 est plus lourd médicalement et donne droit à un plan d’aide APA à domicile plus élevé (plafond 2 080 €/mois contre 1 682 €/mois en 2026) ; en EHPAD, les deux relèvent du même tarif dépendance GIR 1-2, l’APA n’y étant pas plafonnée par GIR.

À partir de quel GIR doit-on aller en EHPAD ?

Il n’existe aucun seuil légal qui oblige à entrer en EHPAD à partir d’un GIR donné. La décision se prend en famille, avec le médecin traitant et la personne concernée. En pratique, GIR 2 et GIR 3 sont les profils dominants en EHPAD. GIR 4, 5 et 6 restent le plus souvent à domicile avec des aides (auxiliaire de vie, portage de repas). Le vrai critère, ce n’est pas le GIR mais la sécurité : votre proche peut-il rester seul sans danger ? Si la réponse devient “non” (fugues, chutes, oublis qui mettent en danger), l’EHPAD est à envisager, quel que soit le GIR.

Quelles aides selon le GIR de mon proche ?

GIR 1 à 4 : votre proche touche l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), versée par le département. Plafonds du plan d’aide à domicile 2026 : de 812 €/mois pour un GIR 4 à 2 080 €/mois pour un GIR 1 ; en EHPAD, l’APA n’est pas plafonnée par GIR, elle couvre l’écart entre le tarif dépendance du GIR du résident et le tarif GIR 5-6. GIR 5 et 6 : pas d’APA, mais des aides existent, caisses de retraite (CARSAT, AGIRC-ARRCO) qui financent des aides ménagères ou du portage de repas. Indépendamment du GIR, d’autres aides s’ajoutent selon les revenus : APL (logement), ASH (aide sociale à l’hébergement), réduction d’impôt EHPAD. Voir notre récap des aides sociales pour personnes âgées.

Le GIR de mon proche peut-il changer après l’entrée en EHPAD ?

Oui, et ça arrive souvent. Le médecin coordonnateur de l’EHPAD réévalue le GIR au minimum 1 fois par an, et peut le faire à tout moment si l’état de santé change. Si votre proche se dégrade (passe de GIR 4 à GIR 2), l’APA augmente automatiquement, ce qui couvre la hausse du tarif dépendance facturé. Votre quote-part personnelle (le ticket modérateur de ~185 €/mois) ne change pas, c’est le mécanisme rassurant du système. Si l’état s’améliore (rare), l’APA peut diminuer. Vous pouvez demander une réévaluation anticipée par écrit si vous constatez une dégradation.

Ma mère a Alzheimer mais marche encore, quel GIR ?

C’est généralement un GIR 2 ou GIR 3. Le critère décisif n’est pas la mobilité physique, mais le niveau d’atteinte de la mémoire et de l’orientation. GIR 2 fréquent si : votre mère oublie le gaz allumé, ne reconnaît plus certains proches, se perd dans la maison, ne peut plus rester seule sans danger, même si elle marche très bien. GIR 3 plus probable si : elle est désorientée mais peut encore appeler à l’aide, manger seule, se rappeler les visages familiers. Pour une situation Alzheimer complexe en EHPAD, consultez notre guide complet EHPAD.


SOURCES5 références
  1. CNSA / pour-les-personnes-agees.gouv.fr, Fonctionnement de la grille AGGIR — https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/perte-d-autonomie-evaluation-et-droits/comment-fonctionne-la-grille-aggir
  2. Service-public.gouv.fr, Allocation personnalisée d'autonomie (APA) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1229
  3. Légifrance, Code de l'action sociale et des familles, article L232-2 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006797408
  4. Légifrance, Code de l'action sociale et des familles, article R232-3 (grille AGGIR) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006905841
  5. CNSA, Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie — https://www.cnsa.fr/publications

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