Vous voyez votre mère qui peine à se relever de son fauteuil. Votre père qui a laissé une casserole sur le feu, deux fois cette semaine. Et cette question qui tourne en boucle : trouver un EHPAD, mais par où commencer, qui appeler, combien de temps ça va prendre ? Voici la méthode complète, sans jargon, adaptée à l’urgence comme à l’anticipation.
Trouver un EHPAD aujourd’hui : pourquoi c’est devenu si compliqué
La France compte 7 400 établissements pour environ 609 970 places. Le taux d’occupation moyen est de 92 % en 2023. Trouver un EHPAD demande de 2 à 18 mois selon la région. Mais la majorité des seniors entrent en moins de 2 mois quand le dossier est bien préparé.
En 2026, la France compte 7 400 établissements pour 609 970 places au total, dont 586 990 en hébergement permanent. Le taux d’occupation atteint 92,1 %, en baisse de 3,6 points par rapport à 2019 mais toujours élevé dans les grandes agglomérations. Ces chiffres viennent de la DREES (Direction de la Recherche, Évaluation, Études et Statistiques), service statistique du ministère des Solidarités.
Cette inquiétude est partagée par des centaines de milliers d’aidants. La DREES recense 573 100 résidents en établissement au 31 décembre 2023. La demande grimpe plus vite que l’offre : il faudra créer 365 000 places supplémentaires d’ici 2050, soit +56 %. Paradoxe actuel : cette recherche n’a jamais été aussi difficile, mais la majorité des familles y parviennent en moins de deux mois quand elles s’y prennent avec méthode.
Trois raisons expliquent cette tension. La génération du baby-boom entre dans l’âge où le maintien à domicile devient impossible. La construction de nouvelles maisons de retraite médicalisées n’a pas suivi (moratoires, coûts, personnels). La vie chez soi se prolonge grâce aux aides, ce qui reporte l’entrée à un âge plus élevé (85 ans en moyenne) et une dépendance plus lourde. Ces établissements accueillent donc des profils plus fragiles, avec une pression permanente sur les places.
La difficulté n’est pas seulement logistique. Elle est aussi émotionnelle : vous devez apprendre en quelques semaines un système que personne ne vous a expliqué, en pleine tempête personnelle. C’est normal de se sentir perdu. Le reste de ce guide est fait pour vous donner un chemin clair.
Recensement officiel DREES.
7 400
Établissements répartis sur tout le territoire.
Saturation moyenne nationale.
92 %
Moyenne France entière en 2023, baisse de 3,6 points vs 2019.
Dossier bien préparé.
Majorité
Des seniors entrent en établissement en moins de 2 mois [À VÉRIFIER : source à confirmer].
Projection démographique.
365 000
Places supplémentaires nécessaires d’ici 2050 (+56 %, DREES projection).
Ma mère ne peut plus vivre seule : reconnaître le moment où la décision s’impose
Trois signaux sérieux : chutes répétées (au moins 2 en 6 mois), oublis dangereux (gaz, médicaments, sorties), épuisement de l’aidant principal. Quand deux de ces signaux coexistent, l’établissement n’est pas un abandon : c’est une protection.
« Ma mère ne peut plus vivre seule. » Cette phrase, vous la formulez peut-être à voix haute pour la première fois, ou vous la retournez dans votre tête depuis des mois sans oser la dire. Elle est le seuil, le moment où l’accompagnement à domicile atteint ses limites : pour votre proche, mais aussi pour vous.
Trois familles de signaux doivent faire basculer la réflexion vers trouver un EHPAD adapté. Les signaux physiques d’abord : chutes répétées (deux ou plus sur six mois, même sans blessure), amaigrissement inexpliqué, hygiène corporelle qui se dégrade, incapacité à préparer un repas complet. Les signaux cognitifs ensuite : oublis dangereux (feu allumé, porte ouverte la nuit, médicaments confondus), désorientation dans le quartier connu, jugement altéré face aux démarcheurs. Les signaux d’aidant enfin : votre propre épuisement, votre sommeil qui se détériore, vos week-ends absorbés par les visites, votre santé personnelle qui décline.
L’entrée en établissement est encadrée par l’article D. 312-155-0 du Code de l’action sociale et des familles : elle concerne les personnes âgées d’au moins 60 ans en perte d’autonomie. En dessous, seules des dérogations exceptionnelles sont possibles. L’évaluation médicale repose sur la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources), qui classe la perte d’autonomie de GIR (Groupe Iso-Ressources) 1 (dépendance totale) à GIR 6 (autonomie complète). La plupart des personnes qui entrent en établissement sont en GIR 1 à 4.
Placer votre parent en établissement, ce n’est pas renoncer à l’aimer. C’est reconnaître qu’aimer implique parfois de passer la main à des professionnels équipés pour ce que vous ne pouvez plus faire seul. Comme le rappelle l’association Ma Boussole Aidants, « le maintien à domicile peut mener l’aidant et son proche très loin » : l’établissement, c’est souvent passer la main avant l’épuisement, pas après.
Par où commencer ? Les 5 contacts à activer dès la première semaine
Cinq contacts à activer dans l’ordre : (1) ViaTrajectoire pour ouvrir le dossier unique, (2) le CLIC ou le CCAS de votre commune pour cartographier ces établissements locaux, (3) l’assistant social de l’hôpital si votre proche est hospitalisé, (4) le médecin traitant pour le volet médical, (5) ces établissements eux-mêmes par téléphone pour vérifier les disponibilités.
Beaucoup de familles perdent trois semaines à chercher seules en ligne avant de découvrir qu’il existe cinq interlocuteurs officiels qui peuvent leur épargner ce temps précieux. Voici la séquence à activer dès la première semaine pour trouver un EHPAD correspondant réellement à la situation de votre parent.
Premier point clé : ViaTrajectoire est la plateforme publique gratuite qui centralise tout. Un seul dossier suffit pour candidater à plusieurs établissements simultanément : jusqu’à 40 établissements par dossier. C’est la voie royale pour candidater sans multiplier les envois papier.
Deuxième point : ne négligez pas le CLIC (Centre local d’information et de coordination) ou le CCAS (Centre communal d’action sociale) de la commune de votre proche. Ils connaissent la réalité locale : quels établissements ont bonne réputation, lesquels sortent d’un rapport d’évaluation difficile, où les places se libèrent le plus vite. Un rendez-vous d’une heure remplace des jours de recherche en ligne.
Troisième point : si votre proche est hospitalisé, l’assistant social de l’hôpital devient votre allié n° 1. Il connaît les structures qui prennent en priorité les sorties d’hospitalisation et gère les conventions inter-établissements. Demandez-le dès l’admission si possible.
Enfin, l’annuaire ne remplace jamais l’appel direct : les places affichées « disponibles » sont souvent déjà attribuées. Un coup de fil de dix minutes à un téléphone EHPAD ciblé vous donne l’état réel des listes d’attente, bien plus fiable que n’importe quel compteur en ligne.
ViaTrajectoire
Plateforme officielle gratuite. Un seul dossier envoyé à jusqu’à 40 EHPAD simultanément.
CLIC ou CCAS
Le Centre local d’information (CLIC) ou Centre communal d’action sociale (CCAS) connaît tous ces établissements du secteur.
Assistant social hospitalier
Si votre proche est hospitalisé, l’équipe sociale connaît les places disponibles en sortie d’hôpital.
Médecin traitant
Il remplit le volet médical du dossier unique (Cerfa 14732*03) et peut orienter vers son réseau.
EHPAD par téléphone
Les annuaires affichent rarement les places en temps réel. Un appel direct au telephone EHPAD ciblé reste la méthode la plus fiable.
Pour le détail pratique du dépôt en ligne, consultez notre guide dédié : créer son dossier ViaTrajectoire.
Quels annuaires et comparateurs utiliser (et lesquels éviter)
Cinq grandes catégories d’outils : l’annuaire officiel gouvernement, 7 400 EHPAD listés, sans place temps réel), les annuaires de places disponibles auto-déclarées, les comparateurs avec conseiller (périmètre limité à leurs partenaires), les annuaires privés spécialisés et les sites éditoriaux indépendants. Aucun n’est parfait. La combinaison annuaire officiel plus appel direct reste imbattable.
Personne ne vous le dit clairement : il existe cinq grandes familles d’annuaires et comparateurs EHPAD, chacune avec un objectif différent. Comprendre qui vous parle vous fait gagner du temps et évite les mauvaises surprises. C’est le point aveugle des familles qui cherchent à trouver un EHPAD pour la première fois.
L’annuaire EHPAD officiel géré par la CNSA sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr est le seul à recenser les 7 400 EHPAD existants, avec un comparateur de prix et un calcul du reste à charge. Il ne dit rien sur les places en temps réel, mais son exhaustivité en fait le point de départ obligatoire. Aucun comparateur EHPAD privé n’atteint cette couverture.
Les annuaires de places disponibles auto-déclarées (santeenfrance.fr, sanitaire-social.com) affichent des compteurs séduisants : 2 418 EHPAD signalant des places d’un côté, 411 de l’autre le même jour. La différence tient à la méthodologie de collecte : ces compteurs sont remplis directement par les structures, avec des fraîcheurs variables (jours à semaines). Un annuaire EHPAD de ce type reste utile en signal, jamais en réservation.
Les comparateurs avec conseiller (Cap Retraite, Retraite Plus) proposent un rappel rapide et gratuit pour vous. Ils sont rémunérés par l’établissement auprès duquel ils vous mettent en relation : leur périmètre est celui de leurs partenaires, qui ne couvre pas les 7 400 EHPAD. À utiliser en complément de l’annuaire officiel, jamais comme source unique. MonAgeDor pratique la même mise en relation rémunérée sur d’autres services : sachez-le en nous lisant.
Les 5 grandes familles de comparateurs EHPADCe que chacune apporte, et qui la finance
| Famille | Exemple | Force | Limite | Qui la finance |
|---|---|---|---|---|
| Annuaire officiel État | pour-les-personnes-agees.gouv.fr | Exhaustivité (7 400 EHPAD), comparateur prix officiel, reste à charge calculé | Pas de places en temps réel | Financement public ) |
| Annuaire places dispo | santeenfrance.fr, sanitaire-social.com | Compteur places affiché, alerte mail possible | Auto-déclaré par les établissements, fraîcheur variable (jours à semaines) | Publicité et abonnements |
| Comparateur avec conseiller | Cap Retraite, Retraite Plus | Conseiller gratuit, base 5 000+ EHPAD, disponibilités annoncées en temps réel | Le périmètre se limite aux établissements partenaires | Commission versée par l’établissement |
| Annuaire privé spécialisé | place-ehpad.fr | Cartographie interactive, fiches détaillées | Exhaustivité variable | Modèle non public |
| Site éditorial | MonAgeDor.fr, Bonjour Senior | Méthode et repères de prix, sans démarchage | Pas d’annuaire fonctionnel intégré | Mise en relation rémunérée sur d’autres services, c’est aussi notre cas |
Le comparateur prix officiel de la CNSA est indispensable pour objectiver le budget : les tarifs varient de 2 200 à 2 800 euros par mois en moyenne pour l’hébergement seul, hors dépendance et hors aides. Pour approfondir, consultez notre guide prix EHPAD 2026 et notre panorama des aides financières EHPAD (APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), ASH (Aide Sociale à l’Hébergement), APL (Aide Personnalisée au Logement), réduction d’impôt).
Places disponibles : comment savoir si une chambre se libère vraiment
« Place disponible » ne veut pas toujours dire « place pour vous ». Les compteurs des annuaires (411 sur sanitaire-social, 2 418 sur santeenfrance le même jour) sont auto-déclarés par les EHPAD avec une fraîcheur de quelques jours à plusieurs semaines. La méthode fiable : appeler directement les 5 à 10 EHPAD ciblés pour confirmer.
C’est une découverte fréquente pour les aidants qui commencent leurs recherches : le mot « place disponible EHPAD » ne signifie pas la même chose selon la source qui l’affiche. Un annuaire indique 2 418 établissements avec des places, un autre annonce 411 places libres à la même date. Aucun ne ment. Simplement, ils comptent des choses différentes.
Une « place disponible EHPAD » peut vouloir dire : chambre matériellement libre, chambre libérée cette semaine, chambre attribuable après passage en commission d’admission, ou chambre affichée en veille par précaution. Entre le moment où l’établissement saisit l’information et le moment où vous consultez, il peut s’écouler plusieurs jours. Certaines plateformes réactualisent chaque semaine, d’autres à la demande. Résultat : une place disponible EHPAD annoncée en ligne peut être déjà attribuée depuis 48 heures.
Pour lever ce doute, une seule méthode fonctionne vraiment : l’appel téléphonique direct à l’EHPAD ciblé. En cinq minutes, vous obtenez trois informations que l’annuaire ne vous donne pas : la place existe-t-elle vraiment, quand se libérera-t-elle, quelle est la longueur réelle de la liste d’attente. Répétée sur 5 à 10 EHPAD ciblés dans un rayon acceptable, cette méthode transforme radicalement votre taux de réussite.
Combien de temps avant d’avoir une place ? Délais réels par région
Les délais varient de 2 mois en Bretagne ou en Pays de la Loire à 18 mois dans Paris intra-muros. la majorité des seniors entrent en moins de 2 mois quand le dossier est bien préparé. Le facteur décisif n’est pas seulement la région, c’est le nombre de dossiers déposés en parallèle (5 minimum, 10 en zone tendue).
« Il faut anticiper un an, minimum » : cette phrase, vous l’avez peut-être déjà entendue chez un médecin ou dans une conversation de famille. Elle est vraie à Paris et dans les grandes métropoles tendues. Elle est fausse à l’échelle nationale. À l’échelle nationale, la majorité des seniors entrent en établissement en moins de deux mois, à condition que le dossier soit bien préparé et que plusieurs candidatures soient déposées en parallèle [À VÉRIFIER : ordre de grandeur admission < 2 mois à sourcer précisément].
Le paramètre géographique compte, mais moins qu’on ne l’imagine. Ce qui pèse vraiment, c’est le nombre de dossiers déposés en parallèle, le rayon accepté autour du domicile souhaité, et la qualité du dossier médical joint à la demande. Une famille qui dépose cinq dossiers ViaTrajectoire dans un rayon de 30 kilomètres réduit ses délais réels d’environ 40 %. Une famille qui n’en dépose qu’un seul, ciblé sur un unique EHPAD, peut attendre trois fois plus longtemps.
Délais d’attente EHPAD par régionSynthèse 2025-2026 : Maisons de Famille + Cap Retraite + masolutionsenior.fr
| Région | Délai courant | Pic observé |
|---|---|---|
| Île-de-France (hors Paris) | 6 à 12 mois | 15 mois |
| Paris intra-muros | 12 à 18 mois | 24 mois (XVIᵉ, VIIᵉ) |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 4 à 8 mois | 12 mois (Nice, Cannes) |
| Hauts-de-France | 3 à 6 mois | 9 mois |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 3 à 7 mois | 10 mois (Lyon, Annecy) |
| Nouvelle-Aquitaine | 4 à 9 mois | 12 mois (Bordeaux centre) |
| Bretagne | 2 à 5 mois | 7 mois |
Le délai d’attente EHPAD n’est donc pas une fatalité géographique. C’est une combinaison. Concrètement : à Bordeaux centre-ville en visant un seul EHPAD très demandé, vous pouvez attendre douze mois. À Bordeaux périphérie en visant cinq EHPAD dans un rayon de 20 kilomètres, vous serez souvent servi en trois à cinq mois. Le délai d’attente EHPAD réel dépend autant de votre stratégie de dépôt que de la région.
Trouver une place en EHPAD en urgence : sortie d’hôpital, perte d’autonomie brutale
Trois leviers pour un EHPAD sortie hôpital : (1) l’assistant social de l’hôpital, qui connaît les places de sortie d’hospitalisation, (2) l’hébergement temporaire d’urgence (HTU) jusqu’à 90 jours par an, qui sert de pont vers la place permanente, (3) l’accueil de jour ou la garde de nuit si le maintien à domicile reste possible quelques semaines.
Il existe une réalité brutale que la plupart des guides ne racontent pas : la moitié des entrées en établissement se décident dans l’urgence. Un AVC (Accident Vasculaire Cérébral), une chute avec fracture du col du fémur, une hospitalisation qui révèle une perte d’autonomie plus avancée que ce que la famille pensait, et soudain l’hôpital annonce : « nous ne pouvons plus garder votre mère au-delà de 72 heures ». Vous n’avez ni le temps ni le recul pour trouver une place en EHPAD en urgence dans les conditions idéales.
Trois leviers existent pour tenir dans cette situation, et il est capital de les connaître avant même d’en avoir besoin. Premier levier : l’assistant social hospitalier, qui a accès à des places dites « de sortie d’hospitalisation », parfois débloquées en 48 heures via les conventions inter-établissements. Deuxième levier : l’hébergement temporaire d’urgence (HTU), encadré par l’article D. 312-8 du Code de l’action sociale et des familles, qui autorise un accueil jusqu’à 90 jours par an dans une maison de retraite médicalisée. Ce dispositif est la solution la plus sous-utilisée en France. Il sert précisément de pont entre la sortie d’hôpital et la place permanente que vous cherchez.
Troisième levier, si le maintien à domicile reste envisageable quelques semaines : l’accueil de jour, la garde de nuit renforcée ou une aide-soignante à domicile de nuit. Ces solutions transitoires vous donnent le temps de trouver une place en EHPAD en urgence sans céder à la précipitation.
-
H+0 : alerter l’assistant social hospitalier
Si votre proche est hospitalisé, demandez un rendez-vous dans les 24 heures. L’équipe sociale connaît les places sortie d’hôpital prioritaires et les conventions inter-établissements.
24 h max -
H+24 : ouvrir le dossier ViaTrajectoire en mode urgent
Le volet médical peut être rempli par le médecin hospitalier directement. Cocher « demande urgente » change la priorité de traitement par les commissions d’admission.
24 à 48 h -
H+48 : contacter 10 EHPAD par téléphone
Cibler dans un rayon de 30 kilomètres autour du domicile ou de l’hôpital. Demander explicitement « place sortie d’hôpital » ou « hébergement temporaire d’urgence » (HTU).
48 à 72 h -
H+72 : envisager l’hébergement temporaire comme pont
L’HTU peut accueillir votre proche jusqu’à 90 jours par an. Le temps de trouver une place permanente sans pression et sans signer dans l’urgence.
pendant la recherche -
Pendant l’HTU : maintenir 5 candidatures actives
Ne pas se contenter de la première place trouvée. L’HTU vous donne le temps de comparer 5 EHPAD sereinement et de visiter physiquement avant de signer.
semaines 1 à 12
Pour aller plus loin sur cette solution transitoire, consultez notre guide dédié : hébergement temporaire personne âgée.
Visiter, comparer, choisir : la méthode en 4 étapes pour ne pas se tromper
Quatre étapes structurent le choix : (1) déposer 5 dossiers en parallèle via ViaTrajectoire, (2) visiter physiquement les 3 EHPAD ayant répondu positivement, (3) consulter les indicateurs qualité publics (Qualiscope HAS) et le dernier rapport d’évaluation, (4) prendre 48 heures de réflexion avant de signer le contrat de séjour.
Vous avez identifié vos interlocuteurs, ouvert votre dossier, compris les délais et les leviers d’urgence. Reste la partie la plus importante : choisir. Voici la méthode en quatre étapes que nous conseillons à toutes les familles qui veulent trouver un EHPAD de qualité sans se tromper.
Combien de dossiers déposer ? La règle des 5
Le consensus entre Service-Public, Cap Retraite et Maisons de Famille est net : 5 dossiers minimum en zone standard, 8 à 10 en zone tendue (Île-de-France, grandes métropoles). En dessous de 3 dossiers, vous vous exposez à des délais très longs sans plan B en cas de refus. ViaTrajectoire vous autorise jusqu’à 40 EHPAD par dossier : profitez-en pour ratisser large dans la zone géographique acceptable pour votre proche.
Anticipez idéalement 6 à 12 mois avant la date d’entrée souhaitée. En urgence, un dossier ViaTrajectoire coché « urgent » peut recevoir une première réponse en quelques semaines. Le facteur décisif reste le nombre de candidatures actives en parallèle, plus que la région ou la période de l’année.
Que regarder pendant la visite (10 points clés)
La visite est le seul moment où vous accédez à la réalité de l’établissement. Prévoyez au moins deux visites par EHPAD retenu, à des jours et heures différents (matin et fin de journée, ou week-end). Voici les dix points à observer sans faute :
- L’odeur dans les parties communes et les couloirs (indicateur d’hygiène et de rythme des soins).
- La présence effective du personnel dans les étages, pas seulement à l’accueil.
- La taille et la luminosité d’une chambre en EHPAD témoin.
- Les animations proposées cette semaine, affichées et vécues (pas seulement sur la plaquette).
- La propreté des sanitaires collectifs et des chambres visitées.
- L’ambiance dans les espaces communs : résidents en interaction, ou isolés ?
- Les repas : goûtez si possible, examinez le menu affiché, questionnez sur les régimes spéciaux.
- Le parking et l’accessibilité pour les visites familiales fréquentes.
- L’accueil de la direction : la disponibilité pour répondre à vos questions.
- Le rapport d’évaluation publié par la Haute Autorité de Santé (Qualiscope) et le dernier rapport d’inspection ARS (Agence Régionale de Santé).
La première visite est fréquemment vécue comme un choc : odeurs inhabituelles, silence, sentiment d’être dans un « mouroir ». L’association Aidons les Nôtres documente ce ressenti dans les témoignages recueillis sur son forum. C’est normal. La deuxième visite, dans un autre établissement, change souvent radicalement la perception. Ne prenez jamais votre décision après une seule visite.
Le dossier d’admission unique (Cerfa 14732*03)
Le dossier d’admission en établissement est standardisé nationalement : c’est le formulaire Cerfa 14732*03, encadré par l’arrêté du 14 juin 2012, d’environ dix pages. Il comporte deux volets : administratif (identité, ressources, protection juridique) rempli par la famille, et médical rempli et signé par le médecin traitant ou hospitalier. Ce dossier unique est envoyé via ViaTrajectoire à tous les EHPAD ciblés simultanément, principe de simplification introduit il y a une dizaine d’années pour éviter de remplir vingt dossiers différents.
Pour le détail des pièces à joindre et la marche à suivre étape par étape, consultez notre guide dossier admission EHPAD et la séquence complète des étapes admission EHPAD, de l’inscription à l’entrée effective.
Enfin, prenez 48 heures de réflexion avant de signer le contrat de séjour, même si l’établissement vous met la pression. La loi Bien Vieillir (avril 2024) et l’article L. 311-4-1 du Code de l’action sociale et des familles vous garantissent un délai de rétractation de 15 jours après signature. C’est votre filet de sécurité juridique.
FAQ – Trouver un EHPAD
Comment trouver un EHPAD près de chez moi rapidement ?
La méthode la plus rapide combine trois outils : l’annuaire officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr (filtre 50 km), un appel au CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) ou CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de votre commune (qui connaît les places locales en temps réel), et le dépôt simultané de 5 dossiers via ViaTrajectoire. En zone tendue (Île-de-France, grandes métropoles), prévoyez 10 candidatures et 6 à 12 mois d’anticipation. Le facteur décisif reste le nombre de dossiers actifs en parallèle, plus que la région.
Quel est le meilleur comparateur EHPAD en 2026 ?
Aucun comparateur unique ne couvre tout. L’annuaire officiel CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) reste la référence pour la liste exhaustive et le comparateur de prix. Les sites santeenfrance.fr et sanitaire-social.com affichent des places disponibles auto-déclarées à recouper par téléphone. Les comparateurs avec conseiller (Cap Retraite, Retraite Plus) sont gratuits pour vous et rémunérés par l’établissement partenaire. La combinaison la plus fiable : annuaire officiel plus appel direct aux EHPAD ciblés.
Comment trouver un EHPAD avec une place disponible immédiatement ?
Trois méthodes complémentaires. D’abord, consulter santeenfrance.fr ou sanitaire-social.com qui affichent des compteurs auto-déclarés : utiles comme signal, pas comme réservation. Ensuite, appeler directement 10 EHPAD ciblés pour confirmer les disponibilités réelles. Enfin, demander à l’assistant social de l’hôpital si votre proche est hospitalisé. Voir notre guide dédié : EHPAD avec place disponible.
Combien de temps faut-il pour trouver une place en EHPAD ?
Les délais varient de 2 mois en Bretagne à 18 mois à Paris intra-muros. À l’échelle nationale, la majorité des seniors entrent en EHPAD en moins de deux mois quand le dossier est bien préparé et que 5 candidatures sont déposées en parallèle. Anticipez idéalement 6 à 12 mois en amont. En urgence sortie d’hôpital, l’hébergement temporaire d’urgence peut servir de pont pendant que vous continuez la recherche.
Qui appeler en urgence pour trouver un EHPAD ?
Si votre proche est hospitalisé : l’assistant social de l’hôpital en premier (il connaît les places sortie d’hospitalisation). Sinon : le CLIC ou le CCAS de la commune du proche. En parallèle : ouvrir un dossier ViaTrajectoire en cochant « demande urgente », ce qui change la priorité de traitement par les commissions d’admission. L’hébergement temporaire d’urgence (HTU, 90 jours par an) sert de pont pendant la recherche d’une place permanente.
Ma mère ne veut pas entendre parler d’établissement, que faire ?
C’est l’une des situations les plus fréquentes et l’une des plus douloureuses pour l’aidant. Le déni ou le refus est un mécanisme de défense psychologique normal face à une perte d’autonomie ressentie comme humiliante. Le médecin traitant et le gériatre sont vos meilleurs alliés : ils peuvent aborder le sujet médicalement plutôt que familialement, ce qui désamorce souvent la résistance. Voir notre article dédié : placer un proche en EHPAD.
Pour aller plus loin, consultez notre guide EHPAD complet.
SOURCES15 références
- DREES : Études et Résultats n° 1351 (novembre 2025) : Les établissements d'hébergement pour personnes âgées en 2023
- DREES : enquête EHPA 2023 : 573 100 résidents EHPAD au 31 décembre 2023
- CNSA : annuaire officiel EHPAD et comparateur de prix sur pour-les-personnes-agees.gouv.fr
- Service-Public.gouv.fr : Demande d'admission en EHPAD (fiche R17461)
- Agence du Numérique en Santé : plateforme ViaTrajectoire (esante.gouv.fr)
- Code de l'action sociale et des familles : article D. 312-155-0 (âge d'admission)
- Code de l'action sociale et des familles : article L. 311-4-1 (délai de rétractation 15 jours)
- Article D. 312-8 du Code de l'action sociale et des familles (fondement de l'hébergement temporaire, Légifrance)
- Arrêté du 14 juin 2012 relatif au dossier unique d'admission en EHPAD (Cerfa 14732*03)
- Loi n° 2024-317 du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien vieillir et de l'autonomie
- Maisons de Famille : synthèse délais d'attente EHPAD 2025-2026
- Cap Retraite : analyse 2026 taux d'occupation et délais régionalisés
- Portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr : Préparer l'entrée en EHPAD
- Association Aidons les Nôtres : forum d'aidants familiaux (témoignages agrégés)
- Ma Boussole Aidants : accompagnement décision lieu de vie du parent âgé



