Sommaire
Vous répétez trois fois la même phrase à table. Il vous répond que vous marmonnez. Vous montez le son de la télévision sans y penser, et vous commencez à vous demander si ce n’est pas son audition qui baisse. Voici les 10 signes que les familles repèrent en premier, et ce que vous pouvez en faire.
Quels sont les premiers signes de la perte auditive ?
Les premiers signes sont discrets : votre proche fait répéter, monte la télévision, comprend mal les voix aiguës et décroche dès qu’il y a du bruit autour. La gêne apparaît d’abord en groupe, presque jamais en tête-à-tête.
Une perte auditive commence par les sons aigus et par la gêne dans le bruit, bien avant le tête-à-tête.
Les huit observations qui reviennent le plus souvent dans les familles :
- Il fait répéter plusieurs fois par conversation.
- Il entend votre voix mais répond à côté.
- Le volume de la télévision gêne tout le monde sauf lui.
- Les voix aiguës lui échappent.
- Dans le bruit, il cesse de participer.
- Le téléphone devient un effort.
- Il se plaint de sifflements dans les oreilles.
- Le soir, il est épuisé sans raison apparente.
Il entend, mais il ne comprend pas les mots
C’est le symptôme le plus déroutant, et celui que les familles décrivent le mieux. Votre parent réagit quand vous l’appelez. Il tourne la tête. Puis il répond à côté du sujet.
L’oreille laisse encore passer le volume sonore, mais plus les détails qui distinguent un mot d’un autre. « Poisson » et « poison » deviennent le même son. Votre proche entend qu’on lui parle, il ne sait plus ce qu’on lui dit.
Les aigus partent en premier : voix de femmes, voix d’enfants
Une perte auditive liée à l’âge n’efface pas tous les sons en même temps. Elle grignote d’abord les fréquences élevées.
Concrètement : il suit très bien votre père au téléphone, et beaucoup moins bien sa petite-fille de huit ans. Il n’entend plus les oiseaux au jardin, ni le minuteur du four, ni la sonnerie du micro-ondes. Les consonnes qui portent le sens (s, f, ch, t) sont justement des sons aigus.
Sifflements et bourdonnements : que disent les acouphènes ?
Un ACOUPHÈNE : un sifflement ou un bourdonnement entendu alors qu’aucun bruit extérieur n’existe. Il peut être continu ou aller et venir, dans une oreille ou dans les deux.
Les acouphènes accompagnent très souvent une baisse de l’audition, et ils sont fréquemment le premier symptôme dont votre proche parlera spontanément. Plus rarement, il supporte mal les bruits ordinaires : c’est l’HYPERACOUSIE, quand le moindre son devient agressif. Les deux justifient un avis médical.
Il fait répéter, plusieurs fois
Deux ou trois « pardon ? » par conversation, surtout quand vous lui parlez depuis une autre pièce.
Il entend, mais ne comprend pas
Il réagit à votre voix, puis répond à côté. Les sons arrivent, les mots non.
La télévision monte, et remonte
Le volume gêne tout le monde sauf lui. C’est souvent le premier signe que les voisins remarquent.
Les voix aiguës s’effacent
Les voix de femmes, celles des petits-enfants, le chant des oiseaux : ce sont les aigus qui partent en premier.
Dès qu’il y a du bruit, il décroche
Au restaurant ou en famille, il ne suit plus. Le cerveau ne parvient plus à trier la voix du fond sonore.
Le téléphone devient un effort
Il écourte les appels, ou vous demande d’appeler quelqu’un d’autre à sa place. Sans le visage, il n’a plus d’appui.
Des sifflements que lui seul entend
Un bourdonnement continu, plus fort le soir. Ces acouphènes accompagnent très souvent une baisse d’audition.
Le soir, il est épuisé
Comprendre lui demande un effort permanent. Cette fatigue d’écoute est invisible, et c’est elle qui l’éloigne des repas de famille.
En France, la déficience auditive touche bien plus de monde qu’on ne le croit.
1 sur 4
Un adulte sur quatre est concerné par une forme de déficience auditive, selon l’Inserm ; 4 % des adultes présentent une déficience auditive invalidante.
L’Assurance Maladie recommande un questionnaire de dépistage de la gêne auditive.
dès 60 ans
Le questionnaire HHIE-S est recommandé à partir de 60 ans, même sans plainte de la personne.
Un premier repère gratuit, à faire ensemble sur un smartphone.
3 minutes
Le test Höra de la Fondation Pour l’Audition dure trois minutes. Il oriente, il ne remplace pas un audiogramme.
Le prix maximal qu’un audioprothésiste peut facturer pour un appareil de classe I.
950 €
950 € par oreille au maximum, base de remboursement 400 € : le reste à charge est de 0 € depuis le 100 % Santé.
Pourquoi voyez-vous la baisse avant votre proche ?
Parce que la baisse s’installe sur des années et que le cerveau compense en silence. Votre proche ne ressent aucune rupture, alors que vous, de l’extérieur, vous mesurez l’écart avec ce qu’il était il y a deux ans.
Une perte auditive progresse trop lentement pour être ressentie par celui qui la vit : c’est presque toujours l’entourage qui la repère en premier.
Ce que vous remarquez, vous, et qu’il ne remarque pas
Vous avez un point de comparaison qu’il n’a pas. Vous savez comment il répondait au téléphone avant, combien de fois il faisait répéter l’an dernier, à quel volume la télévision était réglée.
Lui vit chaque journée à la suite de la précédente. La marche est trop petite pour être sentie. Il compense sans le savoir : il regarde les lèvres, il devine la fin des phrases, il choisit sa place à table. Ces stratégies marchent si bien qu’elles masquent le problème pendant des années.
« Tu marmonnes » : le déni est un réflexe, pas de la mauvaise foi
« C’est toi qui parles mal, je ne suis pas sourd. » Vous avez peut-être déjà entendu cette phrase, mot pour mot.
De son point de vue, elle est sincère. Il entend un son, donc son oreille fonctionne ; si le mot n’arrive pas, c’est que l’autre articule mal. Ce raisonnement est une conséquence directe du trouble, pas un caprice.
Et votre agacement à devoir répéter vingt fois par jour n’est pas un manque de patience. C’est une fatigue normale, que presque toutes les familles concernées traversent.
Repérer les signes chez une personne qui parle peu ou vit en établissement
Chez une personne discrète, ou qui vit en maison de retraite, les repères changent. Elle ne se plaindra de rien.
Regardez plutôt les comportements : elle ne participe plus aux animations, elle répond « oui » à tout, elle s’installe systématiquement dos à la fenêtre pour voir les visages. Si votre proche est en établissement, l’équipe soignante peut signaler une perte auditive au médecin coordonnateur.
Dans quel ordre les signes apparaissent-ils ?
Presque toujours dans le même ordre : les sons aigus d’abord, puis la gêne dans le bruit, puis le téléphone, puis les repas de famille, et enfin le retrait. Situer l’étape aide à savoir s’il faut agir cette semaine ou ce mois-ci.
Les signes d’une perte auditive suivent une progression régulière, en cinq étapes, étalée sur plusieurs années.
Dans quel ordre les signes apparaissent
La fatigue de fin de journée : un effort d’écoute que personne ne voit
Quand une partie du message manque, le cerveau reconstitue le reste. Ce travail de reconstruction tourne en continu, du matin au soir.
C’est ce qu’on appelle la fatigue auditive : votre proche n’a rien fait de physique, et il est vidé à 18 heures. Il coupe la conversation, il monte se coucher tôt, il devient irritable en fin de repas. Cette fatigue est un symptôme, pas un trait de caractère.
Quand il ne vient plus aux repas de famille
Vous avez peut-être déjà vu votre père plonger le nez dans son assiette pendant un repas de famille, souriant, muet, présent sans être là.
Quand comprendre coûte trop cher, on cesse d’essayer. Les invitations se déclinent, les appels s’espacent. Une perte auditive non prise en charge est associée à un risque accru d’isolement et de repli, même si elle n’en est pas la cause unique. C’est souvent ce recul social, plus que l’oreille elle-même, qui décide enfin la famille à agir. Notre article sur l’isolement des personnes âgées prolonge ce point.
Est-ce la perte auditive ou la mémoire qui flanche ?
Une oreille qui baisse et une mémoire qui s’altère ne se ressemblent que de loin. Si votre proche comprend parfaitement dès que vous êtes face à lui, au calme, l’audition est la piste la plus probable.
Une perte auditive non corrigée peut imiter un trouble cognitif : la personne répond à côté, perd le fil, semble absente.
Plutôt l’audition
- Il répond à côté, mais se corrige dès que vous répétez en face de lui.
- Il suit très bien en tête-à-tête, et décroche dès qu’il y a du bruit.
- Il retrouve ses mots, ses dates et ses souvenirs sans hésiter.
- Il lit vos lèvres sans s’en rendre compte, et vous demande de vous tourner vers lui.
À faire évaluer par un médecin
- Il n’entend pas mieux quand vous êtes face à lui, au calme.
- Il oublie la conversation elle-même, pas seulement les mots entendus.
- Il se perd dans un trajet ou un geste qu’il faisait tous les jours.
- Les difficultés sont apparues vite, en quelques semaines.
Quatre situations qui font la différence
Cette grille oriente, elle ne diagnostique pas. Seul un médecin établit un diagnostic, et lui seul peut faire la part des choses.
Un point compte plus que tous les autres : faites l’essai dans le silence, assis en face de votre proche, en articulant normalement. S’il comprend tout dans ces conditions, le problème vient de l’oreille. S’il ne comprend pas mieux, parlez-en au médecin traitant.
Ce que dit la recherche sur audition et démence
Il faut être prudent, parce que le sujet circule beaucoup et souvent mal. La perte auditive figure parmi les 14 facteurs de risque modifiables de démence identifiés par la Commission Lancet en 2024. Environ 45 % des cas de démence seraient potentiellement évitables en agissant sur l’ensemble de ces facteurs, pas sur l’audition seule.
Deux choses à en retenir. Corriger une baisse d’audition n’est pas un traitement préventif de la démence. Mais une audition non corrigée fausse une évaluation mémoire, et peut faire conclure à un trouble cognitif qui n’existe pas. Si un bilan mémoire est envisagé, faites tester l’audition avant. Les premiers signes d’Alzheimer sont, eux, d’une autre nature.
Quand mal entendre devient un risque à la maison
Tant qu’il s’agit de faire répéter, c’est un inconfort. Quand votre proche n’entend plus son détecteur de fumée, sa sonnette ou son téléphone, c’est un enjeu de sécurité, et cela change le calendrier.
Six alertes sonores ne passent plus quand la perte auditive atteint les sons aigus : détecteur de fumée, minuteur de cuisson, sonnette, téléphone, alarme de four et interphone.
Détecteur de fumée, sonnette, téléphone : les alertes qu’il n’entend plus
Cette peur-là revient souvent chez les familles : le téléphone confondu avec l’alarme, la casserole oubliée sur le feu.
Alors voici quoi faire cette semaine, sans attendre le moindre rendez-vous. Déclenchez le test du détecteur de fumée pendant qu’il est dans une autre pièce, et regardez s’il réagit. Faites sonner son téléphone fixe. Appuyez sur la sonnette. Ces trois essais prennent dix minutes et vous donnent une réponse claire.
Situation composite, construite à partir de cas fréquents :
Mme Denise, 81 ans, vit seule dans son appartement.
Elle n’a pas réagi au test de son détecteur de fumée, déclenché par sa fille depuis le couloir.
Son audiogramme a montré une perte de 55 dB, soit une surdité moyenne.
Un détecteur à flash lumineux a été installé dans les jours suivants, en attendant l’appareillage.
Les équipements simples avant l’appareillage
Plusieurs solutions existent, peu coûteuses, et elles ne remplacent pas un appareil auditif : elles sécurisent l’intervalle.
Un détecteur de fumée à flash lumineux ou à vibreur alerte sans passer par l’oreille. Un téléphone amplifié, avec sonnerie renforcée et lumineuse, règle le problème des appels manqués. Une boucle magnétique transmet le son directement dans un appareil auditif, dans les salles équipées. Une sonnette lumineuse complète l’ensemble à l’entrée.
Dans quels cas faut-il consulter en urgence ?
Une audition qui chute brutalement d’un seul côté, en quelques heures ou quelques jours, impose un avis ORL en urgence. Dans tous les autres cas, une consultation programmée chez le médecin traitant suffit pour commencer.
Une baisse d’audition brutale et unilatérale est une urgence médicale : elle se voit dans les 48 à 72 heures, pas la semaine suivante.
Une baisse brutale : un ORL sous 48 à 72 heures
L’ORL est le médecin spécialiste de l’oreille, du nez et de la gorge. C’est lui qui prend en charge ces situations.
Le repère est simple : si votre proche peut dater la baisse au jour près, il faut consulter sans attendre. Une perte auditive liée à l’âge, elle, ne se date jamais précisément.
Situation composite, construite à partir de cas fréquents :
M. Robert, 68 ans, se réveille un matin avec l’oreille droite comme bouchée.
Un acouphène aigu est apparu en même temps, du même côté.
Il a été reçu par un ORL sous 48 heures, sur orientation de son médecin traitant.
Et si c’était un simple bouchon de cérumen ?
C’est la bonne nouvelle possible, et elle est fréquente. Un bouchon de cérumen bouche le conduit et fait chuter l’audition, parfois en quelques jours.
La sensation est caractéristique : oreille pleine, sons comme dans du coton, souvent d’un seul côté. Le médecin traitant le voit en quelques secondes avec son otoscope, et le retire au cabinet. Cette cause-là est totalement réversible. Ne tentez jamais de le retirer avec un coton-tige, qui l’enfonce davantage.
Comment vérifier ce que vous observez ?
Trois outils, du plus simple au plus fiable : une grille d’observation que vous remplissez vous-même, un questionnaire de dépistage recommandé dès 60 ans, et un test auditif complet chez un professionnel.
Un test en ligne ou une grille d’observation orientent la décision ; seul un audiogramme réalisé chez un ORL établit un diagnostic de perte auditive.
10 signes à cocher pour un proche
| N° | Ce que vous observez chez votre proche | À cocher |
|---|---|---|
| 1 | Il vous fait répéter au moins une fois par conversation. | |
| 2 | Il entend votre voix mais répond à côté du sujet. | |
| 3 | Le volume de la télévision gêne les autres personnes de la pièce. | |
| 4 | Il n’entend pas quand vous lui parlez depuis une autre pièce. | |
| 5 | Il comprend mal les voix aiguës : femmes, enfants, petits-enfants. | |
| 6 | Au restaurant ou en famille, il cesse de participer. | |
| 7 | Il évite le téléphone ou écourte systématiquement les appels. | |
| 8 | Il se plaint de sifflements ou de bourdonnements dans les oreilles. | |
| 9 | Il n’a pas réagi à la sonnette, au micro-ondes ou à une alarme. | |
| 10 | Il décline des invitations qu’il acceptait volontiers il y a deux ans. |
Le questionnaire de dépistage recommandé dès 60 ans
Le HHIE-S : un questionnaire court de dépistage de la gêne auditive, que l’Assurance Maladie recommande dès 60 ans, même sans plainte exprimée.
Sa particularité est qu’il n’interroge pas l’oreille, mais la gêne au quotidien. Il se remplit par la personne elle-même, ce qui le rend peu utile quand votre proche minimise tout. C’est exactement pour cela que la grille ci-dessus existe : elle est faite pour être remplie par vous.
Situation composite, construite à partir de cas fréquents :
M. Alain, 74 ans, fait surtout répéter en fin de repas, quand tout le monde parle.
Sa fille coche six cases sur la grille et l’emporte chez le médecin traitant.
L’audiogramme révèle une perte de 38 dB aux deux oreilles, soit une surdité légère.
Il est appareillé en classe I, avec 0 € à sa charge.
Tests en ligne et applications : ce qu’ils valent, ce qu’ils ne valent pas
Le test Höra, proposé par la Fondation Pour l’Audition, dure 3 minutes et se fait depuis un smartphone. Il mesure la compréhension de chiffres dans le bruit.
Son intérêt est réel : c’est un prétexte doux, à faire ensemble, et un résultat écrit fait souvent plus d’effet qu’une remarque de votre part. Sa limite l’est tout autant : sans calibrage du matériel, aucun test à domicile ne mesure une perte en décibels. Il oriente vers une consultation, il ne la remplace pas.
Types et degrés de perte auditive : de quoi parle-t-on ?
On classe une perte auditive selon son degré, en décibels, et selon son mécanisme. Ces deux informations figurent sur le compte rendu de l’ORL et déterminent ce qu’il est possible de faire.
Une perte auditive se mesure en décibels et se répartit en quatre degrés : légère, moyenne, sévère et profonde.
Les quatre degrés de perte auditive
| N° | Degré | Perte en dB | Ce que votre proche n’entend plus |
|---|---|---|---|
| 1 | Légère | 21 à 40 dB | La parole reste comprise au calme, mais tout se brouille dès qu’il y a du bruit ou plusieurs voix. |
| 2 | Moyenne | 41 à 70 dB | Il faut parler fort et de face. C’est le stade où la famille commence vraiment à s’inquiéter. |
| 3 | Sévère | 71 à 90 dB | Seule une voix très forte, tout près de l’oreille, passe encore. La sonnette et le téléphone sont perdus. |
| 4 | Profonde | plus de 90 dB | La parole n’est plus perçue sans aide technique. La lecture labiale prend le relais. |
La presbyacousie, la baisse d’audition liée à l’âge
La PRESBYACOUSIE : la baisse d’audition qui vient avec l’âge, progressive et indolore. Elle débute généralement vers 50 ans et s’installe sur des décennies.
C’est de loin la cause la plus fréquente de perte auditive chez une personne âgée. Elle touche les deux oreilles de façon assez symétrique, commence par les aigus, et n’entraîne ni douleur ni vertige. Notre article sur la presbyacousie : symptômes et évolution détaille son évolution année après année.
Perception ou transmission : pourquoi la distinction change tout
Deux mécanismes très différents se cachent derrière un même symptôme.
Dans une surdité de transmission, le son est bloqué avant d’atteindre l’oreille interne : bouchon, infection, tympan abîmé. Elle se corrige souvent par un traitement médical ou une intervention. Dans une surdité de perception, l’oreille interne elle-même est atteinte : c’est le cas de la presbyacousie, et la solution passe par l’appareillage. L’enjeu n’est donc pas théorique : l’une se soigne, l’autre se compense.
Lire un audiogramme : les deux lignes à regarder
L’AUDIOGRAMME : le graphique du test d’audition, qui montre ce que l’oreille n’entend plus.
Deux courbes y figurent, une par oreille. Plus elles descendent, plus la perte est importante. Regardez surtout la partie droite du graphique, celle des sons aigus : c’est là que la presbyacousie se voit en premier. Le reste de la lecture, nous l’expliquons dans notre guide pour lire un audiogramme.
Comment lui en parler sans que ça finisse en dispute ?
En parlant de vous, pas de son oreille. Un moment calme, à deux, un angle concret comme le téléphone ou la télévision, et une proposition d’y aller ensemble : c’est ce qui fonctionne le mieux.
Aborder une perte auditive de front produit presque toujours un refus ; partir de la gêne que vous ressentez, vous, ouvre la conversation.
Ce qui ouvre la conversation
- « Je me rends compte que je parle trop bas, ça me fatigue de répéter. »
- Choisir un moment calme, à deux, jamais devant toute la famille.
- Parler du téléphone ou de la télévision, pas de son oreille.
- Proposer d’y aller ensemble, comme pour les yeux ou les dents.
- Laisser passer quelques jours, puis revenir une seconde fois.
Ce qui la ferme
- « Tu es sourd, il faut te faire appareiller. »
- Aborder le sujet en plein repas de famille, devant les petits-enfants.
- Hausser le ton pour prouver qu’il n’entend pas.
- Prendre le rendez-vous à sa place, sans le prévenir.
- Revenir sur le sujet chaque fois qu’il fait répéter.
Le bon moment, le bon angle
Parlez de ce que vous vivez : la fatigue de répéter, la crainte de ne pas être entendue en cas de problème. Personne ne peut contester ce que vous ressentez, alors que tout le monde peut contester un diagnostic posé par sa fille.
Attendez-vous à un premier refus, et acceptez-le. Revenir une deuxième fois, quelques jours plus tard, marche mieux qu’insister le jour même.
Quand c’est le stigmate qui bloque
En France, environ 55 % des personnes qui déclarent une perte auditive sont aujourd’hui appareillées (EuroTrak France 2025), et beaucoup de celles qui ne le sont pas estiment que leur perte n’est pas assez importante pour justifier un appareil.
Derrière ce chiffre, il y a rarement de la négligence. Il y a la peur d’avoir l’air vieux devant ses enfants. Rappelez que les appareils actuels sont minuscules, et qu’ils se voient bien moins qu’une conversation à laquelle on ne participe plus.
Il a refusé, ou l’essai s’est mal passé : que faire ?
Un refus n’est presque jamais définitif, et un premier essai raté ne signifie pas que l’appareillage ne marche pas. Dans les deux cas, la suite passe par un rendez-vous, pas par une discussion de plus.
Le parcours tient en trois rendez-vous : le médecin traitant, l’ORL qui prescrit, puis l’AUDIOPROTHÉSISTE, le professionnel qui choisit, règle et suit l’appareil auditif.
Le parcours en trois rendez-vous
Tout commence chez le médecin traitant, qui écarte un bouchon et oriente. La prescription d’un premier équipement, elle, est réservée aux ORL, ou aux généralistes formés en otologie médicale.
Vient ensuite l’audioprothésiste, qui réalise les mesures et propose les appareils. Un bilan chez l’audioprothésiste est gratuit et sans engagement, ce qui en fait une porte d’entrée peu impliquante pour un proche réticent.
Sur le budget, quatre repères suffisent ici. Depuis le 100 % Santé, entré en vigueur en janvier 2021, un appareil de classe I est plafonné à 950 € par oreille. La base de remboursement est de 400 €, et le reste à charge descend à 0 €. Le devis doit obligatoirement comporter au moins deux appareils de classe I, et le renouvellement est pris en charge tous les 4 ans. Le « 4 000 € pour les deux oreilles » qui circule sur les forums ne décrit donc pas l’offre à reste à charge nul, détaillée dans nos articles sur le 100 % Santé audition et sur le prix appareil auditif.
Reprendre après un premier essai abandonné
Un appareil rangé dans un tiroir est une situation banale, et rattrapable. Le cerveau met plusieurs semaines à réapprendre des sons qu’il n’entendait plus, et cette période est désagréable.
Trois leviers concrets : reprendre les réglages chez l’audioprothésiste, demander un second avis chez un autre professionnel, ou reprendre le port par tranches courtes à la maison avant les lieux bruyants. Après l’appareillage, un retour revient très souvent dans les familles : ne plus avoir besoin d’être en face de quelqu’un pour suivre une conversation. Pour la suite du parcours, voyez notre appareil auditif : guide complet.
FAQ – Perte auditive
Quels sont les premiers signes d’une perte auditive chez une personne âgée ?
Les premiers signes d’une perte auditive sont la difficulté à comprendre dans le bruit, les demandes de répétition et la gêne sur les voix aiguës. Le volume de la télévision monte, le téléphone devient pénible. La conversation en tête-à-tête, elle, reste longtemps confortable.
Comment savoir si un proche perd l’audition sans lui poser la question ?
Observez plutôt que d’interroger. Parlez-lui depuis une autre pièce, faites sonner son téléphone, déclenchez le test du détecteur de fumée. Cochez ensuite la grille des dix signes sur trois mois. Trois cases cochées justifient de demander un bilan auditif au médecin traitant.
À quel âge commence la presbyacousie ?
La presbyacousie, la baisse d’audition liée à l’âge, débute généralement vers 50 ans et progresse très lentement. Elle devient perceptible par l’entourage bien plus tard. L’Assurance Maladie recommande un questionnaire de dépistage de la gêne auditive dès 60 ans, même en l’absence de plainte.
Pourquoi j’entends mais je ne comprends pas les mots ?
Parce que la perte auditive touche d’abord les sons aigus, qui portent les consonnes. Le volume de la voix passe encore, mais les détails qui distinguent les mots disparaissent. Le phénomène s’aggrave dans le bruit, quand le cerveau ne parvient plus à isoler une voix du fond sonore.
Les acouphènes sont-ils un signe de perte auditive ?
Souvent, oui. Un acouphène est un sifflement ou un bourdonnement perçu sans source extérieure, et il accompagne fréquemment une baisse de l’audition. Il justifie une consultation, surtout s’il apparaît d’un seul côté, brutalement, ou s’il s’accompagne de vertiges.
Une perte auditive peut-elle être soudaine ?
Oui, et c’est une urgence. Une audition qui chute en quelques heures ou quelques jours, généralement d’un seul côté, doit être vue par un ORL sous 48 à 72 heures. Passé ce délai, les chances de récupération diminuent nettement.
Quels sont les 4 degrés de surdité ?
Une surdité légère correspond à une perte de 21 à 40 dB, une surdité moyenne à 41 à 70 dB, une surdité sévère à 71 à 90 dB, une surdité profonde à plus de 90 dB. Ces bornes figurent sur l’audiogramme réalisé par l’ORL.
La perte auditive est-elle réversible ?
Cela dépend du mécanisme. Un bouchon de cérumen, une otite ou un problème de tympan relèvent d’une surdité de transmission, souvent réversible. La presbyacousie, elle, est une atteinte de l’oreille interne : elle ne se guérit pas, mais elle se compense très efficacement par un appareillage.
Comment convaincre un proche de faire tester son audition ?
Parlez de votre propre gêne à répéter, jamais de son oreille. Choisissez un moment calme, à deux. Proposez d’y aller ensemble, comme pour un contrôle de la vue, et acceptez un premier refus sans insister. Revenir quelques jours plus tard fonctionne mieux qu’insister sur le moment.
SOURCES11 références
- Assurance Maladie, Baisse de l'audition : les signes d'alerte et le dépistage — https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/perte-acuite-auditive/baisse-audition-signes-alerte
- Assurance Maladie, La presbyacousie : entendre moins bien quand on prend de l'âge — https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/perte-acuite-auditive/presbyacousie
- Assurance Maladie, Acouphènes : définition, causes et conséquences — https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/acouphenes/definition-causes-consequences-acouphenes
- Assurance Maladie, Prothèses auditives : prescription, prix limites et remboursement — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/soins-protheses-dentaires-optique-audition/protheses-auditives
- Pour les personnes âgées (CNSA), Surdité liée à l'âge : quels signes, quelles solutions ? — https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/preserver-son-autonomie-et-sa-sante/surdite-liee-a-l-age-quels-signes-quelles-solutions
- Pour les personnes âgées (CNSA), Bien s'équiper en appareils auditifs : guide des démarches — https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/amenager-son-logement-et-s-equiper/bien-s-equiper-en-appareils-auditifs-un-guide-pour-des-demarches-reussies
- Inserm, En France, un adulte sur quatre serait concerné par une forme de déficience auditive — https://presse.inserm.fr/en-france-un-adulte-sur-quatre-serait-concerne-par-une-forme-de-deficience-auditive/45458/
- Organisation mondiale de la santé, Surdité et déficience auditive (aide-mémoire) — https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/deafness-and-hearing-loss
- The Lancet, Dementia prevention, intervention, and care : 2024 report of the Lancet standing Commission — https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(24)01296-0/fulltext
- Fondation Pour l'Audition, La presbyacousie : comprendre, repérer et prévenir — https://www.fondationpourlaudition.org/la-presbyacousie-536
- Agevillage, Perte d'audition : lever les freins psychologiques sur l'appareillage — https://www.agevillage.com/actualites/perte-daudition-comment-lever-les-freins-psychologiques-sur-lappareillage



