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Vous ouvrez son frigo, et les barquettes de la semaine dernière sont encore là. Ses vêtements flottent. Et quand vous en parlez, il vous répond que à nos âges, on mange moins. Cette page vous donne les seuils qui disent si c’est grave, le geste à faire en premier, et qui peut aider aux repas.
Part des personnes âgées vivant à domicile qui sont dénutries.
4 à 10 %
C’est bien moins qu’en établissement (15 à 38 %), et c’est justement pour ça que personne ne le remarque à temps.
Pourquoi votre parent a besoin de manger autant, voire plus qu’avant ?
Les besoins en énergie ne baissent presque pas avec l’âge. Les besoins en protéines, eux, augmentent : 1 à 1,2 g par kilo et par jour après 70 ans, contre 0,8 g chez un adulte plus jeune. Manger moins en vieillissant n’est pas normal.
Manger moins en vieillissant n’est pas un effet de l’âge : c’est le premier signal à prendre au sérieux.
Vous avez peut-être entendu cette phrase à table : « à nos âges, on mange moins ». C’est la phrase qu’il faut refuser. Un corps de 85 ans ne dépense pas beaucoup moins qu’à 60 ans. Il utilise en revanche beaucoup moins bien ce qu’on lui donne.
Ce que le corps perd quand il manque de protéines
Quand les apports baissent, le corps puise dans le muscle. C’est la fonte musculaire, que les médecins appellent la sarcopénie.
SARCOPÉNIE, la fonte progressive des muscles, qui fragilise la marche et l’équilibre.
Les conséquences sont très concrètes. Votre parent se relève moins bien de son fauteuil. Il monte l’escalier en s’arrêtant. Il tombe. Une chute amène souvent une hospitalisation, et une hospitalisation fait perdre encore du muscle. C’est ce cercle que l’on cherche à casser tôt.
Pourquoi l’appétit baisse mécaniquement avec l’âge
Plusieurs choses se combinent après 75 ans. Le goût et l’odorat s’émoussent, donc les plats paraissent fades. La sensation de satiété arrive plus vite : il se sent rassasié après trois bouchées. La bouche est souvent sèche, et sans salive, rien ne passe.
Rien de tout cela n’est une fatalité. Un plat plus assaisonné, servi en plus petite quantité, change déjà beaucoup de choses.
Ce dont son corps a besoin chaque jour après 70 ans.
1,2 g/kg
Soit 72 g par jour pour une personne de 60 kg, contre 48 g chez un adulte plus jeune.
Que doit contenir son assiette chaque jour ?
Les repères quotidiens d’une bonne alimentation après 70 ans :
3 repas par jour plus 1 à 2 collations, jamais plus de 12 h sans manger, nuit comprise.
1 à 2 portions de viande, poisson ou œufs par jour.
3 à 4 produits laitiers par jour.
5 fruits et légumes par jour, crus, cuits ou en soupe.
Des féculents à chaque repas, pain compris.
1 à 1,5 L de boisson par jour, davantage par forte chaleur.
Une journée dans son assiette : les quatre repères à tenir
Les 12 heures de jeûne nocturne : le repère que personne ne donne
Faites le calcul chez votre parent. Il dîne à 18 h 30, il déjeune le lendemain à 9 h. Cela fait plus de 14 heures sans rien. Son corps a puisé dans ses réserves toute la nuit.
Le remède est simple : une collation du soir vers 21 h. Un yaourt, un verre de lait, une compote avec un biscuit. Ou un petit-déjeuner avancé, s’il se lève tôt.
Vitamine D et vitamine B12 : les deux carences fréquentes après 75 ans
Ces deux manques sont courants chez un parent qui sort peu et mange peu de viande. La vitamine D se fabrique avec le soleil sur la peau, et la peau âgée la fabrique mal.
Une règle simple : c’est le médecin qui prescrit, après une prise de sang si besoin. Pas la pharmacie du coin, pas un complément acheté en ligne.
Un mot sur les régimes. Limiter n’est pas interdire. Chez un parent fragile qui mange peu, le plaisir de manger passe avant tout le reste. Le beurre sur le pain et le petit verre de vin du dimanche ne sont pas le problème.
La quantité à boire dans la journée, eau, soupe et thé compris.
1,5 L/jour
Davantage dès qu’il fait chaud : la sensation de soif s’émousse avec l’âge.
Comment savoir si c’est de la dénutrition ? Les seuils exacts
On parle de dénutrition quand une perte de poids involontaire se combine à une cause : maladie, hospitalisation, isolement, appétit coupé. Les seuils : 5 % du poids perdu en 1 mois, ou 10 % en 6 mois, ou un IMC inférieur à 22 après 70 ans.
DÉNUTRITION, quand le corps reçoit moins que ce dont il a besoin et s’abîme.
Il faut toujours deux choses pour poser ce diagnostic : un signe sur le corps, et une cause qui l’explique. Un parent mince depuis toujours, qui mange bien et ne perd rien, n’est pas dénutri.
Les seuils à partir desquels on parle de dénutrition
| Ce que vous observez | Seuil d’alerte | Gravité | Qui appeler |
|---|---|---|---|
| Il a maigri sans le vouloir, et ça s’est vu vite | 5 % du poids en 1 mois (3 kg pour 60 kg) | Dénutrition | Son médecin traitant, dans la quinzaine |
| Il a maigri doucement depuis l’hiver dernier | 10 % du poids en 6 mois (6 kg pour 60 kg) | Dénutrition | Son médecin traitant, dans la quinzaine |
| Il est très mince, ses vêtements flottent | Un IMC inférieur à 22 après 70 ans | Dénutrition | Son médecin traitant, dans la quinzaine |
| La perte est visible de semaine en semaine | 10 % du poids en 1 mois, ou un IMC inférieur à 20 | Dénutrition sévère | Son médecin traitant, dans la semaine |
| Une prise de sang a déjà été faite | Une albumine inférieure à 30 g/L | Dénutrition sévère | Son médecin traitant, dans la semaine |
Retenez ce point, car beaucoup de pages se trompent encore : selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, le seuil d’IMC a été relevé de 21 à 22 pour les 70 ans et plus. Un parent à 21,5 est concerné.
IMC, le rapport entre le poids et la taille, qui situe la corpulence.
Les 6 signaux que vous voyez avant la balance
Votre œil voit avant le chiffre. Ces six observations valent un rendez-vous.
Ses vêtements flottent
Le pantalon tient mal, la bague tourne au doigt : le corps a changé avant la balance.
Le frigo est encore plein
Les barquettes de la semaine dernière sont toujours là, intactes.
Il ne fait plus les courses
Plus de fruits frais, plus de viande : seulement des conserves et du pain.
Il grignote au lieu de manger
Un biscuit, un bout de fromage, et le repas passe à la trappe.
Il saute le dîner
« Je n’ai pas faim le soir » : la nuit sans manger s’allonge dangereusement.
Il est fatigué autrement
Il se lève moins, s’essouffle dans l’escalier, reste assis toute la journée.
Quand c’est sévère et qu’il faut appeler dans la semaine
Trois situations ne peuvent pas attendre le prochain rendez-vous : une perte de 10 % du poids en un seul mois, un IMC inférieur à 20, ou une albumine basse sur une prise de sang récente.
ALBUMINE, une protéine du sang que le médecin fait doser pour mesurer la gravité.
Dans ces cas, appelez son médecin dans la semaine. Vous n’êtes pas en train d’exagérer. Agir tôt change vraiment ce qui se passe ensuite.
Comment surveiller son poids sans en faire une obsession ?
Le protocole de pesée, en 5 étapes :
- Une fois par semaine, le même jour, le dimanche matin par exemple.
- Toujours à la même heure, avant le petit-déjeuner, après être passé aux toilettes.
- Toujours la même balance, posée sur du carrelage et non sur un tapis.
- En vêtements légers, sans chaussures.
- Noter le chiffre et la date dans un carnet posé sur la balance.
Une pesée par semaine suffit, et c’est la pente de la courbe qui compte, pas le chiffre d’un jour.

Le carnet posé à côté de la balance : c’est ce geste de deux secondes qui transforme une impression en information utile au médecin.
Vous craignez peut-être de le transformer en patient. Présentez la chose autrement : « c’est pour le docteur, il me l’a demandé ». La plupart des parents acceptent très bien ce rituel court.
Le carnet de poids à imprimer : 12 semaines sur une page
À partir de quel écart vous appelez le médecin
Oubliez les pourcentages, raisonnez en kilos. Une perte de 2 à 3 kg sans régime et sans raison connue justifie une consultation.
Traduisons le seuil officiel. Pour une personne de 60 kg, 5 % font 3 kg. Pour une personne de 50 kg, 2,5 kg suffisent à franchir la ligne.
Exemple-type.
Mme L., 86 ans, vit seule en pavillon, 1 310 € de retraite par mois, GIR (Groupe Iso-Ressources) 4.
Pesée tous les dimanches : 58 kg, puis 56,8 kg, puis 54,8 kg en six semaines.
Soit 3,2 kg, au-delà du seuil.
Sa fille appelle le médecin avec la courbe en main.
Le rendez-vous est obtenu en quatre jours.
Le questionnaire PARAD : 4 questions pour faire le point
PARAD, un questionnaire gratuit pour faire vous-même le point sur son alimentation.
Il a été conçu dans le cadre du Collectif de lutte contre la dénutrition et il est relayé par le site public pour-les-personnes-agees.gouv.fr. Quatre questions : son poids, son alimentation, ses repas, son appétit. Le résultat vous dit si une alerte existe.
Ce questionnaire ne pose aucun diagnostic. Il sert à savoir s’il faut consulter, et à arriver chez le médecin avec des éléments précis plutôt qu’une inquiétude vague.
La perte de poids involontaire qui justifie un appel au médecin.
2-3 kg
Sans régime, sans raison connue : ce sont les kilos qui comptent, pas les pourcentages.
Pourquoi il ne mange plus : les 6 causes qu’on oublie
Avant de changer ses menus, cherchez ce qui l’empêche de manger : une prothèse dentaire qui blesse, une bouche sèche, des médicaments qui coupent l’appétit, une constipation, la solitude, des troubles de la mémoire. Cinq de ces six causes se corrigent.
La perte d’appétit d’une personne âgée a presque toujours une cause mécanique qu’on peut traiter.
Sa bouche lui fait mal
Une prothèse mal ajustée, une dent cassée : mâcher devient une épreuve.
À appeler : le dentiste
Il a la bouche sèche
C’est un effet fréquent de beaucoup de médicaments : sans salive, rien ne passe.
À appeler : le pharmacien
Ses médicaments lui coupent l’appétit
Certains traitements modifient le goût ou donnent la nausée. Cela se réajuste.
À demander : une revue d’ordonnance
Il est constipé
Un ventre bloqué coupe la faim entièrement. C’est banal et ça se traite vite.
À appeler : son médecin traitant
Il mange seul
C’est la cause la plus sous-estimée : manger seul, tous les jours, coupe l’envie.
À contacter : le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de sa commune
Il oublie de manger
Ou il oublie qu’il a mangé. La mémoire, aussi, se voit dans l’assiette.
À demander : une consultation mémoire
Les médicaments qui coupent l’appétit : demander une revue d’ordonnance
Votre parent prend peut-être huit ou dix comprimés par jour, prescrits par trois praticiens différents. Certains assèchent la bouche, d’autres donnent la nausée ou modifient le goût du sel.
Vous avez le droit de demander un réexamen complet de l’ordonnance. La formule qui fonctionne : « il a perdu 3 kg, est-ce qu’un de ses traitements peut jouer là-dessus ? ». Le pharmacien peut préparer ce point avec vous avant la consultation.
Manger seul : le facteur le plus sous-estimé
Un parent qui a cuisiné pour cinq pendant quarante ans ne cuisine plus pour lui seul. Préparer un plat, mettre la table et débarrasser pour une personne n’a plus de sens à ses yeux.
Et parfois, c’est votre proche lui-même qui le dit : il n’arrive plus à manger, parce qu’il se retrouve tout seul devant son assiette.
Trois pistes existent dans presque toutes les communes : le foyer-restaurant où l’on déjeune ensemble, les visites de convivialité d’associations, et les repas partagés une fois par semaine. Le CCAS de sa commune vous dira ce qui existe près de chez lui.
Que faire concrètement quand il mange peu ?
Deux leviers simples. Des petites quantités plus souvent, 4 à 6 prises par jour au lieu de 3. Et des plats enrichis : une cuillère de lait en poudre dans la purée, du fromage râpé dans la soupe, un œuf dans les pâtes. Même volume dans l’assiette, deux fois plus d’apports.
Fractionner : la journée type en 6 prises
Le principe : ne jamais mettre beaucoup dans son assiette, mais revenir plus souvent.
Une journée possible : petit-déjeuner complet avec un laitage, une collation vers 10 h 30, un déjeuner léger mais enrichi, un goûter à 16 h, un dîner simple, puis une collation du soir. Six occasions de manger, aucune assiette intimidante.
Enrichir sans que ça se voie
C’est la technique la plus efficace et la moins visible. On augmente ce que le plat apporte sans changer son aspect.
Enrichir ses plats sans changer son assiette
| Ce qu’on ajoute | Dans quoi | Ce que ça apporte en plus |
|---|---|---|
| 2 cuillères de lait en poudre | Purée, soupe, laitage, béchamel | Des protéines et du calcium, sans que le goût change |
| Du gruyère râpé | Soupe, purée, pâtes, gratin | Des protéines, du calcium, un peu de sel qui réveille le goût |
| De la crème ou du beurre | Potage, légumes, purée | De l’énergie dans un très petit volume |
| Un œuf | Pâtes, purée, soupe, gratin | Des protéines complètes et une texture plus onctueuse |
| Du jambon ou du poulet émincé | Soupe, omelette, gratin de légumes | Des protéines sans rendre l’assiette plus lourde |
| De la poudre de protéines | Laitage, compote, potage | Un renfort quand enrichir les plats ne suffit plus, à voir avec son médecin |
Si cela ne suffit pas, le médecin peut prescrire des crèmes ou boissons très nourrissantes, à prendre entre les repas et jamais à la place. Elles s’achètent en pharmacie, sur ordonnance.
Exemple-type. M. R., 83 ans, veuf, mange seul depuis un an et pèse 61 kg pour 1,74 m. Sa fille enrichit la purée et la soupe du soir, et ajoute une collation à 21 h. En huit semaines, il a repris 1,4 kg sans manger de plus grandes assiettes.
Faut-il garder son régime sans sel ou diabétique ?
Posez franchement la question au médecin. Un régime sans sel hérité d’il y a quinze ans n’a souvent plus de sens chez un parent qui ne mange presque plus.
Un plat fade qu’on ne mange pas ne protège rien. La règle chez une personne âgée fragile : le risque de dénutrition passe devant le confort du régime. C’est le médecin qui allège la consigne, pas vous.
Quand ça passe mal : textures adaptées et fausses routes
S’il tousse pendant les repas ou avale de travers, quelques gestes réduisent le risque. Position assise bien droite, dos calé, télévision éteinte, pas de conversation la bouche pleine. Et des textures homogènes : un mixé vraiment lisse, sans morceau caché dans la sauce.
Le manger-main est une alternative à connaître : des aliments tenus avec les doigts, bouchées de pain garni, bâtonnets de légumes cuits. Quand la cuillère devient un combat, c’est souvent la solution qui rend le repas digne.
Des prestataires livrent des plats mixés prêts à réchauffer. Les formules et les textures sont détaillées dans notre prix du portage de repas.
A-t-on le droit de ne pas le forcer ?
Non, vous n’avez pas à forcer votre parent à manger. Insister de force n’améliore pas son état et abîme la relation. Ce qu’on peut faire : proposer souvent, en petites quantités, ce qu’il aime, dans le calme, et faire évaluer la situation par son médecin plutôt que de porter seul cette décision.
Deux peurs vivent en même temps chez vous. Si je force, est-ce que je lui fais violence ? Si je ne force pas, est-ce que je le laisse se laisser aller ? Les deux sont légitimes, et aucune des deux ne fait de vous un mauvais enfant.
Beaucoup d’aidants vivent ce bras de fer quotidien à table, et en sortent épuisés. Il est normal de ressentir de la colère, de la fatigue et de la culpabilité. Ce ne sont pas des défauts d’amour, ce sont les signes que vous portez quelque chose de lourd, souvent seul.
Ce qui aide vraiment
- Proposer souvent, en toutes petites quantités
- Servir d’abord ce qu’il aime, même si ce n’est pas « équilibré »
- S’asseoir et manger avec lui, sans télévision
- Enrichir les plats plutôt qu’en remettre dans l’assiette
- Laisser du temps, sans commenter ce qui reste
- Faire évaluer la situation par son médecin
Ce qui n’aide pas
- Insister jusqu’à ce qu’il cède
- Remplir l’assiette pour « lui donner des forces »
- Faire du repas un sujet de dispute quotidien
- Compter devant lui ce qu’il a laissé
- Porter seul la décision de ce qu’il faut faire
Perte d’appétit passagère ou début de glissement ?
Une baisse d’appétit après une grippe ou un déménagement se rattrape en quelques semaines. Ce qui doit alerter, c’est autre chose : un parent qui se détourne de tout, et pas seulement de la nourriture.
Les médecins parlent alors de syndrome de glissement. Les signaux : refus global, repli dans la chambre, désintérêt pour ce qu’il aimait, souvent après une chute ou une hospitalisation.
Dans ce cas, appelez son médecin traitant sans attendre. Ce n’est pas un caprice et ce n’est pas votre faute.
Quand l’alimentation devient une question de fin de vie
À un stade très avancé, le confort passe devant les apports. Manger moins fait alors partie de ce qui se passe.
Cette décision ne se prend jamais seul : elle s’élabore avec le médecin et l’équipe qui suit votre proche.
Qui peut aider aux repas, et combien ça coûte vraiment ?
Quatre solutions existent : continuer les courses et la cuisine en famille, le portage de repas par le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), le portage par un prestataire privé, ou une aide à domicile qui cuisine sur place. Le prix au repas va du moins cher au plus cher dans cet ordre, et une partie peut être prise en charge.
PORTAGE DE REPAS, des repas préparés, livrés à domicile, à réchauffer ou prêts à manger.
Ne pas pouvoir financer des repas livrés sept jours sur sept n’est pas un échec. Les solutions se combinent : trois portages par semaine et quatre plats congelés par vous tiennent très bien.
Les 4 scénarios comparés
Quatre façons d’organiser ses repas, et ce que ça coûte
| Solution | Ce que ça couvre | Coût indicatif par repas | Pour qui c’est adapté |
|---|---|---|---|
| Les courses et la cuisine en famille | Vous achetez, vous cuisinez, vous congelez en portions | 4 à 6 € d’ingrédients | Un proche disponible plusieurs fois par semaine |
| Le portage de repas par le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) | Des repas livrés à domicile, à réchauffer | 6 à 9 € | Un parent qui sait encore réchauffer, revenus modestes |
| Le portage par un prestataire privé | Plus de choix de menus, textures adaptées, livraison souple | 9 à 12 € | Un besoin de plats mixés ou de souplesse de livraison |
| Une aide à domicile qui cuisine sur place | Les courses, la préparation, une présence au moment du repas | Le plus élevé : facturé à l’heure, pas au repas | Un parent qui ne mange pas quand il est seul |
Pour comparer les offres service par service, voyez notre comparatif des sociétés de portage de repas et le panorama des 5 solutions de repas à domicile.
Qui peut en payer une partie
Le plan d’aide établi par le département peut inclure un nombre de repas livrés par mois. Le CCAS et certaines caisses de retraite accordent aussi une participation selon les ressources. Enfin, une partie de la facture peut ouvrir droit à un avantage fiscal, détaillé dans notre page dédiée aux aides financières du portage de repas.
Pour estimer vos droits, utilisez le simulateur APA à domicile après une évaluation du GIR.
Exemple-type.
Mme B., 88 ans, GIR (Groupe Iso-Ressources) 3, 1 180 € de retraite par mois.
Cinq repas livrés par semaine à 8,20 €, soit environ 178 € par mois.
Avec la participation inscrite à son plan d’aide, son reste à charge mensuel tombe autour de 95 €.
Les deux autres jours, sa fille cuisine et congèle.
Comment organiser ses repas quand vous habitez loin ?
Trois gestes suffisent à tenir à distance : cuisiner en série le week-end et congeler en portions individuelles étiquetées en gros caractères, faire passer quelqu’un au moment du repas plutôt qu’à n’importe quelle heure, et appeler pendant qu’il mange plutôt qu’après.

Deux heures de cuisine le dimanche remplissent le congélateur pour dix jours : c’est le geste qui tient le mieux à distance.
Cuisiner en série et congeler
Préparez de grandes quantités d’un ou deux plats, puis répartissez en portions individuelles. Une barquette = un repas, jamais un grand plat familial qu’il n’ouvrira pas.
Étiquetez en gros caractères au marqueur : le nom du plat et la date. Rangez les plus anciens devant. Les plats en sauce, les soupes et les gratins se congèlent très bien. Les crudités, les pommes de terre en morceaux et les œufs durs, non.
Réchauffer en sécurité quand il y a des troubles de la mémoire
Privilégiez le micro-ondes au gaz, et des barquettes qui passent directement du congélateur à l’appareil. Collez un repère visuel sur la porte : « 4 minutes, puis remuer ».
Exemple-type. M. G., 90 ans, vit à 400 km de son fils. Trois portages du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) en semaine, quatre barquettes maison congelées, et une auxiliaire de vie qui passe à 12 h pour réchauffer et déjeuner avec lui. Son fils appelle à 12 h 15. En trois mois, son poids est remonté de 1,8 kg.
FAQ – Alimentation personne âgée à domicile
Quelle alimentation pour une personne âgée à domicile ?
Une alimentation riche en protéines et fractionnée. Trois repas, une à deux collations, une à deux portions de viande, poisson ou œufs, trois à quatre produits laitiers, cinq fruits et légumes, des féculents à chaque repas et 1 à 1,5 L de boisson par jour.
Combien de protéines par jour dans l’alimentation d’une personne âgée ?
Après 70 ans, il faut 1 à 1,2 g de protéines par kilo de poids et par jour, contre 0,8 g chez un adulte plus jeune. Pour une personne de 60 kg, cela représente 60 à 72 g par jour, soit l’équivalent de deux portions de viande et trois laitages.
Comment enrichir l’alimentation d’un parent âgé sans qu’il le voie ?
Ajoutez des aliments riches dans ce qu’il mange déjà : deux cuillères de lait en poudre dans la purée, du gruyère râpé dans la soupe, un œuf dans les pâtes, de la crème dans le potage. Le volume de l’assiette ne change pas, les apports doublent.
Quels aliments éviter dans l’alimentation d’une personne âgée ?
Chez un parent fragile qui mange peu, presque rien n’est à éviter. On limite le très salé, le très sucré et l’alcool, sans interdire. Priver un senior de ce qu’il aime fait perdre plus d’apports que le sel n’en abîme. Le plaisir de manger passe d’abord.
Que faire quand une personne âgée refuse de manger à domicile ?
Ne le forcez pas. Proposez souvent, en toutes petites quantités, ce qu’il préfère, dans le calme et sans télévision. Cherchez une cause corrigible : bouche douloureuse, médicaments, constipation, solitude. Puis faites évaluer la situation par son médecin traitant sans attendre.
Quand s’inquiéter d’une perte de poids chez une personne âgée ?
Dès 2 à 3 kg perdus sans régime ni raison connue. Les seuils retenus sont 5 % du poids en un mois, 10 % en six mois. Au-delà de 10 % en un mois, la situation est sévère et justifie un appel au médecin dans la semaine.
Qui peut aider une personne âgée à préparer ses repas à domicile ?
Quatre solutions : la famille qui cuisine et congèle, le portage de repas du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale), un prestataire privé de livraison, ou une aide à domicile qui cuisine sur place. Le CCAS de sa commune est le premier interlocuteur, car il connaît l’offre locale et les aides possibles.
Faut-il garder un régime sans sel quand un parent âgé ne mange plus ?
Posez la question à son médecin, car c’est lui qui allège la consigne. Chez une personne âgée qui perd du poids, le risque de dénutrition passe devant le bénéfice du régime. Un plat fade qu’elle laisse dans l’assiette ne protège rien.
Quel IMC est normal après 70 ans ?
Après 70 ans, on considère qu’un IMC inférieur à 22 kg/m² signale une dénutrition, et inférieur à 20 une dénutrition sévère. Ce seuil a été relevé de 21 à 22. Un IMC entre 23 et 27 est habituellement considéré comme satisfaisant à cet âge.
SOURCES12 références
- Haute Autorité de Santé — Diagnostic de la dénutrition chez la personne de 70 ans et plus, recommandations (2021) — https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11/reco368_recommandations_denutrition_pa_cd_20211110_v1.pdf
- Haute Autorité de Santé — Diagnostiquer plus précocement la dénutrition après 70 ans — https://www.has-sante.fr/jcms/p_3297932/fr/diagnostiquer-plus-precocement-la-denutrition-chez-la-personne-agee-de-70-ans-et-plus
- Haute Autorité de Santé — Argumentaire scientifique, dénutrition de la personne âgée (2021) — https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-11/argumentaire_denutrition_pa_10_nov_2021_v2.pdf
- Haut Conseil de la santé publique — Révision des repères alimentaires pour les personnes âgées (2021) — https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=hcspa20210518_rvisidesreprealimepourlespersoge.pdf
- Pour les personnes âgées (service public de l'autonomie) — Dénutrition : la repérer et la prévenir — https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/preserver-son-autonomie-et-sa-sante/denutrition-des-personnes-agees-la-reperer-et-la-prevenir
- Pour les personnes âgées — Comment veiller à une bonne alimentation, questionnaire PARAD — https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/preserver-son-autonomie/preserver-son-autonomie-et-sa-sante/denutrition-comment-veiller-a-une-bonne-alimentation
- Ministère de la Santé — Guide nutrition à partir de 55 ans, repères du PNNS — https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_55ans.pdf
- Manger Bouger (Santé publique France) — Repères seniors, hydratation — https://www.mangerbouger.fr/tag/Seniors
- CHU Grenoble Alpes — Guide RENESSENS, enrichissement et fractionnement des repas — https://www.chu-grenoble.fr/sites/default/files/content/service/documents/2023-11/GUIDE_RENESSENS.pdf
- Hôpitaux universitaires de Genève — Troubles de la déglutition, prévention des fausses routes — https://www.hug.ch/departement-readaptation-geriatrie/troubles-deglutition
- CHU de Caen — Alimentation mixée à domicile, principes de préparation — https://www.chu-caen.fr/wp-content/uploads/2022/12/alimentation-mixee-UTNC25-bd2.pdf
- Légifrance — Code de l'action sociale et des familles, plan d'aide et allocation personnalisée d'autonomie — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031727651



