Fille aidante et son père âgé assis côte à côte dans un salon lumineux, devis d'appareil auditif posé sur la table.

Remboursement 100% SantéPar Paul Polyakov|Mis à jour le 18 septembre 2026

Appareil auditif classe 3 : pourquoi elle n’existe pas, et quoi choisir pour un parent

Sommaire

Vous avez un devis sous les yeux, ou vous sortez d’un rendez-vous où l’on vous a parlé d’un « niveau 3 ». L’appareil auditif de classe 3 n’existe pas. La France ne reconnaît que deux classes depuis l’arrêté du 14 novembre 2018 : la classe 1, intégralement remboursée dans le 100 % Santé si votre parent a une complémentaire santé responsable, et la classe 2, à prix libre.


La classe 3 existe-t-elle vraiment pour les appareils auditifs ?

En 30 secondes

Non. Il n’existe que deux classes d’aides auditives en France, la classe 1 et la classe 2. Aucun texte ne décrit un appareil auditif classe 3. Si ce mot a été prononcé devant vous, il désigne autre chose.

Un appareil auditif classe 3 n’existe dans aucun texte officiel français. Depuis l’arrêté du 14 novembre 2018, seules deux catégories d’aides auditives sont reconnues pour le remboursement : la classe 1 et la classe 2.

Vous n’avez pas mal compris. Vous n’avez pas mal entendu. Ce vocabulaire est réellement confus, et il l’est pour une raison précise : trois systèmes de classement différents utilisent des chiffres pour parler d’audition. Un seul décide de ce que vous payez.

Ce que dit exactement la réglementation

Le texte fondateur est l’arrêté de novembre 2018, entré en application au 1er janvier 2019. Il découpe les aides auditives en deux classes, et deux seulement.

La classe 1 regroupe les appareils dont le prix est plafonné. Elle constitue le panier du 100 % Santé, le dispositif qui garantit des appareils remboursés en totalité dès lors que votre parent a une complémentaire santé responsable ou la Complémentaire santé solidaire. La classe 2 regroupe les appareils à prix libre, moins bien couverts.

Il n’y a pas de troisième niveau. Pas de classe intermédiaire, pas de classe supérieure réservée aux appareils haut de gamme. Un appareil à 2 400 € reste un appareil de classe 2, exactement comme un appareil à 1 300 €.

Pourquoi ce chiffre 3 circule quand même

Il circule parce qu’il existe vraiment, mais ailleurs. Trois pistes expliquent presque toujours l’origine du malentendu.

La première : votre parent a connu l’ancien système, celui des classes A, B, C et D, supprimé en 2019. La deuxième : un catalogue de fabricant range ses modèles en niveaux 1, 2, 3 et 4. La troisième : le compte rendu du test d’audition mentionne un « 2e degré » ou un « degré 3 », et il parle de l’oreille, pas du matériel.

Aucune de ces trois pistes ne crée un appareil auditif classe 3. Elles créent une confusion, ce qui n’est pas la même chose. La section suivante démêle les trois, une par une.

D’où vient le « classe 3 » ? Les trois classements que l’on confond

En 30 secondes

Trois systèmes utilisent des chiffres : les anciennes classes A à D (supprimées), les classes de risque européennes du matériel médical, et les degrés de surdité qui mesurent l’audition. Un seul concerne le remboursement, et il compte deux classes.

Trois classements différents portent des chiffres ou des lettres, et c’est ce qui fabrique le « classe 3 ». Savoir lequel on vous a cité règle la question en une phrase.

Les trois classements que l’on confond avec la « classe 3 »

Trois classements distincts : anciennes classes A à D supprimées, classes de risque européennes, degrés de surdité. Vous avez entendu « classe 3 » ? Trois classements différents peuvent être en cause. 1 Anciennes classes A, B, C et D A B C D Supprimées depuis 2019. C’était l’ancien niveau de remboursement. Beaucoup de familles ont gardé ces mots. 2 Matériel médical (règles européennes) I IIa IIb III les aides auditives sont ici Mesure le risque du matériel, pas sa qualité sonore. Aucun lien avec ce que vous payez. 3 Degrés de surdité 21 dB 70 90 + légère · moyenne sévère · profonde C’est l’audition qui est classée, pas l’appareil. Un « 2e degré » parle de son oreille. Pour le remboursement, la France ne reconnaît que deux classes : classe 1 classe 2
Trois systèmes différents utilisent des chiffres : un seul concerne le remboursement, et il ne compte que deux classes.

Les anciennes classes A, B, C et D

Avant 2019, les aides auditives étaient rangées dans quatre classes, de A à D. Ce découpage datait de 2002 et n’avait jamais été révisé.

Il avait fini par ne plus rien vouloir dire. Plus de 90 % des ventes se concentraient dans la classe D, la dernière, celle qui regroupait les appareils les plus complets. Autrement dit, presque tout le monde achetait un appareil de classe D, et les classes A, B et C étaient devenues des cases vides.

Ces quatre classes sont abrogées. Mais beaucoup de personnes âgées ont gardé ce vocabulaire en tête, et un « j’avais un classe D » se transforme facilement en question sur un appareil auditif classe 3.

Les classes I, IIa, IIb et III des dispositifs médicaux

Deuxième piste, et elle est vicieuse : elle contient bien un chiffre 3. Le règlement européen sur le matériel médical classe tous les équipements selon leur niveau de risque, de la classe I à la classe III.

Une seringue, un pansement, un stimulateur cardiaque : chacun a sa case. Les aides auditives relèvent du dispositif médical de classe IIa, un classement européen qui mesure le niveau de risque du matériel, pas sa performance.

Retenez une chose : ce classement ne dit rien de la qualité sonore, rien du prix et rien du remboursement. Un appareil à 950 € et un appareil à 2 400 € sont tous les deux en classe IIa.

Les degrés de surdité : quand c’est l’oreille qui est classée

Troisième piste, la plus fréquente selon nous. Après un test d’audition, le compte rendu peut mentionner une « surdité moyenne de 1er degré » ou une surdité sévère de 2e degré.

Ici, ce n’est pas l’appareil qui est classé. C’est l’audition de votre parent. La grille historique répartit la perte en quatre familles, mesurées en décibels : légère de 21 à 40 dB, moyenne de 41 à 70 dB, sévère de 71 à 90 dB, profonde au-delà de 90 dB. Les familles moyenne et sévère se divisent chacune en deux degrés.

Un professionnel qui dit « on est sur un deuxième degré » parle donc de l’oreille. Si la conversation glisse ensuite sur le matériel, le chiffre suit tout seul dans la tête, et le classe 3 naît là.

Vous avez entendu « classe 3 » ? Voici les trois classements possibles

Ce que vous avez entenduLe vrai classementCe qu’il mesure
« classe 3 », « classe D »Anciennes classes A à DL’ancien niveau de remboursement, supprimé depuis 2019
« classe IIa », « classe III »Matériel médical, règles européennesLe niveau de risque du matériel, pas sa performance
« 2e degré », « degré 3 »Degrés de surditéL’audition de votre parent, pas l’appareil
Trois classements portent des chiffres, mais un seul décide de ce que vous payez.

Classe 1 ou classe 2 : quelle différence concrète pour votre parent ?

En 30 secondes

La classe 1 a un prix plafonné et un reste à payer nul. La classe 2 est à prix libre. Les deux ont 4 ans de garantie et 30 jours d’essai. Les grandes marques fabriquent dans les deux classes.

La classe 1 n’est pas un appareil au rabais : c’est un appareil dont l’État fixe à la fois un prix maximum et un niveau technique minimum. C’est la différence que les catalogues ne mettent jamais en avant.

Ce que la loi impose à tout appareil de classe 1

Six exigences s’appliquent à tous les appareils du 100 % Santé, quelle que soit la marque et quel que soit le magasin.

Un prix qui ne peut pas être dépassé

Le prix est plafonné à 950 € par oreille. Aucun professionnel ne peut facturer plus.

Au moins 12 canaux de réglage

L’appareil doit offrir au moins 12 canaux de réglage, avec une dérogation possible à 8.

Au moins 3 options obligatoires

Trois options minimum, choisies dans une liste fixée par la réglementation.

Quatre ans de garantie

Garantie du fabricant de 4 ans, identique à celle de la classe 2.

Trente jours d’essai

Au moins 30 jours d’essai avant l’achat, avec au moins deux séances de réglage.

Les réglages et le suivi compris

Les rendez-vous de réglage et le suivi dans le temps sont inclus dans le prix.

Un appareil de classe 1 n’est pas un appareil au rabais : six exigences minimales s’imposent à tous les fabricants.

Ce que la classe 2 apporte en plus

La classe 2 n’ajoute pas une technologie interdite à la classe 1. Elle ajoute du confort de traitement du son, surtout dans les situations difficiles.

Concrètement, cela se joue sur trois terrains. Davantage de canaux de réglage selon les modèles, ce qui affine la restitution. Une réduction du bruit plus fine, utile au restaurant ou dans un repas de famille bruyant. Des automatismes plus nombreux, qui adaptent l’appareil sans que votre parent touche à quoi que ce soit.

Ces apports sont réels. Ils ne sont pas toujours nécessaires, et c’est tout l’objet de la section sur le mode de vie.

Les marques : les mêmes sur les deux classes

Gros plan sur un petit appareil auditif contour d'oreille discret porté par une femme âgée aux cheveux blancs.

C’est le point que l’on vous dira rarement : les grands fabricants proposent des modèles dans les deux classes. Phonak, Oticon, Signia, ReSound, Widex, Starkey ont tous une gamme 100 % Santé.

Chercher « le meilleur appareil auditif classe 1 » revient donc à chercher la bonne marque et le bon modèle, pas une sous-catégorie. Le petit boîtier qui se place derrière l’oreille existe en classe 1. Celui qui se glisse dans l’oreille, plus discret, existe aussi en classe 1, même si les modèles les plus miniaturisés se concentrent souvent en classe 2.

Classe 1 et classe 2 : ce qui change vraiment

CritèreClasse 1Classe 2
PrixPlafonné à 950 € par oreilleLibre
Reste à payer0 € avec une mutuelle responsableVariable selon le contrat
Canaux de réglage12 minimum, dérogation possible à 8Davantage selon les modèles
Options obligatoires3 minimum dans la liste réglementaire6 minimum dans la liste A, plus 1 dans la liste B
Garantie4 ans4 ans
Essai avant achat30 jours minimum30 jours minimum
Les différences portent sur le prix et le nombre de réglages, pas sur la garantie ni sur le droit d’essayer.

Combien ça coûte, et que reste-t-il vraiment à payer ?

En 30 secondes

En classe 1, le prix est plafonné à 950 € par oreille et le reste à payer est nul avec une mutuelle responsable. En classe 2, la mutuelle intervient dans la limite de 1 700 € par oreille, tous régimes confondus.

C’est ici que se joue la vraie question, celle du remboursement d’un appareil auditif pour une personne âgée. Voici les cinq éléments qui composent le prix d’un appareil de classe 1.

Classes reconnues

Ce que prévoit la réglementation française

2 classes

La classe 1 et la classe 2. Il n’y en a pas de troisième.

Prix maximum

Pour un appareil de classe 1, par oreille

950 €

Prix plafonné par oreille chez tous les professionnels.

Reste à payer

Classe 1 avec une mutuelle responsable

0 €

Vous ne payez rien : la Sécu et la mutuelle couvrent tout.

Garantie

Sur les deux classes, sans distinction

4 ans

Garantie du fabricant, et 30 jours d’essai avant d’acheter.

Quatre chiffres suffisent à cadrer la décision : deux classes, un prix plafonné, rien à payer en classe 1, quatre ans de garantie.

Le calcul exact pour un appareil de classe 1

Le prix d’un appareil auditif de classe 1 ne peut pas dépasser 950 € par oreille pour un adulte de plus de vingt ans. Ce plafond monte à 1 400 € par oreille pour les moins de vingt ans et pour les personnes atteintes de cécité associée à leur déficience auditive.

L’Assurance Maladie part d’un montant de référence de 400 € par oreille et rembourse 60 % de ce montant, soit 240 € par oreille.

Le reste, c’est la mutuelle qui le prend en charge. Si votre parent a un contrat dit responsable, et c’est le cas de la très grande majorité des contrats, elle doit couvrir la totalité du solde, soit 710 € par oreille. Votre parent ne paie rien.

Sans complémentaire santé, en revanche, ces 710 € par oreille restent à sa charge, soit 1 420 € pour un appareillage des deux oreilles. C’est la seule situation où un appareil de classe 1 n’est pas gratuit.

À partir du 1er janvier 2027, la part versée par l’Assurance Maladie baissera : le décret du 21 août 2026 relève le ticket modérateur des dispositifs médicaux dans une fourchette de 50 à 60 %, ce qui ramènera cette part entre 200 € et 160 € par oreille selon le taux finalement retenu, encore inconnu à ce jour. Le reste à payer en classe 1 restera nul avec une complémentaire responsable : c’est elle qui prendra la différence.

Pour un appareil de classe 2, ce que la mutuelle peut couvrir

Le prix d’un appareil auditif de classe 2 est libre. Il tourne le plus souvent entre 1 300 € et 2 400 € par oreille.

L’Assurance Maladie verse exactement la même chose qu’en classe 1 : 240 € par oreille. Le montant de référence ne change pas d’une classe à l’autre.

La mutuelle intervient ensuite, mais dans une limite précise : 1 700 € par oreille, Assurance Maladie incluse. Tout ce qui dépasse ce plafond reste à votre charge. Un appareil facturé 2 400 € laisse donc au minimum 700 € à payer par oreille.

Si votre parent a la Complémentaire santé solidaire

La Complémentaire santé solidaire, la mutuelle gratuite ou presque réservée aux revenus modestes, ouvre des plafonds encore plus protecteurs.

Pour un adulte, le prix d’un appareil de classe 1 ne peut pas dépasser 800 € par oreille. Ce plafond est de 1 400 € pour les moins de vingt ans et les personnes sourdes et aveugles.

Dans ce cadre, le reste à payer est nul. Si un professionnel vous présente un devis avec une somme à régler, quelque chose ne va pas dans ce devis.

Compris dans le prix

  • Tous les rendez-vous de réglage
  • Le suivi dans le temps
  • La garantie de 4 ans du fabricant
  • L’essai de 30 jours avant l’achat
  • Un forfait de piles chaque année, de 3 à 10 paquets de 6

À votre charge

  • Les piles au-delà du forfait annuel
  • Les embouts fabriqués sur mesure
  • L’assurance perte ou vol
  • Les accessoires de confort, micro déporté ou chargeur de voyage

Quatre situations chiffrées

Prenons quatre situations. Les prénoms sont fictifs, les chiffres ne le sont pas.

Mme R., 82 ans, vit seule et possède une mutuelle responsable classique. Elle s’équipe des deux oreilles en classe 1, au prix plafond de 950 € l’unité, soit 1 900 €.
L’Assurance Maladie verse 240 € par oreille.
La mutuelle prend le solde en totalité, soit 710 € par oreille.
Reste à payer : 0 €.

M. L., 76 ans, va souvent au restaurant avec ses petits-enfants. Il choisit deux appareils de classe 2 facturés 1 900 € l’unité, et sa mutuelle est bonne.
L’Assurance Maladie verse 240 € par oreille.
La mutuelle couvre jusqu’à 1 700 € par oreille, Assurance Maladie comprise.
Reste à payer : environ 400 € au total.

M. B., 79 ans, bénéficie de la Complémentaire santé solidaire et s’équipe en classe 1. Le prix est alors plafonné à 800 € par oreille.
Le dispositif prend l’ensemble en charge.
Reste à payer : 0 €.

Mme D., 84 ans, n’appareille qu’une oreille, en classe 2, sur un devis à 2 400 €. Sa mutuelle est d’entrée de gamme.
Le plafond de 1 700 € est dépassé de 700 €.
Reste à payer : au moins 700 €, parfois davantage si le contrat couvre moins bien.
Le réflexe à avoir dans son cas : demander le devis comparatif classe 1 et classe 2. Le professionnel est tenu de le fournir.

« Niveau 3 » chez l’audioprothésiste : ce qu’il veut dire

En 30 secondes

Un « niveau 3 » désigne presque toujours un niveau de gamme dans le catalogue d’un fabricant, pas une classe réglementaire. Les gammes vont souvent du niveau 1 au niveau 5. Aucun de ces niveaux n’est un appareil auditif classe 3.

Quand un professionnel parle de « niveau 3 », il parle du catalogue de son fournisseur, pas de la réglementation. C’est de loin l’explication la plus fréquente du fameux appareil auditif classe 3.

Classe et niveau de gamme : deux mots pour deux choses

Chaque fabricant décline une même technologie en plusieurs niveaux de gamme. Un modèle existe ainsi en version d’entrée, en version intermédiaire et en version haut de gamme, avec des noms de niveaux qui vont couramment de 1 à 5.

Ces niveaux sont commerciaux. Ils appartiennent à la marque et ils changent d’une marque à l’autre. Le niveau 3 de l’une n’est pas le niveau 3 de l’autre.

La classe, elle, est réglementaire. Elle ne dépend d’aucun fabricant. Un appareil haut de gamme relève de la classe 2, un appareil d’entrée de gamme relève souvent de la classe 1, et voilà comment un niveau de gamme se transforme en classe 3 dans une conversation rapide.

Comment demander clairement en rendez-vous

Vous n’avez pas à maîtriser ce vocabulaire. Vous avez trois phrases à poser, et elles suffisent.

  • « Cet appareil, il est en classe 1 ou en classe 2 ? » La réponse doit être immédiate et sans hésitation.
  • « Est-ce qu’il existe un équivalent 100 % Santé chez la même marque ? » La réponse est presque toujours oui.
  • « Qu’est-ce que je perds concrètement si je prends le classe 1 ? » Exigez des exemples de situations, pas des noms de technologies.

Si l’on vous répond en niveaux de gamme alors que vous avez demandé une classe, reposez la question. Ce n’est ni de la méfiance ni de l’impolitesse : c’est ce qui détermine ce que vous allez payer.

Comment savoir si l’appareil de votre parent est en classe 1 ou en classe 2 ?

En 30 secondes

Le devis mentionne obligatoirement la classe de chaque appareil, oreille par oreille. Si vous n’avez plus le devis, le professionnel qui a vendu l’appareil peut vous le redonner, et le relevé de remboursement porte la trace du montant versé.

Aidante de soixante ans lisant le devis d'appareil auditif de son père âgé, à la table de la cuisine.

Cette question arrive souvent au pire moment : la mutuelle demande la classe de l’équipement, et personne dans la famille ne sait où la trouver. Voici comment lire un devis d’audioprothésiste en quatre étapes.

  1. Repérez le devis normalisé

    Tout professionnel doit remettre un devis conforme à un modèle officiel, avant l’achat. Il présente obligatoirement une proposition de classe 1 à côté de la proposition retenue.

  2. Cherchez la mention de la classe

    La classe est écrite en toutes lettres pour chaque oreille. Elle n’est pas cachée dans une note de bas de page.

  3. Vérifiez le prix, oreille par oreille

    Un prix strictement égal ou inférieur à 950 € par oreille indique un appareil de classe 1. Au-delà, vous êtes en classe 2.

  4. Regardez le code officiel de l’appareil

    Chaque appareil porte un code à sept chiffres, celui de la liste officielle des équipements remboursés. Il figure sur le devis et sur la facture, et votre mutuelle sait le lire.

Sur le devis : où regarder en priorité

Deux lignes règlent la question dans presque tous les cas : la ligne « classe » et la ligne « prix de vente » de chaque oreille. Le reste du document sert au remboursement, pas à votre décision.

Un détail compte, et beaucoup de familles le ratent : les deux oreilles peuvent relever de classes différentes. Le devis les traite séparément, et il faut donc lire les deux blocs.

Si vous n’avez plus le devis

Appelez le magasin où l’appareil a été acheté. Le professionnel conserve le dossier et peut rééditer le document.

Le relevé de remboursement de l’Assurance Maladie donne un autre indice. Si votre parent bénéficie du 100 % Santé, le décompte ne laisse aucune somme à sa charge. Enfin, la boîte d’origine et le carnet de suivi portent le nom du modèle, qui permet au professionnel d’identifier la classe en quelques secondes.

Classe 1 ou classe 2 : comment choisir selon la vie de votre parent ?

En 30 secondes

Pas SEULEMENT une question de budget : AUSSI une question de mode de vie. Un parent qui vit calmement chez lui est très bien servi par la classe 1. Les repas bruyants et les sorties fréquentes justifient d’essayer la classe 2.

Dans la majorité des situations du quotidien, la classe 1 mérite d’être essayée en premier. Nous ne vendons pas d’appareil, nous pouvons donc l’écrire.

Quand la classe 1 suffit largement

Elle suffit quand l’environnement sonore est calme la plupart du temps. Un parent qui vit seul, regarde la télévision, reçoit peu et téléphone à quelques proches n’a pas besoin des automatismes les plus poussés.

Elle suffit aussi quand la perte d’audition est légère ou moyenne. Et elle suffit souvent lors d’un premier appareillage : l’oreille et le cerveau doivent se réhabituer aux sons, et cette période d’adaptation se passe très bien avec un appareil de classe 1.

Quand la classe 2 se justifie vraiment

Elle se justifie quand la vie sociale est dense et bruyante. Les repas de famille, le restaurant, les réunions associatives, le club de cartes : ce sont les situations où le son se brouille dans le bruit, et où le traitement plus fin de la classe 2 se ressent.

Elle se justifie aussi quand un essai de classe 1 s’est révélé insuffisant dans ces moments précis. C’est le bon ordre : essayer, constater, puis monter. Pas l’inverse.

Le droit d’essayer les deux

C’est le levier le plus puissant de tout ce dossier, et le moins connu. L’essai gratuit de 30 jours minimum est un droit, sur les deux classes, avec au moins deux séances de réglage. Il peut être prolongé jusqu’à 45 jours sur prescription.

Rien n’empêche donc de commencer par la classe 1 et d’essayer la classe 2 ensuite si la première ne convient pas. Rien n’oblige non plus à garder un appareil qui ne fonctionne pas bien pour votre parent.

Quel niveau selon la vie de votre parent

La vie de votre parentClasse 1Classe 2
Vit seul, regarde la télé, peu de sorties suffit non nécessaire
Repas de famille, restaurant, réunions à essayer d’abord utile si l’essai ne suffit pas
Téléphone beaucoup, veut la connexion sans fil possible, option réglementaire plus complet
Mains qui tremblent, veut du rechargeable existe en classe 1 existe aussi
Dans la plupart des situations du quotidien, la classe 1 mérite d’être essayée la première.

Et s’il refuse de le porter ? Le sujet dont personne ne parle

En 30 secondes

Le refus est fréquent et il a des raisons. La perte d’audition s’installe lentement, sans douleur, et le cerveau compense. Parler sécurité et mémoire mobilise davantage que parler confort.

Une phrase revient sans cesse chez les aidants : « elle disait qu’elle entendait très bien ». Vous n’êtes pas seul à buter dessus.

Pourquoi il dit qu’il entend très bien

Parce qu’il le croit. La presbyacousie, la baisse d’audition liée à l’âge, s’installe sur des années. Elle ne fait pas mal. Elle ne se voit pas.

Le cerveau compense sans prévenir : il lit sur les lèvres, il devine la fin des phrases, il évite les lieux bruyants. Votre parent ne ment pas quand il affirme qu’il entend. Il ne mesure simplement pas ce qu’il a perdu.

Beaucoup décrivent la même scène : le parent qui plonge le nez dans son assiette pendant les repas de famille. Il n’est pas fatigué, il n’est pas de mauvaise humeur. Il a renoncé à suivre.

Père âgé en retrait pendant un repas de famille animé, son fils se penche vers lui pour lui parler doucement.

Deux leviers fonctionnent mieux que l’argument du confort. Le premier est la sécurité : ne pas distinguer la sonnerie du téléphone de l’alarme d’un détecteur de fumée est un danger réel, à domicile comme ailleurs. Le second est l’essai, qui n’engage à rien. Proposer trente jours de test est beaucoup plus facile à accepter qu’un achat.

Ce que l’on sait du lien entre audition et mémoire

Une étude publiée en 2023 dans The Lancet a suivi pendant trois ans des personnes âgées à risque. Chez celles qui portaient un appareil, le déclin des capacités cognitives a été réduit de près de moitié.

La perte d’audition est aujourd’hui considérée comme le premier facteur de risque de démence sur lequel on peut agir. C’est une nuance importante, et nous la tenons : appareiller réduit un facteur de risque. Cela ne protège pas d’une maladie, et personne ne peut le promettre.

L’explication avancée est simple à comprendre. Une oreille qui n’entend plus fait travailler le cerveau en permanence pour reconstituer ce qui manque, et la personne finit par s’isoler. C’est cet isolement qui pèse.

Et vous, dans tout ça

Vous nous écrivez souvent : « je suis sa fille, et moi aussi je souffre de cette dégradation ». Cette fatigue-là est normale. Elle ne fait pas de vous un mauvais enfant.

Répéter trois fois la même phrase au téléphone, hausser la voix sans arrêt, voir un parent décrocher d’une conversation de famille : c’est épuisant, et il est légitime de le dire. Vous avez le droit d’être fatigué par ça.

Une dernière chose, et elle compte. Vous ne pouvez pas décider à la place de votre parent s’il a toute sa tête. Vous pouvez poser le cadre, prendre le rendez-vous, lire le devis avec lui et rappeler que l’essai ne coûte rien. La décision lui appartient, et le fait qu’il dise non aujourd’hui ne veut pas dire qu’il dira non dans six mois.

FAQ – Appareil auditif classe 3

Existe-t-il un appareil auditif de classe 3 ?

Non. L’appareil auditif de classe 3 n’existe pas. La réglementation française ne reconnaît que deux classes depuis l’arrêté du 14 novembre 2018 : la classe 1, intégralement remboursée dans le 100 % Santé avec une complémentaire santé responsable, et la classe 2, à prix libre. Si vous avez entendu « classe 3 », il s’agit d’un autre classement.

Quelles sont les classes d’appareils auditifs en France ?

Il en existe deux. La classe 1 regroupe les appareils au prix plafonné à 950 € par oreille, sans reste à payer avec une mutuelle responsable. La classe 2 regroupe les appareils à prix libre, remboursés par la mutuelle dans la limite de 1 700 € par oreille. Les anciennes classes A à D sont supprimées depuis 2019.

Un appareil auditif de classe 1 est-il vraiment gratuit ?

Oui, à condition d’avoir une complémentaire santé responsable ou la Complémentaire santé solidaire. L’Assurance Maladie verse 240 € par oreille et la complémentaire prend les 710 € restants en charge. Sans complémentaire, il reste environ 710 € par oreille. Restent aussi à sa charge les piles au-delà du forfait annuel, les embouts sur mesure et l’assurance perte ou vol.

Peut-on passer d’un appareil auditif de classe 1 à un appareil de classe 2 ?

Oui. Pendant les 30 jours d’essai, il suffit de le demander au professionnel, sans rien payer. Après l’achat, le remboursement n’est renouvelable qu’au bout de 4 ans par oreille. Un changement avant cette échéance reste possible, mais il sera à votre charge.

Peut-on avoir une oreille en classe 1 et l’autre en classe 2 ?

Oui, c’est autorisé. Le devis traite chaque oreille séparément, et le remboursement se calcule oreille par oreille. Cette solution reste toutefois rare : les deux appareils travaillent ensemble, et un réglage déséquilibré peut gêner la compréhension dans le bruit. Demandez l’avis du professionnel.

Peut-on rendre l’appareil pendant les 30 jours d’essai sans rien payer ?

Oui. L’essai de 30 jours minimum est gratuit et sans engagement, sur les deux classes, avec au moins deux séances de réglage. Il peut être prolongé jusqu’à 45 jours sur prescription. Si votre parent rend l’appareil pendant cette période, aucune somme ne lui est demandée.

Au bout de combien de temps peut-on changer d’appareil auditif ?

Le remboursement d’un nouvel appareil est possible tous les 4 ans, par oreille. Ce délai court à partir de la date d’achat figurant sur la facture. La garantie du fabricant couvre exactement la même durée, ce qui permet de faire réparer l’appareil sans frais pendant toute la période.

Les appareils auditifs sont-ils des dispositifs médicaux de classe IIa ?

Oui. Au titre des règles européennes sur le matériel médical, les aides auditives relèvent de la classe IIa. Ce classement mesure le niveau de risque du matériel, pas sa performance ni son prix. Il n’a aucun lien avec la classe 1 ou la classe 2 du remboursement, et il ne crée pas d’appareil auditif classe 3.

SOURCES8 références
  1. Légifrance, arrêté du 14 novembre 2018, article 1er : deux classes d'aides auditives, canaux de réglage, options, garantie et essai — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000037615115
  2. Légifrance, arrêté du 14 novembre 2018 portant modification des conditions de prise en charge des aides auditives — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037615111
  3. Assurance Maladie, prothèses auditives : prix limites, montant de référence, remboursement et renouvellement — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/soins-protheses-dentaires-optique-audition/protheses-auditives
  4. Légifrance, dispositions relatives aux dispositifs médicaux (règlement européen 2017/745), classes de risque I à III — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045614779
  5. Autorité de la concurrence, document de consultation sur le secteur de l'audioprothèse : anciennes classes A à D et part de la classe D — https://www.autoritedelaconcurrence.fr/sites/default/files/doc_consultation_audioprotheses_juill16.pdf
  6. BIAP, recommandation 02/1 bis : classification audiométrique des déficiences auditives — https://www.biap.org/en/component/content/article/65-recommendations/ct-2-classification/5-biap-recommendation-021-bis
  7. Ouïe Magazine, nouvelle classification BIAP des seuils audiométriques publiée en septembre 2026 (source média) — https://www.ouiemagazine.net/2026/09/07/classification-biap-seuils-audiometriques-2026/
  8. Fondation Pour l'Audition, étude ACHIEVE (The Lancet, 2023) : appareillage et déclin cognitif chez les seniors à risque — https://www.fondationpourlaudition.org/prevenir-le-declin-cognitif-chez-les-personnes-agees-1147

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