Aidante familiale relisant le contrat de séjour EHPAD avec son père âgé au bureau de l'administration

AdmissionPar Paul Polyakov|Mis à jour le 26 septembre 2026

Contrat de séjour EHPAD : ce que dit la loi

Sommaire

Vous tenez ce contrat de séjour entre vos mains. Douze pages, des annexes tarifaires, des clauses qui parlent de résiliation, de dépôt de garantie, de préavis. Vous hésitez à signer pour votre parent. Cette inquiétude est légitime, et la loi vous protège plus que vous ne le croyez. Voici, clause par clause, ce que vous avez le droit d’exiger, de refuser, et de négocier avant de signer.


Le contrat de séjour, qu’est-ce que c’est exactement ?

En 30 secondes

Le contrat de séjour est le document juridique qui encadre toute la relation entre votre parent et l’EHPAD. Il est obligatoire pour tout séjour supérieur à 2 mois consécutifs par an (CASF article L311-4). En dessous, c’est un DIPC (Document Individuel de Prise en Charge) plus léger.

Un contrat de séjour n’est pas un simple formulaire. C’est un acte juridique qui engage deux parties : votre parent (ou son représentant légal) d’un côté, l’EHPAD de l’autre. Il fixe les conditions d’hébergement, les tarifs, les prestations, les modalités de modification et de sortie.

La loi qui le rend obligatoire est l’article L311-4 du Code de l’action sociale et des familles (CASF). Sans signature, l’établissement engage sa responsabilité.

Contrat de séjour ou DIPC : quelle différence ?

Le DIPC est la version allégée du contrat de séjour. Il s’applique aux séjours courts (accueil de jour, hébergement temporaire, accueil d’urgence) et contient moins de clauses, mais reste un document opposable.

Contrat de séjour ou DIPC Lequel vous concerne ?

CritèreContrat de séjourDIPC
Durée séjourPlus de 2 mois consécutifs/anMoins de 2 mois (court séjour, accueil de jour)
Cadre légalCASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) L311-4CASF D311
Annexe tarifaireObligatoire (hébergement, dépendance, soins)Tarif journalier simplifié
Rétractation15 jours après signatureNon applicable
RésiliationPréavis 1 mois maximumAu jour le jour
Si votre parent entre en EHPAD pour une durée indéterminée ou supérieure à 2 mois, c’est obligatoirement un contrat de séjour qu’il faut signer.

Qui signe le contrat ?

Trois situations possibles selon l’état de votre parent :

  1. Votre parent en pleine capacité juridique signe lui-même. C’est la situation la plus simple.
  2. Votre parent sous tutelle ou curatelle renforcée : c’est le tuteur ou le curateur qui signe, après autorisation du juge des tutelles si nécessaire.
  3. Votre parent avec habilitation familiale (mesure de protection plus souple créée en 2016) : la personne habilitée signe au nom du parent.

La personne de confiance n’a pas le pouvoir de signer à la place du résident. Elle l’assiste et le conseille, mais la signature reste l’acte du résident ou de son représentant légal.

Aidante familiale et son parent âgé relisant ensemble les clauses du contrat de séjour dans un salon commun d'EHPAD
Relire chaque clause à deux, avant de signer.

Quel est le délai pour signer le contrat de séjour ?

En 30 secondes

La loi vous laisse 15 jours après la signature OU l’admission (la date la plus tardive) pour vous rétracter, et le contrat doit vous être remis dans les 15 jours qui suivent l’admission puis signé dans le mois (CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) article D. 311). Vous pouvez aussi signer avant l’entrée, ce qui est recommandé pour avoir le temps de relire à tête reposée.

L’article D. 311 du CASF impose la remise du contrat de séjour dans les 15 jours qui suivent l’admission et sa signature dans le mois. L’article L. 311-4-1 ouvre en outre un délai de rétractation de 15 jours court à compter de la signature ou de l’admission, la date la plus tardive étant retenue. Ce délai existe pour vous protéger : il vous laisse le temps de lire chaque clause sans la pression de l’urgence.

Notre conseil pratique : demandez le projet de contrat 10 à 15 jours avant l’entrée. Vous aurez le temps de le relire, de noter vos questions, de vérifier l’annexe tarifaire et d’arriver le jour J avec une signature préparée plutôt que subie.

Mains d'une personne âgée tenant un stylo au-dessus d'une page blanche, prête à signer le contrat de séjour EHPAD
Prendre le temps de signer, sans pression, dans le délai légal.

Signature par un résident en perte d’autonomie

Si votre parent n’est pas en capacité de signer (troubles cognitifs avancés), aucun document ne doit être signé en son nom sans cadre juridique. Quatre solutions existent :

  • Tuteur désigné par le juge des contentieux de la protection
  • Curateur en curatelle renforcée
  • Personne habilitée par habilitation familiale
  • Mandataire désigné dans un mandat de protection future activé

Sans ces protections, c’est à vous de saisir le juge en urgence. Pour le contexte complet, consultez notre guide admission EHPAD.


Quelles sont les clauses obligatoires du contrat ?

En 30 secondes

Le contrat de séjour doit comporter les mentions minimales fixées par l’article D. 311 du CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles), que cette grille de 10 points reprend et complète : identité des parties, durée, conditions d’admission, tarifs, facturation, résiliation, modification, règlement de fonctionnement, projet personnalisé, liste des prestations.

Voici la grille complète pour relire le contrat avant signature. Cochez chaque clause au fur et à mesure. Si l’une manque ou reste vague, demandez une réécriture à l’EHPAD avant de signer.

Les 10 mentions obligatoires Mentions minimales : CASF article D. 311

ClauseCe que dit la loiÀ vérifier avant signature
Identité des partiesNom, prénom, adresse du résident et de l’EHPADReprésentant légal mentionné nommément
Durée du contratDurée déterminée ou indéterminéePrivilégier la durée indéterminée (plus protectrice)
Conditions d’admissionCritères médicaux et administratifsCohérence avec le dossier d’admission
Tarifs (annexe)Hébergement, dépendance, soins détaillésAnnexe tarifaire jointe, datée et signée
Conditions de facturationDélais de paiement, modes acceptésPas d’avance supérieure à 30 jours
Conditions de résiliationPréavis, motifs limitatifs côté EHPADPréavis 1 mois maximum pour le résident
Conditions de modificationNotification 3 mois avant changement tarifPas de clause de modification unilatérale
Règlement de fonctionnementAnnexé au contrat, opposableLu et paraphé séparément
Projet personnalisé d’accompagnementPPA construit dans les 6 moisMention d’une rencontre prévue
Liste des prestationsSocle obligatoire + options facturablesTéléphone, blanchisserie, coiffeur listés à part
Cochez chaque clause pendant la lecture. Une mention manquante peut justifier de demander une réécriture avant signature.

Le projet personnalisé d’accompagnement (PPA)

C’est la clause que beaucoup oublient de vérifier. Le PPA est un document construit avec votre parent et l’équipe soignante dans les 6 mois suivant l’admission. Il définit ses préférences quotidiennes (lever, repas, activités, visites), ses objectifs de soin et ses besoins d’accompagnement.

Le contrat doit mentionner explicitement qu’une rencontre PPA sera organisée. Si cette mention manque, votre parent risque de se retrouver dans une routine standardisée plutôt que personnalisée.


Que contient l’annexe tarifaire ?

En 30 secondes

L’annexe tarifaire est la partie financière du contrat de séjour. Elle distingue obligatoirement 3 sections (CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) articles R. 314-158 et suivants) : hébergement, dépendance par GIR, soins (pris en charge par l’Assurance Maladie). Vérifiez que les trois apparaissent clairement et séparément.

L’annexe tarifaire est le document le plus important à lire avant signature. C’est elle qui détermine ce que votre parent paiera, et ce que vous, aidants, devrez peut-être cofinancer.

Les 3 sections obligatoires

  1. Tarif hébergement : restauration, blanchissage du linge plat, animation socle, mise à disposition de la chambre. Part principale, à la charge du résident (ou de la famille via obligation alimentaire enfants si besoin).
  2. Tarif dépendance : varie selon le GIR (Groupe Iso-Ressources). Une partie est prise en charge par l’APA en EHPAD, l’autre par le résident sous forme de ticket modérateur.
  3. Tarif soins : intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie via une dotation versée à l’EHPAD. Ne figure jamais sur la facture du résident.

Hébergement habilité ASH (Aide Sociale à l’Hébergement)

2 164 €

par mois 2024)

Ticket dépendance

~6 €/j

obligatoire GIR 5-6

Dépôt de garantie

30 jours

max légal hébergement

Indexation annuelle des tarifs

Les tarifs hébergement et dépendance peuvent être revus chaque année. Pour les EHPAD habilités à l’aide sociale, le tarif hébergement est fixé chaque année par arrêté du président du conseil départemental. Pour les non habilités, elle est encadrée par un indice national publié chaque année par arrêté ministériel.

Toute augmentation doit vous être notifiée 3 mois avant son entrée en vigueur. Sans préavis, vous pouvez la contester par lettre recommandée et saisir le CVS (Conseil de Vie Sociale).

Prestations annexes facturables

L’annexe liste aussi les prestations facturées en supplément : téléphone privé, blanchisserie du linge personnel marqué, coiffeur, pédicure, transports médicaux non remboursés. Demandez la liste détaillée avec les prix pratiqués : c’est de cette ligne que viennent les factures inattendues.

Pour le détail des prix et des aides mobilisables, consultez notre article prix mensuel EHPAD et notre guide ASH aide sociale hébergement.


Peut-on se rétracter ou résilier le contrat ?

En 30 secondes

Oui. Vous disposez de 15 jours après la signature ou l’admission, la date la plus tardive étant retenue, pour vous rétracter sans pénalité (CASF L. 311-4-1). Au-delà, le résident peut résilier à tout moment avec préavis d’1 mois maximum. L’EHPAD, lui, ne peut résilier que pour 3 motifs limitatifs.

C’est l’une des sections les plus rassurantes du contrat de séjour, et pourtant la moins lue. La loi vous protège à trois niveaux : rétractation, résiliation libre côté résident, motifs limités côté EHPAD.

Le droit de rétractation : 15 jours

L’article L. 311-4-1 du CASF vous donne 15 jours à compter de la signature ou de l’admission (la date la plus tardive étant retenue) pour revenir en arrière, sans justification et sans pénalité financière. Le résident (ou son représentant) envoie une lettre recommandée à l’EHPAD : le contrat est annulé, le dépôt de garantie restitué.

Ce droit existe pour les situations que vous redoutez : un parent qui ne s’adapte pas, un établissement inadapté, un changement de circonstances familiales.

Résiliation par le résident : à tout moment

Au-delà des 15 jours, le résident (ou son représentant légal) peut résilier le contrat de séjour à tout moment, sans motif. Le préavis maximum est d’1 mois. Le contrat ne peut pas en imposer un plus long.

L’article L. 311-4-1 prévoit également un délai de réflexion : dans les 48 heures qui suivent la notification de la résiliation, le résident peut retirer sa décision. Utile si la décision a été prise dans l’urgence ou sous la pression.

La résiliation se fait par lettre recommandée avec accusé de réception. Voici un modèle à adapter :

Résiliation par l’EHPAD : 3 motifs limitatifs uniquement

L’EHPAD ne peut pas mettre fin au contrat comme il le souhaite. La loi (CASF L. 311-4-1 III, modifié par la loi Bien Vieillir 2024-317) limite les motifs à 3 cas précis :

Les 3 motifs limitatifs de résiliation CASF article L. 311-4-1 III

MotifConditions
Manquement grave ou répété aux obligations contractuellesInexécution d’une obligation du contrat (dont le défaut de paiement) ou manquement grave ou répété au règlement de fonctionnement, sauf si un avis médical constate que le manquement résulte de l’altération des facultés de la personne accueillie
Cessation totale d’activité de l’établissementFermeture définitive, retrait d’autorisation, liquidation. Recherche obligatoire d’une solution de réorientation
Inadaptation de l’état de santé du résident aux prestations fourniesL’état de santé nécessite durablement des équipements ou des soins non disponibles dans l’établissement, et le gestionnaire s’est assuré que la personne dispose d’une solution d’accueil adaptée
Toute résiliation par l’EHPAD doit reposer sur l’un de ces trois motifs, avec un préavis d’un mois (CASF D. 311-0-3), pour permettre au résident de trouver une autre solution.

Hors ces 3 cas, toute résiliation par l’EHPAD est abusive et contestable. Le défaut de paiement et le non-respect du règlement de fonctionnement sont désormais tous deux englobés dans le premier motif : le texte ne prévoit plus de procédure spécifique de mise en demeure, mais il exclut la résiliation lorsqu’un avis médical constate que le manquement résulte de l’altération des facultés de la personne. Conservez systématiquement les courriers échangés.


Dépôt de garantie, caution : les pièges à éviter

En 30 secondes

Le dépôt de garantie est limité à 30 jours de tarif hébergement et restitué 30 jours après le départ. Aucun texte n’interdit en revanche à l’établissement de demander en plus un engagement de caution solidaire à un proche : vous pouvez refuser de le signer, mais un établissement non habilité à l’aide sociale peut alors refuser l’admission.

C’est la zone du contrat de séjour où les abus sont les plus fréquents. Certains établissements glissent des clauses qui ne sont pas autorisées par la loi.

Le dépôt de garantie

Encadré par l’article L. 311-4-1 II bis du CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) (issu de la loi Bien Vieillir 2024-317), le dépôt de garantie ne peut pas dépasser 30 jours de tarif hébergement, soit environ 2 160 € pour une chambre habilitée à l’aide sociale (prix CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) 2024 : 2 164 €/mois ; 3 128 €/mois en chambre non habilitée). Il doit être restitué dans les 30 jours suivant le départ.

Si l’EHPAD retient une partie au titre de réparations ou d’impayés, il doit fournir un état détaillé écrit. Sans justification, la totalité doit être restituée.

L’engagement de garantie complémentaire d’un proche

L’article L. 311-4-1 II bis du CASF, issu de la loi Bien Vieillir 2024-317, se borne à renvoyer à un décret les règles du dépôt de garantie (art. R. 314-149 du CASF). Il n’interdit pas l’engagement de caution solidaire d’un proche (engagement d’un enfant ou d’un conjoint à payer en cas de défaillance), que certains établissements demandent en plus du dépôt.

Vous pouvez refuser de signer un tel engagement, mais un établissement non habilité à l’aide sociale peut alors refuser l’admission : mieux vaut en faire un point de négociation avant l’entrée. L’obligation alimentaire des enfants (Code civil) existe par ailleurs, mais ne peut pas être intégrée au contrat de séjour.

La clause résolutoire abusive

Certains contrats contiennent une clause résolutoire de rupture automatique en cas d’impayé, sans mise en demeure préalable. Cette clause est contestable : l’EHPAD ne peut résilier que dans l’un des trois cas de l’article L. 311-4-1 III, avec un préavis d’un mois (CASF D. 311-0-3), et aucune rupture automatique de plein droit n’est prévue par la loi. Si vous la repérez, demandez sa suppression avant signature.


Que faire en cas de litige sur le contrat ?

En 30 secondes

Quatre recours possibles, dans cet ordre : le CVS (Conseil de la Vie Sociale) en premier, puis le médiateur du secteur médico-social, puis le Défenseur des Droits, et en dernier recours le juge judiciaire. La prescription pour contester un contrat est de 5 ans.

Un litige sur le contrat de séjour (clause non respectée, tarif contesté, restitution du dépôt) se règle d’abord en interne. La voie judiciaire est le dernier recours, longue et coûteuse. Quatre étapes à suivre.

  1. Étape 1, Saisir le CVS

    Le Conseil de la Vie Sociale est l’instance interne de premier recours (CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) L311-6). Il réunit résidents, familles et direction. Adressez votre réclamation écrite à son président ou via la boîte aux lettres prévue à cet effet.

    Délai de réponse 30 jours
  2. Étape 2, Médiateur consommateur

    Si le CVS n’aboutit pas, le médiateur du secteur médico-social peut être saisi gratuitement par écrit. Ses coordonnées doivent figurer dans le contrat et le règlement de fonctionnement.

    Délai instruction 90 jours
  3. Étape 3, Défenseur des Droits

    Pour les atteintes graves aux droits du résident (dignité, intimité, maltraitance), le Défenseur des Droits peut être saisi en ligne via son formulaire dédié.

    Délai variable
  4. Étape 4, Juge judiciaire

    Recours ultime devant le tribunal judiciaire pour litige contractuel. La prescription est de 5 ans à compter de la connaissance du fait litigieux.

    Délai 6 à 18 mois

Conservez systématiquement toutes les pièces écrites (contrat signé, factures, courriers, comptes rendus du CVS). Sans traces écrites, votre dossier perd en force juridique.


Évolutions récentes : ce que change la loi Bien Vieillir

En 30 secondes

La loi du 8 avril 2024, dite loi Bien Vieillir, renforce les droits des résidents en EHPAD. Trois nouveautés majeures touchent le contrat de séjour : mention obligatoire des conditions d’accueil des animaux de compagnie, transparence tarifaire renforcée, droit à la vie privée et à l’intimité réaffirmé.

La loi Bien Vieillir est entrée en vigueur progressivement entre 2024 et 2025. Trois apports concrets pour votre lecture du contrat :

  1. Animaux de compagnie : depuis l’arrêté du 3 mars 2025 (pris en application de l’art. L. 311-9-1 CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles)), le règlement de fonctionnement (annexé au contrat de séjour) doit préciser les conditions d’accueil des animaux (taille, espèces, vaccinations, frais éventuels). Les chiens des catégories 1 et 2 restent exclus. Si votre parent veut emmener son chat ou son chien, cette clause est opposable.
  2. Transparence tarifaire : l’EHPAD doit publier ses tarifs sur son site internet et les afficher à l’entrée. Toute modification non communiquée 3 mois à l’avance est contestable.
  3. Droit à la vie privée : la loi rappelle le droit du résident à recevoir des visites sans limitation horaire excessive, à fermer sa porte, à recevoir du courrier non ouvert. Si le règlement contredit ce principe, c’est la loi qui prime.

Pour le processus admission complet, consultez notre guide admission EHPAD. Pour les démarches préalables, voir notre satellite démarches admission EHPAD.


FAQ – Contrat de séjour EHPAD

Qui doit signer le contrat de séjour en EHPAD ?

Le contrat de séjour est signé par le résident s’il est en pleine capacité juridique. Sous tutelle ou curatelle renforcée, c’est le tuteur ou curateur. Sous habilitation familiale, la personne habilitée. La personne de confiance assiste et conseille mais ne peut pas signer à la place du résident.

Quel est le délai pour signer après l’entrée ?

L’article D. 311 du CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) impose la remise du contrat dans les 15 jours suivant l’admission et sa signature dans le mois ; l’article L. 311-4-1 ouvre un délai de rétractation de 15 jours à compter de la signature ou de l’admission, la date la plus tardive étant retenue. Vous pouvez signer avant l’entrée (recommandé) pour vous donner le temps de relire. Si l’EHPAD vous demande de signer dès l’arrivée, vous avez le droit de prendre votre temps.

Peut-on refuser une clause du contrat ?

Oui. Le contrat de séjour est un contrat négocié, pas un contrat d’adhésion. Si une clause vous paraît abusive (clause résolutoire sans mise en demeure, caution cumulée avec dépôt, modification tarifaire unilatérale), vous pouvez en demander la suppression ou la réécriture par écrit avant signature.

Comment résilier un contrat de séjour EHPAD ?

Le résident peut résilier à tout moment, par lettre recommandée, avec préavis maximum d’1 mois (CASF L. 311-4-1). Aucun motif à donner. Un délai supplémentaire de 48 heures après notification permet au résident de retirer sa décision. Pendant les 15 premiers jours suivant la signature ou l’admission (la date la plus tardive), c’est le droit de rétractation sans préavis ni pénalité. La restitution du dépôt intervient dans les 30 jours suivant le départ.

Quelle est la différence entre contrat de séjour et DIPC ?

Le contrat de séjour s’applique aux séjours de plus de 2 mois par an. Le DIPC (Document Individuel de Prise en Charge) est sa version allégée pour les séjours courts : accueil de jour, hébergement temporaire, accueil d’urgence. Pour un séjour de durée indéterminée, c’est obligatoirement un contrat de séjour.

L’EHPAD peut-il modifier le contrat unilatéralement ?

Non. Toute modification (tarif, prestation, règlement) doit être notifiée par écrit 3 mois avant son entrée en vigueur. En cas de désaccord, vous pouvez résilier le contrat avec préavis d’un mois sans pénalité. Une clause prévoyant une modification unilatérale automatique est abusive et nulle.

Peut-on récupérer le dépôt de garantie ?

Oui. Le dépôt de garantie, plafonné à 30 jours de tarif hébergement (soit environ 2 160 € pour une chambre habilitée à l’aide sociale, prix CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) 2024), doit être restitué dans les 30 jours suivant le départ effectif. Si l’EHPAD retient une partie, il doit fournir un état détaillé écrit. À défaut de justification, la totalité est due.

Le contrat doit-il mentionner les animaux de compagnie ?

Oui indirectement, depuis l’arrêté du 3 mars 2025 pris en application de la loi Bien Vieillir (art. L. 311-9-1 CASF). Le règlement de fonctionnement annexé au contrat de séjour doit préciser si l’EHPAD accepte les animaux et dans quelles conditions (taille, espèces, vaccinations, frais éventuels, chiens catégories 1 et 2 exclus). Si la mention manque et que votre parent souhaite emmener son animal, demandez l’ajout de la clause avant signature.

SOURCES8 références
  1. Code de l'action sociale et des familles, article L. 311-4 (obligation du contrat de séjour) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074069/LEGISCTA000006190476/
  2. Code de l'action sociale et des familles, article L. 311-4-1 (rétractation, résiliation, dépôt de garantie, motifs limitatifs — modifié loi Bien Vieillir 2024-317) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049392118/
  3. Code de l'action sociale et des familles, article L. 311-6 (Conseil de la Vie Sociale) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074069/LEGISCTA000006190099/
  4. Code de l'action sociale et des familles, articles D. 311 et R. 311-35 à R. 311-37 (contenu minimum du contrat de séjour) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074069/LEGISCTA000029271879/
  5. Service-public.fr, fiche F763 contrat de séjour en EHPAD — https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F763
  6. Pour-les-personnes-agees.gouv.fr (CNSA), Le contrat de séjour en établissement — https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-dans-un-ehpad/droits-en-ehpad
  7. Loi n°2024-317 du 8 avril 2024 dite loi Bien Vieillir — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049391825
  8. CNSA, Repères statistiques n°27 (avril 2026), prix EHPAD 2024 — https://www.cnsa.fr/publications/rs-ndeg-27en-2024-un-ecart-moyen-de-1-000-euros-par-mois-entre-les-chambres-habilitees

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